ÉVASION PARADISIAQUE AVEC LES STRELITZIAS

Strelitzia Reginae
Photo: Autonomie Jardin

C’est en cette période de fin d’automne, ainsi qu’à la fin du printemps, que le strelitzia présente son extravagante floraison. L’ aspect insolite et aviaire de ses fleurs aux couleurs vives, lui confèrent une touche très exotique, et lui valent son appellation populaire d’ « oiseau de paradis ».

Sa culture facile, sa résistance au soleil, et ses faibles besoins en eau, font de cette plante une incontournable des jardins du littoral méditerranéen. Un oiseau de paradis au jardin, c’est déjà voyager, en prenant quelques précautions, il est possible de cultiver le strelitzia dans les régions plus fraîches de l’hexagone.

1 – Origine, et description botanique

Le strelitzia reginae est une plante vivace de la famille des strelitziaceae, originaire d’Afrique du sud. Cette herbacée parfois ligneuse (Strelitzia Nicolaï), présente des feuilles à limbe d’environ 30 x 12 cm, à très long pétiole. Elles sont d’un vert bleuté, et se développent sur 2 rangs, et évoquent le feuillage des bananiers.

L’inflorescence axillaire, possède une ou plusieurs spathes en bateau, verte, bordée de rouge ou pourpre, de 20 cm de long , abritant chacune une cyme de fleurs hermaphrodites et zygomorphes. Ces fleurs orangées ou jaunes, à lèvre bleue-violette, se composent de 3 sépales étroits, 3 pétales dont un petit et 2 grands unis en une lèvre en forme de fer de lance, ainsi que 5 étamines logées dans cette dernière. La capsule renferme de nombreuses graines, munies d’un arille filamenteux de couleur rousse.

Rhizomateuse, la plante produit de nombreux rejets chez l’espèce Reginae.

Strelitzia reginae
Catégorie : vivace en climat tropical, ou méditerranéen
Feuillage : persistant
Floraison : juin à septembre
Origine : Afrique du Sud, implantée et cultivée en Guyane, Martinique, et Haïti
Rusticité : -7 °C
Hauteur : (en terre):jusqu’à 2 m. (en pot): 80 cm.
Type de sol : riche et drainant, mélange de terre de jardin, de terreau et de sable
Ph du sol : neutre à légèrement acide
Couleurs des fleurs : orange et bleu/violacé
Exposition : soleil ou mi-ombre
Toxicité : graines toxiques par ingestion
Maladies, et insectes nuisibles : le botrytis, les pucerons et les cochenilles
Multiplication : semis à chaud + 20 °C, ou division de la souche au printemps
Plantation, rempotage : printemps ou automne

2 – Plantation, et entretien

Le strelitzia peut être cultivé dans de grands pots dans les régions aux hivers froids, et devra être abrité dans une pièce lumineuse, mais non chauffée, simplement maintenue hors-gel. Le cas échéant, on le protégera à l’aide d’un voile d’Hivernage, la plante, et le pot.

Pour une culture en pot, procédez au printemps. Faites un mélange de 1/4 terre de jardin, 2/4 terreau, 1/4 sable de rivière. Prenez soin de placez des graviers, ou des billes d’argiles au fond du bac pour assurer un drainage correct. Évitez les soucoupes, sauf éventuellement au plus chaud de l’été. À la plantation, arrosez bien avant rempotage, et vérifiez qu’il n’y aie pas de nœuds racinaires, démêlez ceux-ci, ou coupez les racines de quelques centimètres, avant la mise en terre. Arrosez bien pour tasser votre potée, et hydrater la terre ce qui permettra à votre plante de bien s’enraciner. Placez le strelitzia en situation ensoleillée.

Dans ces conditions de culture hors-sol, l’oiseau de paradis nécessitera un à deux copieux arrosages hebdomadaires en été, en fonction de son exposition au soleil, et au vent. Des apports d’engrais organiques seront nécessaires, et doivent être apportés une fois par mois au printemps, et durant l’automne. On limite l’arrosage lors de ces deux dernières périodes à environ 2 arrosages mensuel, l’hiver, on arrose avec parcimonie, et que lorsque le terreau est sec sur plusieurs centimètres de profondeur.

Le strelitzia peut être cultivé dans de grands pots
Photo : Autonomie Jardin

Dans les régions littorales Atlantiques, et méditerranéennes, la plantation en pleine terre est possible, et même recommandée. Cette situation permettra un développement plus sain, et vigoureux de la plante, et les racines seront moins exposée au gel en pleine terre que dans un bac. Si l’hiver est agressif, un bon paillage au pied, et un voile d’hivernage suffisent à éviter les gros dégâts. Le feuillage s’abîme et grille à partir de -5°c, mais la partie aérienne survit à des gelées de -7 °c, si celles-ci sont brèves (situation éprouvée chez moi à l’hiver 2018, et sans voile d’hivernage), quelques brûlures sur les feuilles sont alors observées. Si toutefois la partie aérienne de votre strelitzia ne passait pas l’hiver, ne condamnez pas celui-ci trop tôt, car il peut en effet redémarrer depuis les rhizomes durant le printemps.

Sur certaines souches, l’oiseau de paradis présente des fleurs doubles
Photo : Autonomie Jardin

La plantation s’effectue soit au printemps, soit à l’automne, et de manière similaire à la plantation en pot. On arrose la plante, et on creuse un trou d’environ deux fois les dimensions de la motte à planter. Si votre sol est lourd, et argileux, il est préférable de mettre des graviers, ou des petits cailloux au fond du trou de plantation. Ajoutez par dessus un peu de votre mélange terre/terreau/sable, jusqu’à ce que la surface de la motte à planter, placée dans le trou, affleure la surface du sol. Recouvrez ensuite complètement la motte avec le mélange, tassez légèrement avec les pieds, avant d’arroser copieusement, sauf si le sol est déjà très mouillé.

L’oiseau de paradis n’est pas soiffard, cependant, un arrosage hebdomadaire copieux durant la première saison, l’aidera à compenser son système racinaire encore peu étendu. Les années suivantes, le strelitzia se passera très bien de vos arrosages, bien qu’un apport ponctuel d’eau en cas de sécheresse prolongée, puisse lui faire le plus grand bien.

Si vous optez pour un paillage permanent du sol, ce que je recommande, il est sûr que vous n’aurez pas besoin d’arroser, ni d’apporter de l’engrais à une telle plante.

La taille du strelitzia se limite à la suppression des feuilles sèches ou abîmées que l’on coupe à la base, ainsi que la taille des fleurs fanées, coupées elles aussi à la base de leur tige.

C’est une plante peu sujette aux maladies et parasites, attention néanmoins avec le botrytis en cas d’humidité excessive, et la cochenille farineuse, souvent dissimulée sous les feuilles.

L’oiseau de paradis se multiplie par division de la souche au printemps, ou par semis à chaud (20 à 25°c). La levée de ces semis est longue, plusieurs semaines, on anticipera donc nos semis dès février en intérieur, pour pouvoir les repiquer en avril-mai. Il peut en outre s’écouler entre 4 et 6 ans entre le stade de la plantule, et la première floraison. Prudence, ou patience, avec les petites pousses de strelitzia vendues en jardinerie avec une fleur en plastoc piquée pour faire illusion.

3 – Utilisation, et associations possibles

Le strelitzia peut être utilisé pour donner du volume et des couleurs vives à un massif de bulbeuses telles qu’agapanthes, lys, couronnes d’empereur, glaïeuls, mais aussi graminées tels que fétuques bleues, et cheveux d’ange.

Idéal pour les coins sec, on peut l’installer au pied des palmiers, ou l’associer avec cactus, et plantes grasses, dépaysement garanti.

L’oiseau de paradis peut aussi être planté de manière isolée, puisque son développement en touffe, lui donnera volume et belle allure. Les sujets arbustifs se prêtent également très bien à une plantation en isolé. On peut également planter les espèces de strelitzia plus petites au pied des plus grandes, et ainsi obtenir un joli dégradé dans les tons, volumes, et hauteurs.

La floraison des strelitzia est longue, bien qu’il ne fleurisse qu’une à deux fois par an, si les températures de l’automne le lui permettent. Cette excellente tenue de la fleur dans le temps, explique son utilisation dans les compositions florales en bouquet, notamment en cette période de fêtes de fin d’année.

4 – Les espèces cultivées

La variété « Nelson Mandela » ou « Mandela Gold’s »est un cultivar de Strelitzia Reginae, il possède les mêmes spécificités mais sa fleur présente des pétales jaunes.

Strelitzia « Mandela Gold’s »
Photo : Tropicaflore.com

Pour les adeptes des lignes graphiques, le strelitzia à feuilles de jonc, a la particularité de présenter de simples tiges en guise de feuillage, ce qui lui donne l’aspect d’une touffe d’herbes très épaisses. Ces fleurs aux pétales orange vif , et spathes rouge sont assez semblables à celles de la souche Reginae. Hauteur 80 cm en pot, plus d’un mètre en pleine terre.

Strelitzia Juncea
Photo : Pza.sanbi.org

Dans les grands jardins au climat très doux, on pourra essayer le ténébreux Strelitzia Nicolaï, espèce arbustive dont la silhouette rappelle celle du bananier. Haut de 3 à 4 mètres, sa fleur est plus grande, et de couleur bleue-noire aux pétales blanc-crême. Il semble plus sensible au froid qu’un autre strelitzia (-4°c). Son feuillage a tendance à se franger sous l’effet du vent, ce qui lui donne un style de bananier.

Si votre espace est limité, le Strelitzia Humilis est fait pour vous. Idéal pour la culture en pot dans les espaces restreints tels que patios, et petits balcons, il est aussi utilisé pour délimiter les bordures des allées du jardin. Avec ses 80 cm de hauteur grand max, il s’agit d’une variante naine du classique Reginae, les fleurs sont également plus petites, mais en revanche plus nombreuses que sur ses homologues plus volumineux.

Enfin, avec une scrupuleuse protection hivernale, même dans l’extrême sud du pays, le splendide arbre du voyageur(Ravenala) est également un strelitzia arbustif, bien qu’il soit souvent assimilé à un palmier. Il est originaire de Madagascar, et de l’île de La Réunion, et présente à l’age adulte, un feuillage très atypique qui constitue la forme d’un éventail.

Les fleurs, dans les tons vert et blanchâtre, apparaissent sur les sujets adultes, et comportent naturellement des similitudes avec celles des strelitzias, mais elles se développent en grappes. Les jeunes Ravenalas ressemblent quant à eux, et à s’y méprendre à l’espèce Nicolaï.

Une rareté en culture chez nous à cause de sa sensibilité au froid (-2°c = la mort assurée).

Ben. MASON

Publié par Ben. Mason

Jardinier autonome, spécialisé en éco-jardinage, et en permaculture.

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4 commentaires

  1. Très belles fleurs qui permettent de rever à des terres lointaines.
    Continuez comme cela Benjamin, car vos articles sont intéressants, instructifs, bien construits et esthétiques.
    Vos fleurs, c’est Noël au Paradis. Bonne journée Elienad

    Aimé par 3 personnes

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