Ecoscience Provence, une association à caractère scientifique pour la préservation de l’environnement, présentait une conférence le 23 octobre 2019 à La Londe-les-Maures. Le thème de cette présentation était la consommation durable. Les projets développés par l’association visent à encourager la consommation locale et de saison, réduire les déchets et préserver les ressources. Mr Mikaël SCHNEIDER, Directeur d’Ecoscience Provence, a présenté les missions et projets de sa structure associative, non sans avoir préalablement dressé un bref bilan des conséquences du mode « intensif » de consommation actuel. Autonomie Jardin était présent pour recueillir les propos des intervenants, et souhaite vous transmettre un petit compte rendu de cette intervention instructive, et porteuse d’espoirs pour une consommation moindre, mais plus qualitative, et respectueuse de l’environnement.

Image: Pixabay.com

1 – Ecoscience Provence, qui sont-ils ?


Mikaël Schneider,
Directeur d’Ecoscience Provence

L’action d’Ecoscience Provence suit deux principes clés : une approche scientifique de la gestion de projets et une concertation avec les différents acteurs des territoires concernés. Une proximité avec le grand public leur permet de recenser au mieux les besoins réels, et de proposer des projets réalistes et durables. Le coeur de leur action est de « concilier les enjeux écologiques, économiques et sociaux pour tendre vers un avenir durable », selon la formule consacrée sur leur site internet.

Gestion durable, et valorisation des déchets, économie circulaire, mais aussi circuits courts, et consommation durable, leurs fronts sont donc multiples et variés.

Illustration: Fotolia.fr

2 – La conférence ; sensibilisation, et projets concrets

Devant 24 convives, dont l’adjointe au maire, et le responsable du service environnement de la commune de Londe-les-Maures, M. Schneider, Directeur d’Ecoscience a débuté son discours sur un bilan relativement négatif, et malheureusement bien connu, des conséquences de notre surconsommation toujours grandissante.

Beaucoup de chiffres ont été donnés par Monsieur SCHNEIDER, je vous en cite ici les principaux, du moins ceux qui m’ont parus les plus importants. Notre consommation engendre chaque année des centaines de millions de tonnes de déchets(345 millions de tonnes en 2018), et les quantités augmentent annuellement. La gestion de ces déchets coûtait déjà à la France 16 milliards d’Euros en 2013.

Le gaspillage alimentaire a également été évoqué, et il s’avère que nous jetons en moyenne annuellement, à titre individuel, 20 kg de nourriture environ, soit pas loin de 400 Euros par an à la poubelle. La production de déchets « cachés »(déchets produits lors de la confection, le conditionnement, et le transport d’un produit) à ensuite été abordée avec des chiffres édifiants ; La production d’une simple brosse à dent génère 1,5kg de déchets, celle dune carte bancaire 20kg, la masse passe à 75kg pour un téléphone portable dont l’obsolescence programmée nous pousse à en changer de plus en plus fréquemment(1 fois/an en moyenne). La production d’un ordinateur génère pour sa part 1500kg de déchets.

Infographie: Sisteronnais-buech.fr

Des gestes simples peuvent pourtant réduire notre impact, et l’intervenant a fini ce bilan sur une note plus positive en déclarant que si les ressources matérielles se raréfient, et coûtent de plus en plus chères, les ressources intellectuelles humaines, la technologie, et le savoir faire augmentent, et sont de plus en plus accessibles.

Chiffres, et infographie: Ademe.fr

La prise de conscience en terme d’écologie est en hausse, et 80 % des Français interrogé se déclarent prêts à faire des efforts pour changer leurs habitudes de consommation. Malheureusement, l’écart est souvent grand entre ce que les gens déclarent, et ce qu’ils font concrètement. Je suis donc prudent quant à ce chiffre de 80 %, même si la bonne volonté est positive, elle ne suffira pas.

Monsieur SCHNEIDER nous rappelle toute fois que l’utilisation systématique de sac cabas représente 1,4kg de déchets en moins par an et par personne. Échanger, et réutiliser de vieux vêtements diminue de 2,6kg la quantité de déchets, boire l’eau du robinet -3kg, éviter les produits jetables -7,3kg, composter les déchets organiques -30kg, enfin, stopper le gaspillage alimentaire -29kg. Les économies réalisées en réduisant nos déchets se chiffreraient à environ 444 Euros/an, et par personne.

Notre production croissante de déchets coûte cher, et impact l’environnement.
Photo : Environnement-magazine.fr

La nécessité de revenir à un mode de consommation local, et plus sobre dans lequel la valeur d’usage remplace la valeur de la possession matérielle est à juste titre mise en avant par notre orateur. Celui-ci nous a notamment rappelé au simple bon sens, présentant le résultat d’études qui démontrent que le bien-être n’augmente pas forcément avec l’augmentation des possessions matérielles, mais que au contraire, au-delà d’un certain point dépassant les nécessités de base(se nourrir, se vêtir, se loger)ce bien-être diminue.

Le mode de vie consumériste à l’occidental est donc clairement à remettre en question, l’entre-aide et le partage doivent progressivement prendre le pas sur l’individualisme, la compétition, et la possession matérielle.

L’exemple de la perceuse mis en lumière par Monsieur SCHNEIDER, illustre bien ce fait ;

La perceuse coûte relativement cher, et sa fabrication, son conditionnement, ainsi que son transport génèrent beaucoup de déchets et d’émissions de CO2. Hors l’objet ne sera utilisé en moyenne que 16 minutes par son heureux propriétaire, et passera des années au fond d’un débarras. L’alternative de prêts d’objets, et d’échanges d’outils déjà produits, a dans ce cas précis beaucoup de sens. La consommation locale, le commerce de vrac, et l’utilisation à bon escient d’internet pour partager, et échanger gratuitement objets et services, sont aussi des pistes évoquées par l’optimiste Directeur d’Ecoscience.

Celui-ci nous a ensuite présenté les actions concrètes de son association, active sur plusieurs territoires engagés dans la démarche(Le Pays d’Aix, Le COVALDEM 11 (Carcassonne), La communauté d’agglomération du centre littoral de Guyane, La communauté de communes Cœur du Var, et La principauté de Monaco).

3 – Les actions d’Ecoscience Provence

L’association poursuit trois projets phares.

Le commerce engagé qui permet de rapprocher les producteurs, les commerçants et les consommateurs d’un territoire afin de limiter les déchets et préserver l’environnement, tout en dynamisant l’économie locale. Les commerçants et producteurs labellisés(105 à l’heure actuelle) s’engagent autour de quatre axes complémentaires ; la réduction des déchets et emballages, la bonne gestion des ressources et de l’énergie, la commercialisation de produits locaux favorisant les circuits courts, ainsi qu’une responsabilité engagée, écologique, et sociale. Cette initiative s’est développée et représente aujourd’hui 4 Labels ; Commerce Engagé, Producteur Engagé, Restaurant Engagé, et Marché Engagé qui fait disparaître les intermédiaires entre le producteur et le consommateur, mais veille également à plus d’écoresponsabilité sur les marchés locaux, leur premier cheval de bataille a été la suppression des sacs plastics à usage unique.

Le Logo de L’Association Ecoscience Provence

La consigne de Provence pour les bouteilles en verre ; Depuis 2016, Ecoscience Provence construit de façon concrète une filière de collecte, de lavage et de distribution de bouteilles de vin. Ce projet met en place une démarche rigoureuse de gestion de la qualité pour s’assurer que les bouteilles lavées répondent aux exigences strictes du marché. Le projet est aussi le fruit de collaborations avec les acteurs du territoire : domaines viticoles pilotes, syndicat de traitement et de valorisation des déchets (SIVED NG) et une association d’entreprises fournisseurs de la filière viticole (Le Cluster Provence Rosé).

Le projet Ca’bâche donne quant à lui une seconde vie à des déchets qu’il est impossible de recycler, en l’occurrence les bâches en PVC, qui sont transformées en cabas, sacs, pochettes …etc.

Pub Ca’bâche: Ecoscienceprovence.com

D’autres projets voient le jour, notamment le projet STRATUS, qui œuvre au développement d’un tourisme durable en région PACA, et en partenariat avec des régions Italiennes(cote Ligure, et Sardaigne). Je leur souhaite beaucoup de succès dans leurs initiatives bénéfiques à l’environnement, et à l’humain.

Ben. MASON

Publié par aj83250

Jardinier autonome, coach, et formateur en éco-jardinage, et en permaculture.

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