L’OÏDIUM ; Le mal blanc des végétaux

L’oïdium, aussi appelé mal blanc, est souvent défini comme une maladie, car son développement massif à des effets très néfastes sur les végétaux. Il s’agit en réalité d’un parasite fongique, c’est à dire un champignon, qui se développe sur les tiges, et les feuilles des plantes. La plus part des jardiniers, et agriculteurs cherchent à s’en protéger, et/ou à s’en débarrasser. Des méthodes à base de produits naturels existent, et sont efficaces, seulement ils sont aussi efficaces contre les micro-organismes utiles présent dans le sol. Faut-il vraiment le combattre de façon acharnée ? Autonomie jardin vous livre son approche très préventive d’un problème qui n’en est pas forcement un.

L’oïdium du chêne
Photo:Flickr.com

1 – Comment l’identifier?

Contrairement à d’autres champignons comme la tavelure, le mildiou, ou les rouilles, etc, l’oïdium prolifère par météo relativement sèche(sans pluies abondantes), mais sous réserve d’un taux d’humidité supérieur à 70%. C’est souvent en mai qu’il apparaît, favorisé par l’humidité encore bien présente conjuguée à l’arrivée de la chaleur. Les écarts de température importants entre la nuit et le jour sont des facteurs qui favorisent l’apparition de ce champignon néfaste à un grand nombre de cultures, aussi bien au jardin qu’au potager. Dans le cas d’une propagation importante, les récoltes sont réduites. Le printemps et l’automne sont des périodes propices à son extension.

Son attaque commence par l’apparition d’un feutrage (poudre), blanc à blanc-grisâtre, d’aspect farineux à la surface des feuilles, des tiges et parfois des fleurs ou des fruits. L’oïdium peut parfois provoquer une déformation des feuilles, qui se gondolent et se boursouflent. Le champignon se multiplie préférentiellement sur les jeunes feuilles, qu’il envahit et déforme rapidement. Les variantes de ce champignons sont aussi nombreuses que les variétés de végétaux qu’il contamine(oïdium des cucurbitacées, de la vigne, du platane, des solanacées, etc). On constate cependant dans le cas du petit pois, par exemple, que ce sont les vieilles feuilles qui sont d’abord atteintes. Sa conservation hivernale peut se faire sous forme de mycélium dans les bourgeons qui donneront alors des pousses totalement infectées appelées pousses « drapeaux ».

2 – Quelles solutions préventives, et naturelles ?

Des solutions curatives naturelles existent, sans impact majeur sur l’environnement. Elles sont néanmoins efficaces pour également tuer des organismes fongiques utiles, mais également des microbes, et bactéries qui peuvent parfois être des antifongiques, qui régulent le développement de l’oïdium, mais aussi du mildiou, et autres plaies cryptogamiques.

Les solutions préventives sont donc à privilégier avant tous recours aux fongicides, si naturels soient-ils. Les méthodes préventives sont :

  1. Planter les plantes sensibles à des emplacements relativement ventilés, cela évitera une atmosphère humide qui favorise le champignon.
  2. Dans le même esprit, il est bon de laisser de l’espace autour de ces plantes fragiles. Leurs feuilles ne doivent pas toucher celles des végétaux voisins. Ainsi, on favorise une bonne circulation de l’aire entre les plants, et on évite également une propagation aux reste des cultures en cas d’apparition de l’oïdium.
  3. Prudence avec les arrosages printaniers, et automnaux. Des jours plus courts, et des nuits plus fraîches provoquent des variations de températures importantes qui contribuent à créer une hygrométrie élevée favorisant le champignon. Les sols sont souvent frais et humides à ces périodes(même si ils peuvent paraître secs en surface). Il ne faut donc pas en rajouter d’avantage.
  4. Préserver un sol vivant, notamment en entretenant un paillage permanent, couplé à un compostage de surface, permettra d’empêcher la prolifération de l’oïdium. Beaucoup de micro-organismes se nourrissent de ce champignon. Pour que ces micro-organismes soient présents, le sol doit être frais, humide, riche en matières organiques azotées(verdure), et carbonées(bois, et matières sèchent), mais doit également héberger un minimum d’oïdium, et autres micro-champignons. Ceci implique donc d’éviter les pesticides, fongicides, et insecticides, mêmes naturels, ainsi que tous les engrais d’origine chimique.
  5. Les vaporisations de purin de prêles empêche à merveille l’émergence du champignon, et peut être utilisé sans restriction au printemps, et à l’automne. Le purin n’a pas de mauvais impact sur la biologie du sol.
  6. Désherber correctement le pied des plants sensibles(tomates, melons, courges, concombres, courgettes…), et ne pas asperger les feuilles durant les arrosages, qu’il vaudra mieux effectuer au pied, et de bon matin, si besoin est ! On évitera également de mouiller le paillage autour de ces plantes sensibles.
  7. Pratiquer la rotation des cultures est probablement la meilleure garantie de ne pas subir des ravages dus aux organismes fongiques, ou aux insectes. Par exemple, planter des poivrons là où étaient les courgettes, et inversement, puis les tomates à la place des laitues,etc.
  8. Par ailleurs, la Coccinelle à vingt-deux points (Psyllobora vigintiduopunctata) se nourrit uniquement d’oïdium.

La combinaison réfléchie et régulière de ces 7 pratiques diminuera considérablement la propagation de ce mal blanc, et aucun traitement ne sera alors nécessaire. Si au contraire vous traitez trop, et trop fréquemment, vous empêcherez l’équilibre naturel de se créer, et entretiendrez ainsi le problème.

3 – Quand puis-je raisonnablement traiter, et avec quoi ?

– Quand  ?

JAMAIS ! Rassurez vous, je plaisante.

Cependant j’insiste sur le fait que les traitements curatifs sont déjà un échec puisque le problème est là. Surtout, il restera une solution de dernier recours, mais qui va à l’encontre du principe de préservation de la biodiversité.

À titre personnel, je m’autorise à faire du curatif dans certains cas ;

Si j’observe malgré la prévention un développement massif du champignon en début de culture, et seulement si la plante n’est pas trop touchée. Aussi je veille à vaporiser sans excès afin que ma décoction ne dégouline pas sur le sol.

Enfin, si le pied attaqué est couvert de blanc, je préfère le couper. On vous dira souvent qu’ils ne faut pas jeter au compost des végétaux couvert d’oïdium. Je pense au contraire que ceux-ci se décomposent avec l’oïdium, favorisant ainsi le développement de micro-organismes « anti-oïdium » dans mon compost. Je décide même parfois de le composter directement sur place, sous le paillage, sans constater de contamination sur les plants restés à proximité.

En automne, les plants sont plus sujets aux champignons car ils sont épuisés, et arrivent en fin de cycle. Je m’abstiens donc de traiter ces végétaux déjà condamnés sous peu de temps.

Pia via !

L’oidium sur une cucurbitacée
Photo : Flickr

-Avec quoi  ?

Les grandes surfaces de jardinage vont râler, mais bon, pas besoin d’aller vous ruiner en produits fongicides chez eux. Je vous donne ici quelques traitements économiques, et écologiques.

Ces traitements sont à utiliser dès l’apparition des premiers symptômes. Ils sont appliqués le soir, ou tôt le matin, et en l’absence de pluie, et de vent.

  1. L’utilisation de purin de prêles, contenant de la silice, ou une infusion d’huile essentielle d’ail additionnée de lait (le lait servant d’adjuvant d’adhérence et aussi d’antifongique ), permettent de détruire l’oïdium tout en préservant l’environnement et la fertilité du sol.
  2. Le bicarbonate de soude dilué dans de l’eau vinaigrée. (1Litre d’eau – 10ml de vinaigre blanc – 1 cuillère à soupe de bicarbonate de soude) L’utilisation du bicarbonate est tolérée en Agriculture biologique, sans excès toutefois.
  3. Les décoctions de racines d’ortie ou d’oseille sont très efficaces : faire tremper dans un litre d’eau, 100 g de racines pendant 24 h. Faire frémir 30 minutes, laisser refroidir, et utiliser pur.
  4. Une vaporisation du feuillage avec du lait écrémé ou du petit lait, dilués à 10% dans de l’eau permet d’éliminer l’oïdium. Ce traitement fonctionnera mieux par temps ensoleillé, le matin, la lumière solaire provoquant la création de radicaux peroxydes dans le sérum lacté, qui sont hautement toxiques pour l’oïdium. De plus, cette vaporisation renforcera les défenses immunitaires de vos plantes, grâce au fer contenu dans le petit-lait. Utilisez de préférence une dilution de lait écrémé ou demi-écrémé pour éviter les odeurs de décomposition des graisses. Ne pas surdoser le lait afin d’éviter l’émergence d’autres types de champignons.

Pour conclure ce sujet oïdium, je vous recommande de la vigilance, et de la réactivité au printemps, de la retenue à l’automne, et du préventif à l’année.

Ben MASON

Je dédicace cet article à Madame Ferrant Danièlle pour sa participation active au maintien du blog, ainsi qu’à Madame Italiano Dominique qui m’a soufflé l’idée de la rédaction de ce sujet. Un grand merci à toutes les deux !

Publié par aj83250

Jardinier autonome, coach, et formateur en éco-jardinage, et en permaculture.

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