COMPOSTER

PRODUISEZ VOTRE PROPRE TERREAU

LE COMPOSTAGE

Vos frais annuel de terreau vous rendent le jardinage désagréable, pas de panique, Autonomie Jardin vous donne toutes les clés pour bien composter, et diminuer, voire faire disparaître vos frais de terreau.

1- Une façon simple de valoriser vos déchets organiques.

Nous produisons quotidiennement de grandes quantités de déchets dit organiques, trognons, marc de café, épluchures, déchets de jardin, mais aussi ongles et cheveux, coquilles d’œufs, la liste est longue et non exhaustive. Composter ces détritus allège votre poubelle non seulement en vous faisant gagner de l’argent (moins de sacs poubelle payés, moins de poids et d’odeur dans notre poubelle de cuisine), mais en diminuant également les charges pour la communauté (ramassage des ordures). Le compost obtenu sera facilement valorisé sur le jardin, dans les bacs de fleurs ou pour les plantes d’appartement, diminuant ainsi les achats d’engrais et de terreau. Pourquoi s’en priver ?

Un compost est en effet facile à mettre en place et ne coûte que peu d’argent si vous le concevez par vos soins. Peur des odeurs ? Un compost bien entretenu, dans lequel on ne jette pas n’importe quoi et placé à l’ombre n’en produit que très peu. Des moustiques ? Le compost ne les attire pas, il peut y avoir quelques mouches, et moucherons au dessus pendant l’été, rien de méchant, là encore il suffit de l’installer à distance raisonnable de vos portes et fenêtres. Cela vous semble compliqué ? Ça tombe bien, j’ai des explications simples.

2- Posez les bases d’un bon compost.

Il existe de multiples méthodes de procéder, cependant quelle que soit la technique utilisée, le principe est toujours le même, il faudra vous assurer que les micro-organismes aient les conditions optimales pour se multiplier et pour décomposer les matières organiques.

Mais pour qu’un compost évolue bien, il faut tenir compte des 4 paramètres suivants :

1) L’aération    2) L’humidité    3) Le rapport Carbone/Azote    4) Une bonne gestion

Pour commencer mettez en place votre bac composteur, le plus simple est la méthode du silo, si vous avez un terrain très grand vous pouvez simplement opté pour le tas de compost.

3- L’installation

Le ou les bacs seront placés de préférence à mi-ombre ou à l’ombre. En plein soleil, il(s) risquerait(ent) de se dessécher trop vite. Disposer votre bac à un endroit facile d’accès et à un endroit qui vous permet de facilement le retourner. L’aspect esthétique pourrait également déranger le voisinage. Faites attention à ce point quand vous le construisez ou placez-le à l’abri du regard.

Travaillez les 10-20 premiers cm du sol qui accueillera votre bac, cela facilitera l’invasion du tas pas les organismes composteurs.

Si vous êtes bricoleur, réalisez vous même votre silo, il suffit de quelques planches, des vis, et une heure ou deux devant soi. Je vous donne ici les dimensions, et les précisions pour vous aider à concevoir quelque chose de solide et pratique.

Un silo a un volume de 1m³environ. Cette capacité est généralement suffisante si vous avez un jardin d’une superficie de jusqu’à 10 ares. Pour faciliter le travail, vous pouvez construire 1, 2 ou 3 bacs si nécessaire. La technique du compostage en silo est semblable à celle du tas mais plus adaptée à la quantité de matière à traiter. Elle est en outre un peu plus simple et un peu plus propre. Veillez à faire attention aux points suivants lors de la construction de votre bac ;

L’accès à l’intérieur du bac par la face avant doit être aisé. Le retournement du compost ou son transfert doivent être faciles.

La ventilation doit être bonne. Idéalement sur tous les côtés. Mais, les fentes ne doivent pas être trop grandes (1-2 cm entre les planches) surtout s’il est installé en plein vent.

S’il est muni d’un fond, il doit être suffisamment percé. Il doit être muni d’un couvercle amovible ou à charnière.

Il est assez simple de fabriquer des bacs en bois. Vous pouvez même simplement récupérer des palettes et les assembler avec du fil de fer. Le tout étant de respecter les points suivants:

  • Gardez un espace de 1-2 cm entre les planches composant les côtés pour la ventilation;
  • faites une « porte » à la face avant du bac ou garder cette palette amovible;
  • pour la longévité, enduisez le bois de carbonyléum végétal ou d’huile de lin.
1-Pas de fond, mettez un treillis sur le sol légèrement bêcher
2-Espaces entre les planches entre 1 et 2 cm
3-Face avant amovible pour faciliter les retournements
4-Piquets enfoncés dans le sol pour la stabilité
5-Couvercle amovible (avec ou sans charnière)

Si vous fabriquez les bacs avec des palettes de récupération, placez la face supérieure de celles-ci du côté intérieur du bac, cela vous facilitera les retournements.

4- Silo en béton

Demandant plus de travail , le silo en béton a l’avantage de la longévité.

Il n’est pas indispensable de faire une chape en béton, elle empêche l’aération par le fond et rend plus difficile l’arrivée d’organismes comme les vers de terre.

Faites attention à l’aération, construisez votre bac en ménageant des espaces verticaux libres de mortier (de 2-3cm) entre les blocs.

Placez ici aussi de préférence un treillis sur le fond.

5- Silo grillagé

Ce type de silo est facile d’emploi et assez esthétique. Vous pouvez vous en inspirer pour en fabriquez un.

Prenez un treillis quadrillé de 1 m de haut avec un maillage de 10-13 mm (ou plus grand mais alors en fils plus épais). Coupez-le à la bonne longueur, calculée selon le volume désiré .

Longueur du  treillis selon le volume désiré
Volume
(Litre)
Diamètre
(Cm)
Longueur Treillis
(Cm)
200 50 159
300 62 194
400 71 224
500 80 251

6- L’aération

Comme dans toutes les méthodes de compostage, il est important que l’aération du compost soit optimale.

L’aération devra se faire par les côtés du silo mais aussi par le fond. Placez donc une couche de branchage ou de broyat sur le fond avant de commencer à mettre vos matières organiques.

Dans le cas d’un silo en treillis, les trous dans le plastique permettent à l’air de passer par les côtés.

Le couvercle évitera l’évapotranspiration lors de la montée en température du tas et lorsque le temps est trop sec.

Comme toujours, le retournement est très important, surtout pour les gros volumes. Il permet de ré-aérer le tas. Les matières organiques vont en effet se tasser.
Retourner le tas dans le deuxième bac avec la technique de la « fourche légère ». Le premier retournement se fera après 1 mois. Les suivants peuvent être espacés (le deuxième à 3 mois, le troisième à 6 mois) ou se faire seulement sur les parties plus fraîches mais attention à l’anaérobie. Si vous avez le temps, retourner le tas une fois par mois.

7- L’humidité

La gestion de l’humidité dans un silo est un peu délicate. Elle dépend beaucoup des conditions atmosphériques. Avec l’expérience, vous trouverez les bonnes quantités d’eau à apporter. Si vous montez votre tas en une fois, videz un arrosoir environ tous les 15-20cm. Si vous montez votre tas au fur et à mesure, vérifiez et rectifiez l’humidité toutes les 2 semaines environ.

Le tas est généralement plus sec sur les bords. Ceci est dû à la ventilation. Un retournement avec un petit coup d’arrosoir arrangera cela.

Le retournement est le moment idéal pour rectifier l’humidification du compost.

8- Le rapport Carbone/Azote

Très important !

Il ne suffit pas de mettre nos déchets ménagers ou de jardin dans le silo pour que cela fonctionne. Un bon rapport Carbone/Azote de 20 pour 30 doit être respecté. Or, les déchets organiques ménagers, les tontes de pelouse ou les légumes à feuilles (salade, épinard,…) ont une tendance à être riches en azote. Il est donc important d’avoir une réserve de matière riche en carbone (feuilles mortes, broyat,…) à côté de votre silo (ou prévoyez un silo rien que pour ces matières). Quand vous mettez des déchets à tendance azotée dans le bac, incorporez la même quantité de matière carbonée afin de conserver un bon équilibre carbone-azote.

9- Le silo est plein !

Il ne vous reste plus qu’à le vider…

Si votre silo est plein en 3 semaines, construisez donc un second conteneur ou optez pour le compostage en tas.

Le compost de votre bac sera utilisable 6 ou 9 mois après sa mise en service (ou plus en région froide). Il faut maintenant récupérer le compost mûr.

10- Comment reconnaître un compost mûr ?

Il y a 3 caractéristiques qui ne trompent pas :

La couleur

Un compost mûr à une couleur brune ou noire selon les matières organiques utilisées pour sa fabrication. Un compost brun clair ou verdâtre devra être laissé encore quelques temps tranquille avant d’être utilisé.

L’odeur

Un compost mûr doit sentir l' »humus forestier », l’odeur des sous-bois lorsque vous vous promenez en forêt. Si vous reconnaissez une odeur de chou, de pomme de terre ou d’oignon, attendez encore avant de le récolter.

L’apparence

Si vous reconnaissez encore des bouts feuilles ou qu’il reste des morceaux d’épluchures de pomme de terre, de chou,… dans votre compost, c’est que tout n’a pas été dégradé.

Si votre système ne possède qu’un ou deux bacs, la technique la plus simple est la suivante :
Placez idéalement une bâche au sol à coté du silo. Retirer la partie du dessus (non compostée) et mettez-la de côté. Dans la partie inférieure, récupérez le compost mi-mûr ou mûr et mettez-le à sécher.Retirer enfin les brindilles du fond (s’il en reste…). Lavez éventuellement le bac. Replacer les brindilles (complétez éventuellement), ensuite le compost non fini, terminez par un peu de matières carbonées. Le tour est joué !

Si vous possédez 3 bacs ou plus, transvaser le compost d’un bac à l’autre. Retournez-le « à la fourche légère » afin de casser les mottes, cela apportera de l’aération dans le compost. Dans le troisième silo, le compost obtenu sera homogène à la fin de sa maturation.

N’oubliez pas de toujours couvrir vos silos ! Cela permet de garder température et humidité dans votre compost, le processus de compostage se fera dans de meilleures conditions. De plus, une couverture empêche le compost d’être lessivé par la pluie. Vous pouvez fabriquer des couvercles amovibles sur les bacs, il est plus intéressant d’avoir « la couverture » directement sur la matière. Un géotextile, un plastique perforé ou un grand carton troué suffisent.

Le compost obtenu est généralement fort humide, mettez-le donc à sécher en le couvrant d’une bâche. Si vous avez l’occasion, en journée retirez la bâche pour activer l’évaporation et retournez-le de temps en temps. Une fois l’excédent d’eau éliminé, tamisez le compost; les gros morceaux seront remis au compostage pour redémarrer un nouveau silo.

Le compost peut être gardé plusieurs années, mais il perd évidement ses propriétés au cours du temps, les micro-organismes quittant cet élément favorable dans lequel la nourriture va se raréfier. Nous conseillons de l’utiliser au plus vite, dans l’année après le dernier retournement.

En guise de conclusion, le bac à compost est un dispositif tout à fait adaptable aux terrasses et balcons. Il suffit d’avoir un petit espace ombragé qui puisse accueillir un fût à compost. Celui ci peut tout à fait être bricolé en s’inspirant des modèles basiques vendues en jardinerie.

B. MASON

Publié par aj83250

Jardinier autonome, coach, et formateur en éco-jardinage, et en permaculture.

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