Chlorose sur piment
Photo:Commons.wikimedia.org

Le terme chlorose vient du grec chloros, qui signifie jaune vert. C’ est une maladie physiologique des plantes qui se manifeste par une décoloration des feuilles. Cette décoloration est due à des problèmes de production de chlorophylle, en relation avec une carence en éléments nutritifs. Certaines espèces sont plus sensibles à la chlorose, comme les rosiers, la vigne, les plantes de terre de bruyère comme les hortensias, mais aussi de nombreux fruitiers, tels que poiriers, cognassiers, groseilliers, et tous les agrumes. Autonomie Jardin vous donne tous les bons conseils pour prévenir, ou le cas échéant soigner cette maladie fréquente, notamment dans le cadre de cultures hors-sol (pots, bacs, jardinières…).

1 – Description et fonctionnement de la chlorose

On observera souvent une décoloration progressive apparaissant sur le limbe des plus jeunes feuilles (de vert pâle à jaunâtre), alors que les nervures restent bien vertes. Tel est le signe habituel d’une chlorose, due à une carence en fer, cela généralement dans des sols calcaires. La chlorose peut parfois concerner initialement les plus vieilles feuilles, la carence peut alors avoir plusieurs origines : carence en azote, potassium ou magnésium… Suite à ces premiers symptômes, les feuilles se dessèchent entre les nervures, puis se nécrosent. Le cas des feuilles qui brunissent ou des fruits qui se déforment, est en général le signe d’un déficit en phosphore.

Une décoloration progressive apparaît sur le limbe de la feuille,alors que les nervures restent bien vertes
Photo : Lemonde.fr

Nous savons que les plantes puisent dans le sol les substances nutritives essentielles à leur développement (azote(N), phosphore(P) et potassium(K)), ainsi que les oligo-éléments (fer, bore, zinc, magnésium…). Tous sont nécessaires à la croissance, à la floraison, et à la fructification. Si l’un d’eux manque dans le sol, ou ne peut être assimilé par la plante pour diverses raisons, la photosynthèse, mécanisme de production de la chlorophylle, ne peut s’effectuer complètement, empêchant ainsi le développement normal de la plante.

2 – Identifier la cause

Illustration des symptômes
Photo:Monjardinenpermaculture.fr

La première chose à faire est d’identifier la cause de la chlorose, en évitant un apport d’engrais irréfléchi. Il faut savoir, pour ne pas se tromper, quel type de sol vous cultivez. Il existe des tests « artisanaux » simples à réaliser afin d’en savoir plus sur votre terre. Pour des tests notamment de PH, il est utile de faire usage de certains kits du commerce relativement fiables. Il va de soi que la recherche analytique par des spécialistes vous donnera une évaluation plus complète de votre sol, ou substrat (PH, granulométrie, taux d’éléments nutritifs…) et vous apportera en même temps des conseils avisés et précis pour améliorer les performances nutritives de votre terre.

Les carences en azote, en phosphore, en magnésium ou en potassium atteignent d’abord les anciennes feuilles, alors que les carences en fer et en zinc affectent d’abord les plus jeunes feuilles. 

-Dans le cas d’une carence en azote, l’ensemble de la feuille se décolore, les nervures étant encore plus pâles que le limbe.

Carence en azote(N)
Photo : Ephytia.inra.fr

-La carence en phosphore provoque la déformation des fruits et un brunissement des feuilles. 

Carence en phosphore(P)
Photo : Hydrozone.fr

-La carence en magnésium : les feuilles jaunissent, puis brunissent avant de tomber.

Carence en magnésium
Photo : Aujardin.info

-La carence en fer se manifeste surtout sur les feuilles juvéniles, qui ne croissent pas, jaunissent, mais dont les nervures restent bien vertes.

Carence en fer
Photo : Ephytia.inra.fr

-La carence en zinc, fréquente sur les jeunes pousses, se remarque par une décoloration des surfaces entre les nervures qui restent vertes, de même qu’une fine bande collée le long de ces nervures. Par ailleurs, les feuilles atteintes sont plus petites et se dressent de façon caractéristique.

-La carence en manganèse ressemble à celle en zinc, mais s’en distingue par le maintien d’un port et d’une taille normaux de la feuille.

-Une carence en potassium ressemble beaucoup à celle du phosphore, taches faunes et brunes qui apparaissent sur les contours de la feuille, puis dessèchement rapide des parties atteintes.

Carence en potassium
Photo : Ephytia.inra.fr

-Enfin, la carence en bore se caractérise par le brunissement généralisé des jeunes feuilles situées aux sommités de la plante.

Carence en bore
Photo : Ephytia.inra.fr

Il est à noter qu’une carence vraie se caractérise soit par l’absence totale de l’élément nutritif dans le sol, soit l’élément est présent mais son assimilation est empêchée par la présence d’un autre. Ainsi, le calcaire actif rend le fer moins soluble et plus difficile à assimiler. La carence en fer est donc courante, surtout en pot, à cause de l’utilisation de l’eau de ville souvent très calcaire.

Le pH du sol peut aussi ne pas convenir à la plante cultivée. Il se peut également que le sol soit insuffisamment drainé, perdant ainsi sa capacité à stocker les éléments nutritifs ou empêche leur absorption par les racines, elles-mêmes endommagées, qui n’assurent plus correctement leur fonction. Tous ces facteurs nous montrent bien que chaque traitement doit être raisonné, et adapté à la cause.

3 – traitement d’une chlorose

Dans le cas d’une chlorose induite par une carence en fer, lié à un sol trop calcaire, on veillera à abaisser le PH du sol par un bon amendement humique, et à traiter par un apport de fer chélaté par exemple. Pour palier un manque d’azote, on peut apporter du fumier, du sang séché, ou un purin d’ortie. La carence en phosphore pourra être compensée par un mélange d’arêtes de poissons concassées, répandu au pied des végétaux cultivés. Le sulfate de magnésie appliqué en pulvérisation foliaire pourra palier un manque de magnésium. On l’utilise avec raison, et parcimonie pour éviter de polluer les sols, bien que le sulfate de magnésium soit utilisable en culture biologique.

Le fer chélaté est indiqué pour traiter les carences en fer, il est inutile dans bien d’autres cas
Photo : Lutte-bio.fr

4 – Conseils préventifs contre les chloroses

Une bonne connaissance préalable de votre sol évitera bien des soucis, et déterminera le choix de vos plantes. Pour cultiver la vigne, ou certains arbres fruitiers, on veillera également à la compatibilité du porte-greffe avec la nature du sol. Un terrain bien paillé, régulièrement enrichi de compost ou de broyats végétaux(BRF), et foisonnant de micro-organismes, tels que vers de terre, champignons, bactéries, et insectes, favorisera la bonne santé, et la croissance de vos végétaux. Pour les cultures les plus gourmandes, une fumure organique complétera bien ces apports réguliers.

Un sol trop calcaire et compacté, ainsi qu’un arrosage trop important avec une eau de ville souvent trop calcaire, gênent l’absorption de certains oligo-éléments. Certaines plantes en particulier, comme les plantes de terre de bruyère ( hortensias, rhododendrons, azalées ou camélias…), ne pousseront pas dans un sol calcaire. C’est aussi le cas pour les lauriers-cerise, les éléagnus, les weigelias , entre autres.

Pour ces plantes, les apports de terre de bruyère ne suffiront pas à éviter l’apparition d’une chlorose. Vous avez donc le choix entre :

  • choisir d’autres espèces mieux adaptées à votre terrain , ou
  • les implanter dans un bac (ou un volume équivalent creusé et isolé dans le sol) rempli de terre de bruyère.

Je recommande vivement la première option, plus logique, et moins contraignante.

En règle générale, puisqu’il est difficile d’envisager tous les cas de figure, on pourra prévenir un appauvrissement du sol, en apportant du fumier chaque année au printemps pour maintenir un bon niveau de fertilisation, ou de pratiquer un compostage de surface varié, et régulier, en plus d’un bon paillage permanent. L’utilisation des engrais verts, peut également contribuer à maintenir un sol riche, et fertile.

Ben. MASON

Publié par aj83250

Jardinier autonome, coach, et formateur en éco-jardinage, et en permaculture.

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