Trèfle utilisé comme engrais vert. Wikipedia.org

Luzerne, trèfles, livèche, la vesce, ou encore la moutarde sont parmi les plus connus de ces engrais dits verts. Leur bienfaits sur la régénération du sol, et la fixation de l’azote dans ce dernier étaient déjà connus de nos ancêtres qui pratiquaient les méthodes de jachères, dont le principe est similaire. Reléguée au rang des pratiques désuètes par l’agriculture moderne, elle a su traverser les époques, notamment dans les campagnes, avant de revenir en force avec l’avènement de l’agriculture bio, au début des années 2000. Peu connus du grand public, habitués jusqu’alors au tout chimique, ces engrais verts sont de plus en plus recherchés, et adoptés par le jardinier particulier. Autonomie Jardin vous faits un petit récapitulatif de ces végétaux fertilisants, et de leur utilisation.

1 – Engrais verts, définition :

Un engrais vert n’est pas un fertilisant emballé dans une boite verte, attention ! Il est parfois également confondu avec des engrais orga niques divers, dont certains d’origine végétale tels que les purins. Pour éviter toute confusion, je rappelle ici la définition d’un engrais verts.

Les engrais verts sont des plantes productrices de biomasse, et de matières organiques. Elles sont capables de capter les éléments nutritifs, tel que l’azote présent dans l’air, et de les fixer dans le sol.

Au potager bio, ou permaculturel, on les cultive entre deux cultures maraîchères dans le but d’améliorer la structure, et la fertilité du sol.

Féverole
Photo : INRA/Flickr

2 – Des avantages multiples

Les engrais verts présentent de multiples avantages :

  • Ils stimulent la vie microbienne du sol en mettant à disposition une nourriture abondante ;
  • Leur système racinaire profond et puissant travaille le sol en profondeur et en améliore ainsi la structure (aération, et décompactage);
  • Ils forment une bonne couverture du sol, le protégeant ainsi des éléments, et de l’érosion (principe du paillage);
  • Ils captent des éléments nutritifs en profondeur dans le sol, et les légumineuses, puisent dans l’atmosphère. Ces éléments seront disponibles aux cultures suivantes ;
  • Ils filtrent les nitrates et les restitueront aux cultures suivantes (alors qu’un sol nu laissera les nitrates s’infiltrer vers les nappes phréatiques) ; Ils permettent par cette action de progressivement dépolluer un sol saturé en nitrates.
  • Ils améliorent la circulation de l’eau dans le sol ;
  • Ils limitent le développement des adventices (herbes indésirables) ;
  • Certains engrais verts, tels que le seigle, la phacélie ou le trèfle sont de gros producteurs de biomasse, et donc d’humus par processus de décomposition ;
  • enfin, ils favorisent le maintien de la biodiversité.

3 – Quelques inconvénients

La culture d’engrais verts comporte quelques petits bémols à prendre en considération avant d’en effectuer la mise en place :

  • Ils puisent dans les réserves du sol pour croître. Ils sont donc à utiliser avec précautions, et parcimonie dans les terres pauvres en humus (terres calcaires, ou sableuses) ;
  • Ils nécessitent un peu de place. Si vous disposez d’un espace vert restreint, évitez les engrais verts.
  • Ils consomment beaucoup d’eau, ce qui peut représenter un obstacle, notamment en région sèche, et aride, pour les engrais verts d’été, avec très peu d’eau disponible pour l’arrosage.

4 – Choix, et utilisation

Il existe trois grandes familles de plantes couramment utilisées en engrais verts :

Les légumineuses

Les légumineuses sont les plus largement utilisées comme engrais verts, il s’agit des féveroles, de la vesce, des pois, du trèfle. Ces espèces fixent dans le sol, l’azote captée dans l’atmosphère.

Les crucifères

Les plantes crucifères telles que moutardes, colza mais aussi la navette poussent bien dans les sols pauvres en humus (idéal donc pour les sols calcaires, ou sableux), ils se développent rapidement.

La livèche
Photo : Wikipedia.org

Les graminées

Le ray-grass, l’avoine, et le seigle sont fréquemment cultivées en association avec des légumineuses. En outre, le sarrasin, plante peu exigeante, a pour intérêt de nettoyer le sol des « mauvaises herbes » ;

Outre celles appartenant à l’une de ces 3 grandes familles d’engrais verts, quelques autres plantes sont recommandées comme engrais verts :

  • l’ épinard : sa culture permet d’assurer une bonne couverture du sol au printemps ;
  • la phacélie : une plante très mellifère et attractive pour les insectes pollinisateurs. Sa culture favorise la biodiversité
Phacélie en fleur Photo: Pixabay.com

5 – Le semis d’engrais verts

Les engrais verts se sèment par principe avant ou après la culture prévue, on évite ainsi de laisser une parcelle nue, exposée aux éléments, et à l’érosion.

Les engrais verts au printemps

Les surfaces destinées aux cultures estivales, qui ne seront pas mise en place avant le mois de mai (tomates, courgettes, aubergines, poivrons, melons) peuvent être ensemencées d’engrais verts. Ceux-ci doivent être semés assez tôt (fin d’hiver) si l’on veut qu’ils aient le temps de se développer. Ce n’est donc pas réalisable partout.

La luzerne Photo : Wikipedia.org

Pour les parcelles destinées aux cultures d’hiver (carottes,  poireaux, choux, radis d’hiver, chicorées, panais…) il est profitable d’effectuer une culture préalable d’engrais verts.

Ici 2 exemples d’engrais verts de printemps (les poids indiqués correspondent aux quantités de semences à l’are) :

  • Mélange vesce (1 kg) + avoine (800g)
  • Mélange vesce (600 g) + ¨pois (700 g) + avoine (700g) Ces 2 premiers mélanges sont à semer au début du mois de mars (avant les cultures d’hiver, implantées à partir du mois de juin) – Production importante de biomasse.
  • Épinards : se sèment en mars en rangées distantes de 30 cm sur les zones destinées aux cultures estivales. On peut consommer en partie les épinards, le reste sera fauché et utilisé comme paillage. On peut effectuer d’autres semis entre les rangs d’épinards.

 Les engrais verts en été

On sème certains engrais verts l’été sur les surfaces libérées après une culture printanière de haricots, de pois ou de fèves par exemple.

Les engrais verts les plus communément utilisés en été sont :

  • Mélange vesce (1 kg) + avoine (800g)
  • Sarrasin (800 g)
  • Colza (200 g)
  • Moutarde(150 g)

Après une culture de culture de légumineuse, on sèmera de préférence du sarrasin ou de la crucifère telle que moutarde ou colza.

Les engrais verts à l’automne

Les engrais verts d’automne se sèment en place sur les zones de cultures libérées en fin d’été (septembre/octobre).

  • Si l’on souhaite semer tôt au printemps, il faut opter pour un engrais vert à croissance rapide comme la moutarde. Il est alors judicieux de semer avant le 15 septembre.
  • Sinon, on sèmera un engrais vert résistant au froid, et au gel : vesce d’hiver + seigle par exemple. Ces engrais verts constitueront une dense couverture du sol pendant l’hiver et fournira une importante biomasse végétale profitable aux cultures exigeantes (légumes fruits) qui seront mises en culture à la fin du printemps (fin mai/juin).

6 – Fauchage des engrais verts

Les engrais verts sont coupés en début de floraison (biomasse à son maximum) et avant la formation des graines (perte de nutriments et propagation anarchique de la plante).

Vous pouvez procéder de 2 manières :

  • Pour mettre en place une culture tout de suite après l’engrais verts : on fauche l’engrais vert (ou arrachage) puis on l’enlève pour le mettre au compost , ou on le composte sur place comme paillis sur une surface qui ne sera pas cultivée dans l’immédiat. Il est en outre impératif d’enlever toute la végétation afin d’éviter le phénomène de consommation de l’azote par les plants subsistants. On préparera plus tard le sol afin de semer ou planter.
  • Pour une surface qui ne sera pas cultivée immédiatement : suite au fauchage l’engrais vert, on peut le laisser sur place comme paillage organique, ou encore le broyer pour l’incorporer en surface à l’aide d’ une Grelinette. Environ 3 semaines plus tard, l’engrais vert aura débuté sa décomposition et nous pourrons alors, après avoir décompacté le sol à la grelinette, mettre en place la culture désirée.
Une parcelle après fauchage. Photo : Flickr

Ben MASON

Publié par aj83250

Jardinier autonome, coach, et formateur en éco-jardinage, et en permaculture.

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