Image: Pixabay.com

Jadis conditionné, et formé aux méthodes conventionnelles de jardinage classique parsemées de mythes horticoles sortis tout droit des fables, j’ai longtemps été convaincu, à tort, que du bon matériel faisait d’efficaces jardiniers. Mais quelle erreur !

L’outillage au jardin coûte cher, peu adapté, et surtout souvent conçu pour réaliser des tâches conventionnelles qui n’ont pas vraiment de sens…. Des doutes ?

Autonomie Jardin vous explique pourquoi, et comment réduire drastiquement votre outillage au stricte minimum nécessaire, et vous dresse en toute transparence la liste de son « arsenal » de jardinage personnel.

1 – Beaucoup d’artifice, et peu de bon sens

Pas question dans cet article de vous faire croire faussement que vous pouvez faire un beau jardin à main nu de A à Z, ou que vous devriez pratiquer la taille avec vos dents. Un minimum d’outillage léger est bien évidemment justifié, et souhaitable pour pouvoir bien faire sans se tuer, ou s’esquinter la santé à la tâche. En revanche, je peut certifier, avec des arguments solides, et concrets que les 3/4 de l’outillage traditionnel qui dort souvent 8 mois de l’année dans une remise à outils, n’a absolument rien à faire dans un jardin, si ce n’est que prendre de la place, consommer de l’essence, meurtrir la terre, et plomber le budget au passage. Les outils sont en outre de nos jours souvent de piètre qualité, et sont du coup fréquemment remplacés, et leur fabrication à grande échelle n’est pas sans répercutions sur l’environnement. Autre point problématique soulevé par certains outils, est leur côté accoutumant. En effet nous prenons vite l’habitude de la bêche, de la binette, du motoculteur, ou de la populaire tondeuse à gazon, sans se demander un instant si l’on ne pourrait pas finalement très bien s’en passer. D’autres outils mettent quand à eux une mécanique de cercle vicieux, car ils entretiennent le problème qu’ils sont pourtant sensé résoudre, et qu’ils résolvent effectivement dans l’immédiat tout en le prolongeant, et en l’aggravant même sur le plus long terme. En clair, beaucoup d’artifices, et d’objets complètement accessoires pour pas grand-chose, et en dépit du bon sens.

Soyons réalistes, la publicité, les mythes, clichés, et autres considérations de « confort », ou de gain de temps nous aveuglent bien souvent sur leur utilité effective. Des exemples concrets ? J’y viens !

L’encombrement d’un outillage aux 3/4 inutile.
Photo: Pixabay.com

2 – Techniquement à quels outils pouvons nous renoncer ?

En premier lieu mon ennemie jurée, la bêche! Pour rien au monde je ne remanipulerais un tel objet de torture. Je ne me rappelle pas le nombre d’heures que j’ai pu passer à trimer, et me flinguer le dos et les reins avec cet outil qui en plus de maintenir le problème à résoudre sur le long terme, a le mauvais goût d’exterminer une grosse partie de la vie du sol, le privant ainsi d’une biodiversité qui lui est propre et qui s’avère être essentiel à sa fertilité. Je lui préfère la fourche avec laquelle nous pouvons très bien décompacté un sol avant de le remettre en culture, sans avoir à retourner la terre comme un bagnard. Mieux, et dans le même esprit la salutaire grelinette qui permet le même travail de décompactage, avec encore moins d’effort à fournir, et avec laquelle on avance 2 fois plus vite qu’avec la fourche. En effet la grelinette étant plus large, nous décompactons ainsi en une fois une surface de terre plus importante. Que du bonheur !

La salutaire grelinette. Photo: Wikipédia.org

Le motoculteur possède les mêmes inconvénients que la bêche, à la différence notable qu’il est encore plus destructeur, et de surcroît polluant, et onéreux.

Je vais ensuite me mettre à dos les aficionados de la tondeuse, et les déglinguots du moteur, mais vraiment une tondeuse à gazon thermique(essence) n’a pour moi absolument aucun intérêt. On va penser que je n’ai pas de pelouse pour déclarer une telle chose, ce qui n’est pas faux car pas de gazon sur ma terrasse je l’admet, et coté potager, il s’ agit d’une prairie de trèfle, chien-dents, et liserons. Je gère pourtant cette couverture végétale bien plus anarchique qu’un gazon Anglais, et ce sans tondeuse. Oui vous avez bien entendu, ZÉRO tondeuse chez moi, ni hélicoïdale, ni électrique, et encore moins thermique, nada ! Ma méthode de gestion est des plus simple, je laisse faire la nature dans les allées du potager, et la brousse ne s’y installe pas car je n’arrose pas les allées(économie notable par rapport au gazon). Ce simple fait conjugué à celui de mon cheminement fréquent dans ces allées, limite grandement leur développement. Les zones cultivées sont entièrement paillées, ce qui empêche avec efficacité leur intrusion à ces endroits. Il n’y a guère que sur les contours des planches de culture que ces herbes sauvages prennent un peu de volume. Normal, le sol y est frais et décompacté. Je me contente donc d’arracher régulièrement sur les contours des paillis au gré de mes passages d’entretien et de récoltes. Cela représente une faible surface à surveiller, et je n’y passe donc pas beaucoup de temps. Si je constate un développement qui va un peu trop vite, à cause de la pluie, par exemple, je m’équipe d’un sécateur, voir d’une cisaille à la rigueur, afin de ne pas me laisser prendre de vitesse. L’absence de boucan infernal, de vibrations qui engourdissent les mains, et traumatisent les poignets, ainsi que l’inexistence de frais d’essence, et de pollution m’incitent avec joie à continuer de m’abstenir d’investir dans ce type de matériel du démon !

Mais si vous aviez 500 m² de gazon vous feriez comment ? m’interrogerez vous.

Pour commencer, sacrifier 500 m² de terrain à une pelouse gourmande en eau et en entretien n’a pour moi ni sens, ni intérêt.

Je commencerait donc par réduire la surface à engazonner en multipliant plate-bandes, massifs fleuris, ou autres bosquets, arbres, arbustes, allées de gravier, et pourquoi pas une zone potager. Je veux bien à la rigueur conserver 100 m² de surface herbeuse, mais n’opterais certainement pas pour un gazon Anglais chronophage, fragile, et coûteux notamment en eau. Mieux vaut à ce compte là laisser le chien-dent et les graminées d’origine, qui en plus de favoriser une biodiversité indispensable au jardin, m’éviteront de veiller au grain quant à son arrosage, et son entretien. Sur une telle surface enherbée d’une centaine de mètres carrés, une tondeuse manuelle de type hélicoïdale ferait amplement l’affaire. L’option prairie fleurie est également envisageable. Bucolique, et originale, cette solution attirera en plus les pollinisateurs à votre jardin, ce qui par les temps chimiques qui courent devient un luxe. Choisissez dans ce cas des espèces végétales peu gourmandes en eau comme le trèfle blanc, ou d’autres légumineuses qui ne poussent pas trop en hauteur (5 à 10 cm), et ou des plantes tapissantes. Ainsi pas de tonte à effectuer, apport d’azote assuré par les légumineuses, profusion de fleurs (en plus votre espace herbeux sera joli), et enfin, une biodiversité encouragée, et préservée. Que demande le peuple ?

La pelouse au naturel, bucolique, fleurie, et résistante.
Photo: Torange.biz

Même combat en ce qui concerne la débroussailleuse, une vraie guillotine ambulante pour la faune vivant dans les espaces herbeux. À oublier donc !

La populaire tondeuse à gazon. Photo: PXhere.com

3 – L’importance d’un bon paillage

Le paillage des zones cultivées vous permettra de vendre votre binette à quelqu ‘un qui n’a pas lu, ou pas compris cet article, ou documentation similaire. En effet, si un binage vaut 2 ou 10 arrosages selon les versions, le paillage vous en économisera des centaines, et réduira fortement vos « missions » de désherbage.

Si votre espace vert n’est pas démesuré, vous pouvez également remiser les kilomètres de tuyaux d’arrosage qui serpentent dans vos allées, décapitant parfois quelques plantes au passage. Un arrosoir de 12 litres sera dès lors plus adapté, et amplement suffisant. Il vous permettra d’être plus précis quant au quantité d’eau que vous apportez, et quant à l’endroit où vous asperger. En effet nous avons tendance avec un tuyau à ne pas nous rendre compte des quantités déversées, souvent à coté plus qu’au pieds cultivés, aspergeant au passage le feuillage des plantes ce qui occasionne brûlures foliaires, et maladies fongiques tel que mildiou, et oïdium entre autres. Je sais que nous sommes tous très sensible aux terribles difficultés financières de Véolia, mais tout de même, pensez aux économies d’eau que vous pourrez ainsi réaliser, simplement en paillant bien et en pratiquant un arrosage raisonné, et justifié.

L’arrosage automatique, et tous ces systèmes d’arrosage au goutte-à-goutte ne vous feront pas réaliser d’économies, au contraire. Ces systèmes sont coûteux à installer, et sont totalement inadaptés à l’usage d’irrigation d’un jardin. Votre minuteur s’enclenche, et arrose au débit, et à la durée que vous souhaitez, certes ! Mais est-ce bien le débit, la durée, et la fréquence désirée par les principales intéressées, vos plantes ? Sachant que les besoin en eau varient considérablement d’un végétal à l’autre, d’une saison, ou parfois même d’une semaine à l’autre suivant la sécheresse, ou les périodes pluvieuses autant vous dire que contrôler tous les paramètres liés à la météo, aux besoins spécifiques selon la plante, mais aussi de déterminer les zones plus ou moins drainantes de votre terrain, vont vite devenir un casse tête. Il vous faudra à tout prix prendre en compte ces paramètres pour ne pas perdre une quantité non négligeable d’eau, et nombre de vos plants cultivés. L’inspection mensuel de chaque goutteur afin de s’assurer de leur débit, et de leur non-obstruction par des impuretés, et/ou le dépôt calcaire vous fera également vite comprendre qu’une telle solution ne fait du bien qu’aux fabricants de plomberie en plastoc, et aux jardineries qui la vante, et la distribue.

4 – Le matériel nécessaire au jardinier autonome

Pour faire ici un point concret sur les besoins réels en terme d’outillage de jardin, je peux déjà cité 3 aspects logiques qui vous permettront de vous dispenser d’un tas de matériel encombrant, cher, polluant, et inutile. Ces 3 aspect sont évoqués dans le titre, il s’agit de ;

a/ Le respect de la nature : Si vous luttez contre chaque force contraignante de notre mère nature, vous ne prenez pas l’option la plus simple, vous vous échinerez, avec des résultat mitigés mais la nature aura toujours le dessus sur tous les efforts que vous ménerez pour tenter de la contraindre. Soyez humble, et apprenez à composer avec elle, vous en tirerez parti si vous apprenez à comprendre les bons cotés des contraintes qu’elles semble parfois imposer,

b/ L’observation : Le jardinage en soi, n’est pas une course à la productivité, au rendement, ou à la domination total de l’homme sur les éléments. Prenez donc le temps d’observer ce que fait la nature, afin de comprendre comment elle le fait, quand le fait-elle, pourquoi, et surtout de quelle manière vous pouvez en tirer profit. Plus vous laisserez la nature agir comme un outil profitable à votre jardin, moins vous aurez besoin de recourir à des outils pour se substituer à elle. Je le dis ici avec conviction, toutes les forces, et tous les services nécessaires au jardin existent déjà dans la nature, elle seule possède des millions d’années d’expérience dans l’entretien des surfaces arborées, et végétalisées, vous n’irez pas bien loin dans ce domaine, même avec les outils les plus sophistiqués. Soyez humble, attentif, et curieux de tout ce que la nature fait, ou produit, que cela vous arrange, ou pas,

c/ La synergie : Cet aspect découle naturellement de la compréhension globale des points a, et b. Il s’agit là tout bonnement de travailler avec les aléas du terrain, de la faune, et de la flore présentes de manière naturelle sur l’espace vert que vous administrez. Par exemple si vous avez un sol caillouteux et drainant, ne cherchez pas à planter des plantes qui aiment les sols humides, ou à vous user la santé en essayant de changer la nature de votre sol, plantez des végétaux qui soient déjà adaptés a un tel terrain. Plus simplement, si vous savez qu’il va pleuvoir demain, à quoi bon arroser aujourd’hui? Combien même vos protégées ont soif, elles ne passeront pas de vie à trépas durant la nuit, soyez donc patient et rangez donc ce tuyau, ou cet arrosoir qui vont simplement apporter ce jour de l’eau qui sera superflue demain, ce qui nuira à vos plantes plus que le petit coup de stress hydrique qu’elles ressentent aujourd’hui. Dans la même optique, tirez parti des microclimats présents sur votre parcelle, telle que l’atmosphère fraîche et humide créée par un arbre, ou une haie. La haie en question vous abrite-t’elle du vent, la présence d’un point d’eau peut elle vous être utile à la culture de certains végétaux qui apprécient la proximité d’une mare, ai-je suffisamment d’arbres, et de plantes endémiques pour favoriser une biodiversité bénéfique à l’écosystème de mon terrain, sinon quels arbres, et plantes semblent bien fonctionner aux alentours, et serait-ce utile d’implanter ces espèces, à quel titre, etc….

En vous appliquant à prendre en compte ces 3 aspects fondamentaux dans la conception d’un jardin qui vit sa vie sans que vous ne soyez obligé d’intervenir constamment au gré de ce qui vous dérange, ou vous arrange, vous reprendrez goût au jardinage ainsi ultra simplifié, et vous verrez alors que l’utilité, et la pertinence de l’emploi de bon nombre d’outil vous sautera aux yeux.

Enfin,

« Connaître, et comprendre la faune, et la flore qui peuplent le jardin, c’est déjà ne plus en être l’esclave » Telle est ma maxime, et ma conviction profonde.

Ben MASON

Publié par aj83250

Jardinier autonome, coach, et formateur en éco-jardinage, et en permaculture.

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