EAU POTABLE : L’Afrique se tourne vers les énergies durables

Alors que l’accès à l’eau potable est un enjeu capital pour les populations du continent Africain. L’énergie solaire réduit les frais et des projets ambitieux et prometteurs voient le jour. Le traitement de l’eau de mer devient également envisageable. Le Maroc à déjà entamé la construction de la plus grande usine de traitement d’eau marine de la planète. Autonomie Jardin fait le point sur ces solutions synonymes d’espoir.

Photo : Pxhere.com

1 – La problématique de l’eau potable en Afrique.

Deux milliards de personnes, le tiers de la population mondiale, n’ont pas accès à une eau potable. 320 millions d’entre elles vivent en Afrique, selon un rapport datant de 2017. Dans le même temps, 159 millions de personnes continuent de boire de l’eau de surface non traitée puisée dans des cours d’eau ou dans des lacs, précise ce rapport. Pour 263 millions d’êtres humains, il faut marcher une demi-heure pour trouver une eau consommable.

Photo: Pixinio.com

Outre l’accès à l’eau potable, il y a également le problème de l’assainissement. Car les eaux souillées sont rejetées dans la nature sans aucun traitement, polluant d’autres réserves d’eau. On croit souvent, à tort, que les problèmes sont liés à l’absence d’eau. En fait même des fleuves comme le Niger, le troisième d’Afrique, ne fournissent pas une eau de qualité. Le Niger serait ainsi devenu un «égout à ciel ouvert».
Face à cette problématique de l’accès à l’eau potable, l’offre d’une «jeune entreprise» Française est particulièrement séduisante.

2 – Le solaire redonne espoir aux ONG

Il s’agit d’un nouvel espoir pour les organisations humanitaires et pour certaines entreprises. Assurer l’accès à l‘eau potable en Afrique en traitant l’eau par l’énergie solaire. Les annonces en ce sens se multiplient, sans que l’on sache pour l’instant si les projets sont conduits à leur terme ou si les résultats sont probants. Le solaire offre 2 atouts considérables.

1- C’est une énergie presque gratuite (hors matériel), abondante, et inépuisable tant que le soleil ne nous tire pas sa révérence.

2- C’est une infrastructure légère, ce qui permet d’installer des usines de traitement partout.

Le projet séduisant de sunwaterlife.
Photo/illustration : Sunwaterlife.com

Une société Française,  « Sunwaterlife », exploite déjà un système d’assainissement de l’eau autonome, fonctionnant grâce à un panneau solaire qui délivre une puissance de 1500 W. Le dispositif permet de traiter 1,2 m³ d’eau en une heure et de la rendre totalement potable. Ces appareils distributeurs d’eau(water kiosks) ont été mis en fonction au Sénégal, à Madagascar, et également au Niger. De petites dimensions(150 – 80 – 75cm) permettent l’installation du dispositif partout. L’installation d’unwater kiosk coûte environ 20 000 euros.Sa petite taille ne le rend pas inefficace :

  • Utilisation de deux membranes d’ultrafiltration qui filtrent virus et bactéries (0,01 microns) à 99,99% et d’un filtre à charbon certifié NSF-ANSI
  • Conforme aux normes fixées par le code de santé publique pour les eaux destinées à la consommation humaine (tests réalisés en laboratoire départemental d’analyse d’eau)
  • 100% de l’eau traitée est consommable
  • Rétro-lavage automatique des membranes
  • Autonomie énergétique grâce au panneau solaire

(Données du constructeur)

Le KIOSK fontaine fait intervenir directement un employé qui gère la surveillance et le fonctionnement du système. Cet employé se charge d’encaisser l’argent des clients et de mettre en route le système pour les servir. Le KIOSK peut également être géré de manière autonome. Les clients disposent chacun d’une carte de paiement sans contact qui leur permet de se fournir directement en eau potable au KIOSK, en libre service.

Afin d’éviter l’usage de bouteilles plastiques, véritable plaie en Afrique, la distribution se fera par bonbonne consignée.

Le système se veut également économique. Il est inutile de réaliser un réseau de distribution coûteux, tant pour la construction que pour le fonctionnement. « O’Claire »(filiale de Sunwaterlife)assure pouvoir fournir une eau 12 à 15 fois moins chère que le prix du marché.
 
Pour financer l’installation des «Water kiosks», la société lance une levée de fond  en cryptomonnaie. Premier niveau, créer une monnaie virtuelle baptisée Water coin. Ce serait le moyen le plus rapide et le moins contraignant. Pas besoin de fournir des comptes de société et autres preuves de solidité financière. Mais en l’absence de garanties, les partenaires ne se bousculent pas. Il faudrait l’équivalent de 20 millions d’euros pour financer l’installation d’un millier de kiosks dans le monde, dont 400 en Afrique.

3 – La mer à boire, une addition salée ?

En ce qui concerne le dessalement de l’eau de mer, les techniques sont nombreuses et bien maîtrisées. Mais le traitement est très énergivore, et coûteux. L’Arabie Saoudite utilise le pétrole pour dessaler l’eau de mer. Les résultats sont probants mais ne sont ni viables, ni envisageables pour des pays qui n’ont pas de grosses réserves de pétrole. Un tel système, à l’heure où le pétrole se raréfie en même temps que la planète s’abîme, devient difficilement défendable.

La plus grande usine mondiale de dessalement se construit au Maroc
Photo : Bladi.com

Autre part en Afrique, c’est précisément avec l’énergie solaire que l’on espère atteindre le même objectif. Le Maroc œuvre aussi en ce sens, et construit au sud d’Agadir Douira, une usine qui devrait pouvoir fournir dès 2021, pas moins de 275 000 m³ d’eau potable par jour. Sa capacité maximale pourrait à terme atteindre 450 000 m³ par jour, hissant l’usine au rang de plus grande usine de dessalement au monde. Malgré les difficultés du maître d’œuvre Espagnol Abengoa qui a évité la faillite de justesse, les travaux se poursuivent à ce jour. Abengoa s’occupera du développement, de la construction et de la maintenance de l’usine pendant au moins 27 ans. En juin dernier, Medias24 publiait une photo du chantier au coût global de 3 milliards de dirhams, soit environ 280 millions d’euros.

L’énergie sera délivrée par la centrale solaire de Noor Ouarzazate qui produit 580 MW. L’eau de mer ainsi traitée servira à la consommation humaine et également à l’irrigation de

13 600 hectares de cultures du coté d’Agadir, dans le sud du pays.

4 – La solution des « fermes à eau »

Doux consensus entre l’industriel et l’individuel, l’ONG GivePower propose pour sa part une usine solaire de dessalement qui permet d’alimenter en eau potable 35 000 personnes par jour. Sa première usine a été installée en 2018 à Kiunga, un village côtier du Kenya. « La ferme à eau solaire », selon le terme consacré par l’organisation, développe une puissance de 50 KW, et fournit 75 m³ d’eau potable chaque jour. Par ailleurs, un don de 20 dollars permet de fournir de l’eau potable pendant 10 ans à un habitant.

La ferme à eau de Kiunga au kenya
Photo : Givepower.org

Jusqu’alors, les habitants buvaient une eau croupie, ou saumâtre et développaient de nombreuses maladies. D’après le président de GivePower, Hayes Barnard, « le développement de la technologie des fermes à eau solaires permet de lutter contre les maladies liées à l’eau, offre de nouveaux emplois et développe l’économie locale ».

Ben MASON

Publié par aj83250

Jardinier autonome, coach, et formateur en éco-jardinage, et en permaculture.

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