Les nuisibles :Toute leur utilité au jardin

Un campagnol Photo : Flickr.com

Escargots, limaces, pucerons, oiseaux, et volatiles en tous genres tels que guêpes, frelons, moustiques, mais aussi larves et chenilles diverses et variées ont une triste réputation aux yeux du jardinier courant. Pourtant, cette faune à toute sa place dans l’écosystème local, et malgré quelques dégâts collatéraux occasionnés sur nos cultures, nous oublions un peu trop vite que l’addition serait bien plus dramatique en leur absence.

Autonomie Jardin remet l’hôtel à insecte au centre du potager, et vous expose un petit rappel des mœurs réels, et des mythes qui collent à la peau de toute cette faune « indésirable ».

1 – Les gastéropodes

Limaces, et escargots ont vraiment mauvaise presse au jardin. Qui s’est déjà fait dévorer une série de semis en l’espace d’une nuit ne le sait que trop bien. Leur appellation provient d’ailleurs des termes gastro(estomac), et pode(pied), littéralement estomac sur pattes. Présentés ainsi, vous en conviendrez, on a pas trop envie de les avoir en pension.

Petites précisions cependant à propos de ces braves bêtes gluantes :

  • beaucoup de ces animaux sont carnivores, et se nourrissent d’insectes, et d’autres gastéropodes de types herbivores. Il faut donc ne pas tous les cataloguer comme destructeur de végétaux.
  • Le repas de prédilection de ces gloutons, sont les matières organiques en décomposition sur le sol. Ils participent ainsi à la non prolifération de maladies notamment fongiques, tel que le mildiou, et l’oïdium. En jardin conventionnel, et en l’absence de ces feuilles en décompositions, il s’en prennent donc volontier aux végétaux jeunes, et /ou affaiblis. D’où l’importance d’un paillage important et un compostage de surface régulier.
  • Certains escargots, et quelques espèces de limaces, sont par ailleurs protégés, notamment en raison de leur rôle important dans le maintien d’un écosystème sain, et dans la production d’humus, mais aussi de silice, véritable colle structurante d’un bon sol. L’épandage de granulés et autres substances visant à les tuer sans distinction est donc à proscrire.
  • Leur présence attire beaucoup d’oiseaux qui ne manqueront pas de nettoyer votre parcelle d’autres ravageurs bien plus destructeurs. Les hérissons, et les carabes seront également attirés par la présence de ces mollusques. Il est donc important de ne pas les empoisonner.
  • Les gastéropodes sont des animaux essentiellement nocturnes. En évitant les arrosages du soir au profit des matinaux, vous limiterez grandement leur mobilité.
L’escargot en ballade Photo: Pixabay.com

2 – Les insectes ravageurs

Je sais que cela va être difficile à entendre, mais eux aussi doivent avoir une place dans un jardin ou règne un bon équilibre écologique. Ne pas les tuer systématiquement,c’est s’assurer de ne pas en être envahi. Si vous laissez vivre pucerons, cochenilles, et autres doryphores, automatiquement viendront s’installer coccinelles, syrphes, chrysopes, et autres prédateurs qui en réguleront très efficacement le nombre. Dans cet esprit il est bon de planter quelques plantes et buissons qui attirent naturellement ces ravageurs sur eux(capucine, rumex, spirée, lierre, ciboulette…). Il s’y fixeront, et n’attaqueront que très peu les autres cultures. Laissez la nature équilibrer les choses.

Les araignées de jardin, et leur aspect peu engageant ne sont guère appréciées non plus, pourtant elles aussi sont carnivores, et vous débarrassent de nombreux insectes ravageurs de végétaux tels que les acariens qui peuvent être très destructeurs pour vos cultures.

Araignée de jardin Photo : Flickr.com

Les fourmis, frelons et guêpes, ont quant à eux une influence importante dans la régulation des chenilles, et des limaces entre autre. Malgré quelques dommages collatéraux sur les fruits, souvent trop mûrs, et les semences, ces insectes sont indispensables à la vie d’un jardin.

Le moustique, sert de nourriture au libellules, chauves-souris, batraciens, et autres reptiles en tous genre qui eux même rendent d’autres services écologiques importants.

Les chenilles quant à elles, en plus de nourrir quantité d’insectes, oiseaux, et reptiles, ont pour la plus part, le bon goût de devenir de splendides papillons qui sont parmi les pollinisateurs les plus précieux après les célèbres abeilles. Peu sont urticantes, celles qui le sont, comme la processionnaire du pin, ont une période de présence très brève, la vigilance est de mise durant 2 à 3 semaines, parfois bien moins en fonction de la présence de prédateurs.

Les fameuses pyrales sont pour leur part de grande consommatrices de cochenilles, dont personne ne veut avoir la visite massive au jardin. À méditer donc !

3 – Les taupes, et campagnols

Plus mignons, mais parfois destructeurs, ces petits mammifères sont souvent présents en prairie. Ils s’en prennent principalement aux légumes racines. Cependant, les galeries creusées par ces animaux font un gros travail de décompactage, que l’on ne peut pas vraiment reproduire en leur absence. Ils sont d’ailleurs nettement moins présents sur les terrains ou la terre est meuble, et humifère. Pour ma part je ne peux pas me résoudre à tuer un campagnol, un rat, ou un lapin, j’accepte leur compagnie, et ne prend pas ombrage des quelques racines qu’ils peuvent parfois abîmer. Protégeons nos vivres, mais laissons les vivre.

4 – Les reptiles

D’allure effrayante, avec des écailles, et la langue fourchue, le serpent, et le lézard n’inspirent pas confiance. On confond souvent orvets, et couleuvres(inoffensifs)avec la vipère, moins courante, et potentiellement dangereuse.

Qu’on les apprécie ou pas, les reptiles ont un rôle clé dans l’écosystème général puisqu’ils contribuent à éviter les surpopulations d’insectes, de rongeurs comme le campagnol, mais les serpents évitent également une trop importante population d’oiseau, dont ils consomment les œufs. Le lézard pour sa part réduit beaucoup le développement des fourmis, qui posent problèmes lorsqu’elles sont trop nombreuses. La vipère est le seul reptile qui présente un danger en France peu courantes on les croises rarement. Le grand lézard vert, présent dans le sud du pays, peut se montrer agressif et infliger de méchantes morsures très infectieuses. Prudence donc avec ceux là.

5 – Les oiseaux

Déterminée par le très discutable ministère de la chasse, la liste des oiseaux « nuisibles » en France se limite à une dizaine d’espèces (corbeau, merle, étourneau, pie, geai, corneille, pigeon…)qui ne posent des problèmes que localement, lorsque leur population est anormalement élevée, notamment à cause de la disparition de leurs prédateurs, et à la faveur de nos déchets dont bon nombre se nourrissent, à l’image du mal-aimé pigeon. Par ailleurs, la destruction de leurs habitats, et de leurs zones de nidification naturelles, les volatiles sont globalement moins nombreux qu’au siècle dernier, et il me semble que les spécimens survivants appartiennent plus à la solution qu’au problème. Leur présence est plus que souhaitable dans le cadre d’une biodiversité préservée. Ils évitent notamment les pullulations d’insectes ravageurs et les invasions de chenilles. Rappelons aussi qu’ils débarrassent les arbres et buissons des organismes xylophages(qui s’attaquent au bois), et participent à la dispersion des graines, dont certaines ont besoin d’être partiellement digérée par un animal pour pouvoir ensuite germer à l’emplacement d’une fiente.

Pour finir sur une note plus poétique, que serait nos espaces verts, et nos forêts sans le chant agréable et familier des oiseaux ?

La nature n’est heureusement pas silencieuse! Apprenons à l’écouter davantage.

La mésange charbonière
Photo : Flickr.com

Ben MASON

Publié par aj83250

Jardinier autonome, coach, et formateur en éco-jardinage, et en permaculture.

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