LES FOURMIS, des alliées envahissantes….mais précieuses !

Les fourmis ont la fâcheuse habitude de se déplacer en grand nombre, suivant l’itinéraire qu’elles empruntent, la joyeuse colonie peut vite devenir un soucis destructeur. Sa présence est pourtant indispensable à la bonne santé générale du jardin. Quels solutions pour une cohabitation cordiale avec ce voisinage parfois encombrant ? Autonomie Jardin vous aide à gérer vos fourmilières, et limiter les dégâts.

Une colonie de fourmis sur une branche. Photo: Pixabay.com
Une colonie sur une branche. Photo: pixabay.com

1 – L’utilité sanitaire des fourmilières

La présence de ces insectes dans nos jardins, pelouses, potagers, et cultures, est souvent vécu comme une invasion, voire comme une violation de propriété et de vandalisme. Pourtant, malgré leur nombre impressionnant, les dégâts et nuisances qu’elles occasionnent, sont minimes, et souvent dues à des erreurs, et maladresses du jardinier.

En effet, nous avons l’habitude de délimiter une zone à travailler sans nous demander si peut-être des occupants y ont déjà élu domicile. Vu sous cet angle, l’envahisseur c’est nous ! Lorsque les fourmis s’invitent dans notre cuisine, nous protestons à juste titre. Il en est de même pour les fourmis lorsqu’on vient planter des végétaux au milieu de leurs galeries. Elles aussi savent faire place nette, c’est d’ailleurs leur profession, leur raison d’être d’un point de vue écologique.

Les fourmis ont un rôle très précis dans un biotope et ne doivent jamais en être bannies totalement, autrement, votre jardin sera ravagé par d’autres nuisibles, qui se montreront bien plus destructeurs que ces ouvrières disciplinées. En effet, les fourmis s’attaquent aux autres petits insectes tels que les chenilles, vers, larves, araignées, mouches, cloportes et cadavres d’insectes en tous genre.

Tous le surplus d’accumulation de déchets organiques divers est en outre régulièrement nettoyé par les fourmis, de telles matières organiques mal décomposés serait vecteur de beaucoup de maladies sur vos cultures, si ces ménagères chevronnées n’y mettait pas leur nez. Elles jouent également un rôle important dans la pollinisation en transportant le pollen d’une fleur à l’autre. Elles contribuent donc à l’équilibre naturel qui doit être maintenu en place pour un environnement de culture sain, et le bien-être de tous.

Photo: pixabay.com

2 – « Encadrer » leur présence

La destruction totale d’une fourmilière n’est donc pas souhaitable, ni bénéfique. De plus l’opération sera un long combat au cours duquel les dommages collatéraux seront nombreux.

Il existe de nombreuses solutions pour les éloigner des endroits sensibles que vous désirez préserver, et canaliser un peu leurs allées et venues dans le jardin. Certaines astuces fonctionnent mieux que d’autre, mais en toute objectivité, aucune de ces méthodes n’est à 100 % dissuasive. Divers facteurs peuvent expliquer ces écarts d’efficacité(type de fourmi, type de sol, météo, proximité du nid, etc), il faut donc adapter ces solutions en fonction de ces différents paramètres. Ainsi, si vous prévoyez de la pluie, inutile d’utiliser vinaigre, huiles essentielles, marc de café, ou jus de citron, on attendra une période plus sèches pour employer ces méthodes. En cas de vent, éviter les substances volatiles telle que la terre de diatomée, la craie, ou le piment de Cayenne, les applications doivent être faites avec bon sens et raisons.

Enfin, faites vos observations, notez quel type de répulsif à le mieux fonctionner sur telle ou telle colonie, ou à tel endroit, etc.…

3 – Les solutions

Voici une petite liste de méthodes éprouvées, et qui vous aideront à réguler les populations de fourmis, et à les éloigner des endroits à préserver.

Solution n°1: le basilic

Redouté par de nombreux insectes, le basilic grand vert, déplaît aux fourmis qui évitent en principe de croiser sa route. Ça tombe bien, nous, on adore,salades, pesto, saveurs de l’été! Mettez des feuilles de cette aromatique dans votre jardin aux endroits stratégiques: vous constaterez que les fourmis changeront rapidement d’itinéraire. Si vous n’avez pas de basilic frais à disposition, sachez qu’il se cultive facilement. En pot ou en pleine terre, cette plante condimentaire aime la chaleur et le plein soleil, à condition d’y avoir été habitué dès les jours courts du printemps..

Solution n°2: la menthe poivrée

Autre plante parfumée très peu appréciée des fourmis : la menthe poivrée. Fréquemment plantée au potager, cette plante rustique se cultive aisément sous la plupart des climats. La menthe affectionne les terres humides et riches dans lesquelles elle pousse parfois de manière invasive. Pour ne pas vous laisser déborder, vous pouvez en arrachez un peu tous les ans, pour une culture en pot ! Tout comme pour le basilic, disposez des feuilles de menthe près de la fourmilière ou sur votre terrasse. Certaines fourmis y semblent plus sensibles que d’autres,résultats mitigés donc !

Solution n°3: la lavande

Le parfum puissant que diffuse la lavande est un excellent répulsif à fourmis. Si vous en possédez chez vous, n’hésitez pas à en couper quelques épis, ou feuilles froissées que vous pourrez positionner stratégiquement dans les endroits de passage des colonies. Sinon, vous pouvez toujours planter quelques pieds à proximité des cultures à protéger. En huile essentielle diluée à l’eau, les résultats sont très satisfaisants.

Fleurs de lavande officinale. Photo: publicdomainpictures.net

Solution n°4 : le citron

Les fourmis détestent le citron, surtout s’il est un peu moisi ! Laissez donc vieillir un citron pendant plusieurs jours avant de le couper en tranches. Éparpillez-en ici et là autour des arbres ou dans les endroits de prédilection de la colonie. Vous remarquerez, que désorientées, elles s’éloigneront en quelques minutes. N’hésitez pas à renouveler régulièrement l’opération pour une efficacité durable, sans excès toute fois, afin de ne pas trop acidifier le sol.

Solution n°5 : l’ail

Comme pour le vampire, l’ail à un pouvoir redoutable pour chasser ces malheureuses. Pour de bons résultats, pilez d’abord la gousse et dispersez-en sur la piste des fourmis. Sachez que vous pouvez cultiver votre ail très facilement. Ail rose, blanc, ou violet… Vous n’avez que l’embarras du choix, tous sont de culture facile, et demande peu d’eau. D’ordinaire sous la forme de bulbe, l’ail se plante généralement à l’automne dans une terre bien drainée.

Utilisé en huile essentiel, le résultat est encore plus probant. Aïe, aïe, ail !

Solution n°6 : la poudre de cannelle

Parmi les répulsifs de l’arsenal cuisine, vous pouvez également tenter la poudre de cannelle. Idéale dans une compote de pomme, cette épice ne semble pourtant pas être populaire chez les fourmis. Profitez-en pour en saupoudrer dans leurs zones de promenades !

Solution n°7 : le piment de Cayenne moulu

Toujours dans les condiments, vous devez sûrement avoir du piment de Cayenne. Parfois appelé à tort poivre de Cayenne, cette épice piquante repousse efficacement les assauts massifs de fourmis. Placé sur leur passage, le piment de Cayenne est une vraie bombe lacrymogène !

Solution n°8 : le vinaigre blanc

Les fourmis détestent le vinaigre blanc, on les comprends vu l’odeur ! Alors profitez-en pour en pulvériser aux endroits où elles passent : potager, terrasses, balcons, plantes vertes. Par souci d’économie, et pour ne pas sur-acidifier votre sol, vous devrez l’utiliser de façon diluée avec de l’eau (20ml/litre).

Solution n°9 : la craie blanche

Tracée en lignes épaisses sur votre terrasse , votre balcon, ou autour du tronc de vos arbres, elle constitue une excellente barrière anti-fourmis. À remettre souvent.

Solution n°10 : le marc de café

N’en jetez plus, vos filtres à café usagés et autres capsules peuvent être intelligemment recyclées! Désormais, utilisez le marc de café qu’ils contiennent pour diminuer la population de fourmis de votre potager. Mettez le café moulu dans un petit récipient que vous positionnerez auprès de la fourmilière. Les fourmis sont attirés par le marc, avec lequel elle s’empoisonnent par ingestion. La solution de dernier recours, en ce qui me concerne du moins.

Encore une fois, l’efficacité varie, et il est fréquent que les fourmis, très adaptables, et organisées contournent habilement le subterfuge. Le témoignage d’une internaute posté en 2015 sur le forum Rustica, illustre très bien le phénomène, avec beaucoup d’humour:




Bonjour, j’ai également plein de nids de fourmis dans mon potager flambant neuf! J’ai commencé a planter mes plants depuis une semaine et d’un coup j’ai cinq énormes nids de fourmis. J’ai planté dès le départ du basilic, de la menthe et du thym, des œillets d’inde…. alors elles ont carrément fait un nid au pied d’un thym qui s’est desséché en 2 jours, les œillets d’inde elles en ont rien à carrer, le basilic elles contournent à peine et la menthe (j’ai même répandu des feuilles autour des plants) elles marchent dessus. J’ai mis du jus de citron, c sur elles ont pas aimé, j’ai laissé la moitié de citron sur l’entrée de leur nid, elles ont poussé la moitié de citron pour passer (si si!!!) et là elles marchent par dessus le citron pour passer. J’ai préparé de la paille pour pailler mes plants, elles me prennent peu à peu la paille pour l’emmener dans leur nid. J’ai remué plein de fois leur nid, je les ai inondé, écrabouillé…. rien n’y fait, ça devient cityfourmis. Des grosses, des petites, des moyennes, elles se côtoient… on dirait vraiment une ville. C’est pas normal qu’elles ne soient pas sensibles aux répulsifs naturels quand même! En lisant les commentaires je pensais utiliser le marc a café mais je me demande, vu l’ardeur de mes fourmis, si la caféine va pas les booster???? Elles me bouffent les feuilles de salade, les racines de courgettes, me tuent le thym, les feuilles de tomates…. j’en peux plus!!! Jezabel sur Rustica en 2015.

Une autre astuce végétale pour la route, une plante « miracle » contre le couple diabolique fourmis/pucerons, la Ruta Graveolens. Ça pue, mais alors c’est radical ! On la plante à mi ombre dans un coin du jardin, pourquoi pas près du compost, afin de ne pas profiter de l’odeur, et dès qu’il y a des fourmis sur un tronc etc… on prélève une tige de Ruta que l’on entoure autour du tronc en faisant un nœud pour que ça tienne et quelques heures après, les fourmis ont décampé. Malgré l’odeur infecte de cette plante, vous ne trouverez jamais rien de plus économique et efficace. La tanaisie semble également faire un effet similaire.

4 – En conclusion

Pour protéger vos semis d’une moisson des fourmis, pulvérisez les graines à semer, avant de les couvrir de terre, d’huile essentielle de lavande à raison d’un bouchon de flacon (environ une cuillère à café) pour 5 l d’eau. Ce procédé est d’une efficacité totale pour les graines levant assez rapidement (radis, laitue, chou etc.). En revanche, les légumes à levée très lente (persil, carotte…) ne sont pas bien protégés. Une seconde pulvérisation quelques jours après le semis, notamment autour de la surface semée, suffira cependant à les tenir à l’écart jusqu’à la levée des graines.

Pour une fourmilière conséquent installée sous le gazon, les solutions décrites ne sont pas faciles à mettre en œuvre, à efficacité relative au nombre d’individus, et seront à renouveler régulièrement. Elles consistent simplement à vaporiser régulièrement de l’eau assaisonnée de vinaigre, de citron, ou mieux d’huiles essentielles végétales pour faire fuir la colonie vers des horizons moins hostiles. Car ces substances auront pour effet d’annihiler les phéromones présentes sur la fourmilière grâce à l’odeur trop forte qu’elles dégagent. Désorientation assurée !

Fourmis/pucerons, un couple infernal !
Photo : pxhere.com

Je vous indique ici les huiles essentielles réputées pour leur efficacité contre les insectes en général. L’ail, et la lavande marche contre les fourmis.

Huiles essentielles antiparasitaires :
Le citron
L’eucalyptus
La lavande
La menthe
Le romarin
Le tea tree(arbre à thé) – Mélaleuca
Le géranium – Pélargonium
Ce sont des huiles essentielles efficaces pour lutter contre beaucoup de ravageurs.

On peut faire soi-même le mélange :
– 4 c à soupe de vinaigre ou vinaigre de cidre (qui améliore la dilution) dans un vaporisateur de 200ml.

– plusieurs gouttes (5 à 15 ) d’huile essentielle d’eucalyptus (ou de lavande, ou ail) et de menthe et remplir le reste d’eau.
Toujours bien agiter avant l’emploi. Ne pas pulvériser près des yeux.
Il ne vous reste plus qu’à tester, et trouver le plus efficace. (Lavande pour moi).

Ben MASON

Contributrice: Mme FERRANT Danièlle, Un grand merci pour sa participation.

Publié par aj83250

Jardinier autonome, coach, et formateur en éco-jardinage, et en permaculture.

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