L’EAU, UNE RESSOURCE PRÉCIEUSE ET UN BIEN COMMUN

L’eau c’est la vie, sans elle rien n’est viable à long terme. La baisse des disponibilités de cette ressource commence à être très inquiétante, surtout après les épisodes de sécheresse et de chaleur de plus en plus marqués, et fréquents ces 10 dernières années. Les gens font de plus en plus attention, et sont surtout de plus en plus nombreux à vouloir avant tout faire baisser la note. Cependant, nous ne sommes pas toujours très bien veillant vis à vis de l’eau, que nous polluons beaucoup trop, et que beaucoup gaspillent. Au jardin, nous avons tendance à utiliser beaucoup trop d’eau, en cause notamment la culture des plantes en conditions hors-sol(pots, bacs, jardinières). En pleine terre, les mauvaises habitudes prises depuis des décennies, ne permettent pas de réaliser d’économie d’eau considérables. Heureusement, il y a de la bonne volonté, et j’aimerais ici partager quelques techniques, astuces, et méthodes pour vous aider à réduire vos arrosage, et votre consommation d’eau au jardin.

1 – Quand l’environnement trinque, l’humanité boit la tasse !

L’impact est difficile à prévoir, mais d’éventuelles modifications climatiques, importantes au niveau mondial ou local, doit absolument être pris en compte. Les nombreux avis divergent sur ce point, des hypothèses telles que l’accentuation des écarts entre climats arides et humides, l’irrégularité plus marquée des précipitations saisonnières ou annuelles, l’extension de l’aridité dans certaines zones, toutes pourraient avoir des conséquences directes sur la répartition et la gestion des ressources.

Aujourd’hui, un certain nombre de désaccords entre les États a pour origine l’usage des ressources transfrontalières. L’eau est un bien commun, ce qui est fait en amont a des répercussions en aval. Ainsi, il est à craindre des tensions accrues sur les ressources d’eau, au niveau mondial, à mesure que les contraintes hydriques se feront plus fortes. Des conflits entre catégories d’utilisateurs et, essentiellement, entre agriculture et alimentation en eau des populations, sont prévisibles. La réduction de la part de l’usage agricole est un défi majeur, que semblent vouloir relever de nombreux agriculteurs des pays développés. Les initiatives en ce sens sont encore trop peu nombreuses, et sûrement timides, cependant elles existes et gagnent en popularité. Certains agriculteurs finissent même par accepter de cultiver des végétaux plus adapté à la sécheresse, et nécessitant peu d’eau.

Grâce aux apports du Nil, du Tigre et de l’Euphrate, l’Égypte , et l’Irak, régions peu pluvieuses, ont pourtant vu les premières civilisations se développer. De nos jours encore, des populations importantes y vivent. Ces zones peuvent subir l’impact de changements climatiques touchant les terres d’altitude où les fleuves s’alimentent. Les pays de mousson et le pourtour méditerranéen connaissent de grands écarts entre saisons des pluies et saison sèches. Ces écarts semblent s’accentuer depuis une dizaine d’année en méditerranée.

Alors, comment ces territoires vont-ils réagir au réchauffement global en cours ? Les évolutions diffèrent selon les régions. Pour les États-Unis, l’Inde, l’Europe et la Chine, les difficultés d’accès à l’eau douce vont probablement s’accentuer au moins en raison de l’augmentation prévue de la population dans les régions où l’eau est déjà rare. L’Europe ne sera pas épargnée non plus, des pays comme l’Espagne, le sud de l’Italie, connaissent déjà de grosses difficultés liées à la disponibilité de l’eau. Aujourd’hui, la moitié sud de la France prend peu à peu la même direction.

De plus, le changement climatique va également provoquer la montée du niveau des océans (3 mm/an actuellement) et entraîner la perte de nombreux deltas fertiles propices pour l’activité agricole.

Les questions concernant les réserves d’eau sont capitales. Nous vivons presque toujours sur l’eau qui arrive sur l’instant mais pratiquement pas sur les réserves. Elles sont en revanche surexploitées dans certains pays très arides où se trouvent des réserves d’eau fossiles, dans des nappes en profondeur.

À noter

1,7 milliard de personnes vivent dans des régions où les nappes souterraines sont surexploitées.

Bel exemple, aux États-Unis, où il existe un grand aquifère nommé l’Ogallala que les Américains ont peu à peu vidé en pompant toutes les ressources plus vite que l’aquifère n’est rechargé par la pluie. Dans ce cas précis, on vit sur les stocks.

Dernier point, dans de nombreuses régions du globe, les événements météorologiques exceptionnels (comme les inondations, les pluies intenses, ou les sécheresses) induisent des contraintes réelles directes sur la ressource. Certains pays d’Europe connaissent des difficultés d’approvisionnement où l’on observe à la fois une baisse des niveaux des nappes phréatiques mais aussi des inondations aux lourdes conséquences(Espagne). Durant cet été 2019, certaines commues Françaises ont dues être ravitaillées par camion citerne, une première il me semble.

2 – Quelles implications pour l’avenir ?

Au cours du XXIe siècle, l’eau pourrait devenir, un enjeu politique et économique majeur, comparable à ce que fut le pétrole durant les dernières décennies. Sur Terre, l’eau douce est abondante mais très inéquitablement répartie entre les différentes régions du globe. De plus, ces ressources d’eau douce sont extrêmement polluées, dangereuses, et inutilisables en l’état. Sans nos systèmes d’épurations relativement efficaces, mais coûteux, nous aurions depuis longtemps un manque d’eau potable. Pourtant, les besoins en eau de l’Humanité croissent souvent plus vite que l’augmentation de la population mondiale. La pollution avec !




Bon à savoir :

2,1 milliards
sur
les 7 milliards d’
êtres humains, n’ont pas un accès satisfaisant à l’eau potable (source : OMS / Unicef juillet 2017).
90 % de l’eau utilisée sert à alimenter
les populations.
300 : c’est le nombre de rivières transfrontalières pouvant constituer un enjeu conflictuel dans un avenir proche selon l’ONU

D’après les Nations Unies, la population mondiale pourrait, d’ici 2050, s’accroître de deux milliards d’individus et compter alors plus de 9 milliards d’habitants sur Terre. Les pays en développement seront essentiellement concernés par cette croissance démographique alors que bon nombre connaissent déjà des difficultés avec l’eau. Ce seul constat suffit à appréhender les risques à venir de tensions accrues sur les ressources d’eau, au niveau mondial. En effet, pour répondre à la demande alimentaire, il faudra doubler la production agricole et trouver 4 500 km3 d’eau douce supplémentaire par an. Ce qui est tout simplement impossible sans un changement profond de notre mode de gestion de cette ressource.

Si l’approche internationale de la gestion des ressources n’évolue pas significativement dans les prochaines années, les deux tiers de la population mondiale pourraient subir des manques d’eau plus ou moins forts avant 2030. Les inégalités risquent de se creuser encore davantage, puisque les besoins vont souvent s’amplifier là où les ressources sont déjà faibles (Moyen-Orient, zones arides de l’Afrique…)

3 – Préserver les sources, économiser la ressources

Tous ces enjeux globaux, et internationaux, ne doivent pas nous laisser penser que notre consommation, et notre rapport personnel à l’eau, est anodin, ou anecdotique. Il est très important que chacun prenne conscience que l’eau est une ressource vitale pour tous, et qu’elle à une source qui nous est commune. Nous devons préserver ces sources tout d’abord en cessant de les polluer. Dans la mesure du possible, aider à nettoyer les dégâts, en aidant des associations, ou en allant faire des collectes de déchets dans la nature (plages, au bord des lacs, fleuves…), ou encore plus simplement en plantant des arbres, et des plantes dépolluantes, qui aideront au nettoyage des sols. Si chacun fait de petits gestes, de grandes choses sont possibles.

Beaucoup d’entre nous, souvent les ménages les plus aisés, devons prendre conscience de la consommation excessive d’eau potable. À l’heure où des millions de personnes du tiers monde éprouvent de grosses difficultés pour accéder à de l’eau croupie, est-il normal que nous nous permettions de nous laver les fesses, briquer nos voitures, remplir nos piscines, et souvent irriguer des cultures gourmandes en eau, tout ça avec de l’eau potable ?

Je pense que nous devons tous faire des efforts pour modérer au maximum notre usage de l’eau potable, notamment au jardin, afin d’éviter des pénuries dans l’avenir.

4 – Comment économiser l’eau au jardin

Le jardin, sanctuaire des végétaux, nécessite un sol humide, certes, mais quelques précisions devraient pouvoir atténuer vos à priori sur la question de l’arrosage ;

– La plus part des végétaux ont des besoins en eau relativement modérés. Tous ont besoin de s’hydrater, mais peu sont des plantes aquatiques, qui apprécient les sols imbibés. Il faut donc simplement maintenir le sol frais, et humide. En pleine terre, si le sol est paillé, il est donc inutile de les arroser tous les matins, sauf en sol calcaire et caillouteux, ou pour les plantes en pots et en plein soleil.

– Les sols trop arrosés, qui s’imbibent, développent énormément d’organismes pathogènes, et favorisent le développement de beaucoup d’insectes parasites. La majorité des plantes souffrent sur ce type de terrain.

– Votre parcelle est peut être déjà suffisamment irriguée. Suivant la fréquence des pluies dans votre région, la proximité éventuelle d’un cours d’eau, ou d’un étang, parfois la présence d’une veine d’eau souterraine peuvent irrigué de façon quasi permanente, et à l’année votre parcelle. Observez donc bien le sol de votre terrain, et l’environnement avoisinant, avant de vous persuader que des arrosages seront nécessaires.

– Plantez des arbres, choisissez des espèces adaptées à l’endroit où vous vivez, l’objectif étant que ces arbres se développent vite afin de créer de l’ombre, qui contribuera à maintenir le sol plus frais. Ils créeront rapidement de la biomasse, et donc la formation d’humus se mettra en route assez rapidement, un sol humifère est d’une part très nutritif, et surtout, il conserve très bien l’humidité dans le sol. Des haies coupe-vent, réduiront considérablement l’évapotranspiration des végétaux, et limitera ainsi les quantité d’eau puisées par les plantes. En couvrant systématiquement votre sol, vous le nourrissez, et vous le maintenez frais. D’où l’intérêt du paillage permanent, couplé à un bon compostage de surface.

– Renoncer à retourner votre terre chaque printemps comme un sanglier survolté empêchera également que votre terre ne se compacte d’année en année. Préservez la vie présente dans le sol, dont les champignons mycorhiziens qui fonctionnent en symbiose avec les racines végétales, qu’ils sont capable d’hydrater en cas de sécheresse.

– Plantez des plantes vivaces couvre -sol, elles limiteront l’arrivée de herbes indésirables, et maintiendront protection, et humidité de la terre.

Compte tenu de ces quelques précisions, vous en conviendrez, la nécessité d’arrosage diminue franchement, en quantité, et en fréquence. Du coup, vous pouvez vous économisez l’achat d’un tuyau, et d’un jet, qui ne nous aident pas à évaluer bien raisonnablement, les quantités d’eau apportées. Le coûteux système d’arrosage goutte à goutte inadapté, et son minuteur foireux n’ont également aucune utilité sur une parcelle dont les cultures sont paillées. Au contraire, ces arrosages régulier au pied des plantes les empêchent de bien raciner, car elle n’ont pas besoin d’aller chercher de l’eau en profondeur. Un goutteur bouché?Adieu la plante ! Croyez-moi, le bon vieil arrosoir est bien plus adapté. Avec celui-ci, vous prenez le temps d’évaluer le besoin de chaque pied, et adapté ainsi mieux votre arrosage, on se rend aussi mieux compte des quantités versées.

Le traditionnel arrosoir est encore la solution la plus judicieuse pour éviter les excès d’arrosage.
Photo : Pixabay.com

Beaucoup me diront que justement, il n’ont pas le temps de passer 2 heures à l’arrosage du jardin. Je répondrai simplement que certes, vous y passerez 2 heures, mais une fois par mois au plus chaud de l’été, au lieu de 20 minutes, 2 à 3 fois par semaine(Donc presque le double) sur un terrain nu, et compacté en partie à cause de votre jet. En automne et au printemps, les arrosages d’une parcelle paillée diminue encore davantage, et deviennent inutiles l’hiver.

Pensez à récupérer le maximum d’eau viciée d’usage courant, tant qu’elle ne contient pas de savon, ou de produit polluant d’origines chimiques tel que chlore, javel, et autres détergents. Ainsi, les fonds de carafes , et de l’auge du chien, hop, à l’arrosoir plutôt qu’à l’évier ! Dans le même esprit de réduction de consommation, l’eau de la douche que l’on laisse couler le matin le temps qu’elle chauffe, pensez à la récupérer, vous serez étonné des quantité d’eau que ça représente(plus de 2litres/douche). Une personne qui vit seul et prend 2 douches par jour peut ainsi récupérer 120litres par mois. Ce n’est vraiment pas négligeable. Vous pourrez de cette façon arroser vos plantes en pot sans pomper d’avantage d’eau.

Cuve de récupération d’eau de pluie
Photo : publicdomainpictures.net

Si vous avez un peu de place, investissez dans une cuve récupératrice d’eau pluviale. Judicieusement placé sous le déversoir d’une gouttière, vous la remplirez rapidement en cas de pluie. De plus, l’eau de pluie est idéale pour l’arrosage des végétaux. Sa nature plus acide, ainsi que l’absence de chlore et de calcaire qui durcissent souvent l’eau du robinet, en font une excellente eau d’arrosage. Et en plus, elle est gratuite..

Enfin, optez pour la plantation d’espèces adaptées aux conditions de votre terrain, à son type de sol, son exposition, et au climat auquel il est soumis. Privilégiez les espèces qui nécessitent peu d’eau(elles sont nombreuses, belles, et variées), surtout si vous cultivez en pot où en jardinière. Toujours dans le cas de cultures hors-sol(pots, bacs, jardinières…), si vous avez des plantes qui nécessite beaucoup d’eau(impatiens, hibiscus des marais, fuchsias…) aidez vous d’une soucoupe pour récupérer le surplus d’eau. Vous arrosez lentement et arrêtez lorsque l’eau commence à couler par dessous, dans la soucoupe. Laissez la motte s’hydrater ainsi une quinzaines de minutes, puis récupérez l’excédent d’eau restant, néfaste pour la plante, avec lequel vous pourrez arroser une autre plante.

Un paillage minéral, ou organique de vos pots et bacs est envisageable, il limitera efficacement les fréquences d’arrosages.

Un jardin frais, et bien ombragé Photo:Commons.wikimedia.org

Ben MASON

J’adresse un grand merci à tous les abonnés, et contributeurs, pour leur soutien, et leur suivi régulier du blog. N’hésitez pas à poster vos avis, et à proposer des suggestions afin de m’aider à adapter le contenu au plus proche de vos attentes et aspirations.

Publié par aj83250

Jardinier autonome, coach, et formateur en éco-jardinage, et en permaculture.

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