Découvrez chaque mois un espace vert d’exception

Le Jardin Des Méditerranées

Une merveille au Rayol-Canadel

(Var)

Pour entamer cette nouvelle série d’articles sur les espaces verts d’exceptions, Autonomie Jardin vous emmène au surprenant Domaine du Rayol. Propriété atypique du Conservatoire du littoral, le Domaine du Rayol est avant tout un jardin à visiter, un endroit très singulier. Conceptualisé au 20ème siècle, il est magistralement sublimé par Gilles Clément lors de sa restauration en 1989 et est développé depuis par les équipes d’artisans jardiniers. Le nombre de visiteurs en hausse, et la forte présence médiatique du jardin prouvent son atypicité et sa grande modernité. Ce joyaux botanique, et son écrin, font sans conteste partie des grands jardins contemporains.

Une grande allée, ligne sructurante du jardin, traverse le Domaine de nord en sud
Photo: Autonomie Jardin

1 – Situation géographique, et présentation du lieu

« Le Jardin des Méditerranées » au Domaine du Rayol, est un jardin paysager situé sur la corniche des Maures, face aux îles d’Hyères, sur la commune du Rayol-Canadel-sur-mer dans le département du Var, en France.

C’est un espace botanique présentant des essences de l’ensemble des zones mondiales ayant un biome méditerranéen.

Il constitue un espace naturel protégé de 20 ha, propriété du Conservatoire du littoral, au pied du Massif des Maures entre Le Lavandou et Saint-Tropez.

Les jardins du Rayol sont un vrai « répertoire planétaire » de régions du monde biologiquement semblables et pourtant si éloignées géographiquement.

Le Jardin des Méditerranées est cultivé selon les 3 concepts chers à Gilles Clément, son illustre concepteur.

Le jardin vit sa vie, mais on l’organise pour que les végétaux ne rencontrent pas les obstacles naturels dressés, afin de contraindre la nature à la géométrie.

« Faire le plus possible avec, le moins possible contre » résume la position du jardin vivant, toujours en mouvement.


2 – Un domaine chargé d’histoire

Au début du 20ème siècle, empruntant “le petit train des pignes”, certaines familles fortunées découvrent les rivages de la corniche des Maures. Conquis par la beauté de cette côte sauvage, les familles Adam, Eiffel, Royce, Clément-Bayard et Foncin font bâtir leurs résidences de vacance respectives, surplombant des eaux azures, parmi les bruyères, les cistes et les arbousiers.

En 1910, Alfred Théodore Courmes, homme d’affaires parisien, achète une terre qui deviendra le Domaine du Rayol. Il y construit sa demeure principale sur un promontoire dominant la baie du Figuier. C’est autour d’une pergola d’inspiration antique, qu’il organisera son jardin d’agrément exotique, palmiers, dattiers, eucalyptus, agaves et mimosas. À proximité, un potager et un verger s’étagent en restanques au-dessus d’une pittoresque petite ferme.

En 1925 tandis qu’une compagnie immobilière aménage une station balnéaire au Rayol, les Courmes vendent la demeure principale qui devient « l’Hôtel de la mer » et vont s’installer à la villa « Le Rayolet », de l’autre coté du jardin.

Première demeure des Courmes, devenu l’hôtel de la mer
Photo : Tripadvisor.fr

Durant l’année 1940, Mme Courmes revend la propriété à l’avionneur Henri Potez, qui, contraint par la guerre d’abandonner ses usines de la Somme, se réfugiera avec sa famille en zone libre. Les maisons sont rénovées. De nombreux domestiques assurent le service tandis qu’une dizaine de jardiniers entretiennent le jardin. Une somptueuse descente d’escalier est réalisée en aval de la pergola. Le jardin connaît alors sa période faste.

Maison d’été de Henri Potez, le domaine fut bombardé durant la guerre par les américains qui prirent cet édifice pour un bunker Allemand
Photo:Domainedurayol.org

L’armistice signée, le Domaine redevient une résidence d’été, mais faute d’entretien à la fin des années 60, il est à l’abandon. Il échappera à de nombreux projets immobiliers grâce à la mobilisation des défenseurs de l’environnement , et la propriété sera acquise en 1989 par le Conservatoire du littoral qui charge le paysagiste Gilles Clément, l’un des paysagistes modernes les plus inspirés, de redessiner les jardins.

Les paysages, la faune et la flore des derniers rivages sauvages de la corniche des Maures seront ainsi préservés.

La villa du Rayolet, somptueuse au milieu du maquis
Photo : Domainedurayol.org

Le paysagiste Gilles Clément propose d’évoquer sur le site les flores et les paysages associés aux régions mondiales de climat méditerranéen, à savoir : bassin méditerranéen, sud-est californien, Chili central, région du Cap en Afrique du Sud et Australie méridionale. Ainsi, l’ancien jardin du domaine se métamorphose en plusieurs jardins qui reproduisent les ambiances végétales des contrées méditerranéennes lointaines.

En 1989, à l’acquisition du Domaine par le Conservatoire du littoral, aucune collectivité ne se portant candidate à la gestion du site, l’association du Domaine du Rayol est alors créée. Le partenariat entre le Conservatoire du littoral et l’association est défini par une convention d’objectifs. La convention en cours, la 4ème en date, sera renouvelée en 2020.
Quelques chiffres pour apprécier le chemin parcouru en une trentaine d’années par l’association du Domaine du Rayol, qui aujourd’hui s’autofinance à 85% :

  • 1,3 million de visiteurs depuis l’ouverture en 1989.
  • Environ 75 000 visiteurs en 2018.
  • 25 salariés employés permanents.
  • Ouverture 364 j / 365 j.
  • Labellisé « Qualité tourisme et Jardin remarquable ».
Entrée du Domaine du Rayol, l’allée mène à l’hôtel de la mer, qui fait office d’accueil, et de boutique souvenirs et librairie. Une pépinière en accès libre, propose quelques végétaux exotiques du Domaine
Photo : Pagesjaunes.fr

3 – Concept du jardin des méditerranées

Le jardin des méditerranées est composé de 11 zones représentant chacune une région du monde au climat de type méditerranéen. Ces 11 secteurs s’articulent autour d’une grande allée centrale qui traverse le domaine, structurant ainsi l’ensemble du parc. Voici la description de ces 11 secteurs :

-Le jardin des Canaries est le 1er secteur que l’on explore lors de la visite du Domaine.

C’est un jardin qui nous fait découvrir la grande diversité du climat méditerranéen.

Trois paysages canariens y sont représentés.

Tout d’abord, le maquis côtier, appelé Malpaïs. C’est l’étage aride situé au niveau de la mer, un paysage minéral, et fortement ensoleillé. On y observe essentiellement des euphorbes.

Dragonniers, vipérines, graminées, et euphorbes ornent le secteur canarien du Domaine
Photo : Domainedurayol.org

Puis, le second paysage évoqué, est le bosquet thermophile, semblable à l’étage méditerranéen aux Canaries. Les grands dragonniers, majestueux, dominent ce paysage.
Enfin, le Pinar, paysage d’altitude, où règne le pin canarien. Ce dernier paysage est rompu au passage du feu, après lequel des jeunes pousses repartent sur les troncs carbonisés. Les cistes sont également bien représentées.

Les Îles Canaries connaissent un climat doux toute l’année. Grâce aux alizés, vents chauds et humides, elles sont restées préservé des glaciations et ont conservé une flore témoin des époques tertiaires. Ceci explique le gigantisme de nombreux végétaux aux Canaries. Comme par exemple l’asperge géante(Asparagus pastorianus), mais aussi le Sonchus congestus, proche du pissenlit, qui peut atteindre 1,5 m et forme une base ligneuse.

Le jardin des Canaries, et ses dragonniers jouxtent l’hôtel de la mer
Photo : Domainedurayol.org

Au fil des saisons, cette zone change de physionomie. Pour résister aux étés méditerranéens chauds et secs, beaucoup de végétaux entrent en léthargie.

Pourtant, les végétaux se révèlent bien vagabonds sur cette parcelle. Plusieurs espèces, Echiums, Euphorbes, Dragonniers, et Marcetellas s’y ressèment spontanément.
Les jardiniers du Domaine favorisent ce mouvement des végétaux, et ne coupent que tardivement les fleurs fanées pour permettre la formation et la dispersion des graines.

-Dans le jardin de Californie, on découvre le maquis californien, que l’on nomme communément le Chaparral. Ce paysage est une formation végétale soumise à l’aridité et aux incendies. Le Chaparral est peuplé d’arbustes, tels que Heteromeles, Leucophyllum, Prunus illicifolia, et céanothes. On y observe aussi des arbres xérophytes (adaptés à la sécheresse) comme le pin de Coulterer ou le cyprès de Monterey. De nombreuses plantes qui ressemblent énormément aux plantes indigènes du maquis méditerranéen, composent également ce paysage.
Il est vrai que la flore du jardin de Californie possède beaucoup de similitudes avec celle du bassin méditerranéen. Ces deux dernières sont les descendantes d’une flore commune à l’Amérique et à l’Eurasie, datant d’avant la séparation des plaques américaine et européenne, il y a environ 60 millions d’années.

Au fur et à mesure que la pluviométrie se réduit, on observe des formations végétales plus sèches (désert Mojave et désert de Sonora). Ici dominent les Hesperaloes, les yuccas, les cactées, cactus cierges et opuntias, et les ocotillos.
Dans les canyons désertiques, s’élèvent de beaux palmiers : les palmeraies de washingtonias.
Lors des pluies printanières, avant la grande sécheresse estivale, s’étendent des prairies où fleurissent les eschscholtzias, les lupins, qui se ressèment spontanément chaque année.
3 plantes prédominent cette zone californienne du Domaine: Leucophyllum frutescens, Hesperaloe parviflora et Romneya coulteri.

Le jardin d’Afrique du Sud évoque :

  • les paysages méditerranéens du Fynbos de la péninsule du Cap, peuplés par les protées, les bruyères et les restios ;
  • les formations végétales du Karoo, représentées par le Mimosa à grandes épines et de nombreuses plantes succulentes, comme les Aloès.

Le Fynbos, apparenté au maquis méditerranéen, est l’une des formations végétales que l’on retrouve dans le paysage sud-africain.

La végétation du Fynbos dépasse rarement 3 m de hauteur, et se développe sur des sols de sable de quartz, pauvres en humus. Les végétaux caractéristiques sont, principalement, des arbustes de la famille des Protéacées, des Éricacées (bruyères) et des Restionacées (proche des joncs méditerranéens). La strate herbacée surtout composée de bulbeuses et à rhizomateuses, telles qu’Iris, Watsonias, Strelitzias, Lys et Amaryllis.

Les Protées sont des plantes typiques du Fynbos. La King Protea(Protea cynaroides), est l’emblème du drapeau sud-africain.

Les feux étant très courant dans le Fynbos, de nombreuses espèces sont bien adaptées à ce phénomène. Elles possèdent même des fruits ligneux ne libérant leurs graines que sous l’effet des incendies.

-Le jardin d’Australie, implanté au nord du Domaine, surplombe le vallon. Cette zone évoque différents paysages :

  • le Mallee, paysage de brousse, parfois épineuse, dominé par les eucalyptus, les mimosas, ou encore Myrtacées et Proteacées ;
  • le Kwongan, paysage verdoyant de landes, occupé par les “Black boys”.

Végétaux nommés ainsi par les premiers colons qui en les apercevant de loin avec leurs hampes florales, pensaient qu’il s’agissait d’Aborigènes, les attendant de pied ferme avec leurs sagaies.

Ces paysages sont soumis à un facteur déterminant : le feu

Cette évolution est tant ancrée que certaines espèces disparaîtraient sans le passage du feu. Au Domaine du Rayol, les espèces d’eucalyptus évoquant le Mallee sont de petites espèces dont une partie du tronc est enterrée. Ils peuvent ainsi se régénérer, par rejets, après un incendie. De ce fait, le paysage est peuplé d’arbrisseaux et arbustes, qui poussent avec de nombreuses tiges, sortant directement du sol.

On trouve aussi dans cette zone, une cinquantaine d’espèces de mimosas, et de nombreux Callistemons et Melaleucas.
Plus loin, on retrouve la silhouette caractéristique des Black boys, les pelouses d’Anigozanthos(pattes de kangourou), et les Protées australiennes, telles que Grevilleas, Banksias, et Hakeas.

Le jardin d’Asie subtropicale. Sans rapport avec le climat méditerranéen, l’exception.

Encaissé dans le vallon humide, cette situation topographique lui permet d’évoquer les paysages de contrées lointaines. Ces plantes, de Chine, de Corée, de Taïwan et du sud du Japon, d’autres de l’aire indo-malaise, sont naturellement soumises à un régime de mousson estival.

Installée depuis un siècle, la bambouseraie est au centre de ce paysage. La zone du puits apporte une ambiance fraîche, avec les lianes, la glycine (Wisteria sinensis) et le figuier de Chine (Ficus pumila) qui escaladent la canopée de chênes-verts. Une cascade artificielle qui fonctionne en circuit fermé depuis la vieille citerne alimentée par l’unique petite source du Domaine, permet d’optimiser l’hygrométrie ambiante en été.

A l’ombre des chênes-verts poussent des bambous sacrés(Nandina), l’arali à papier (Tetrapanax), un parterre d’iris frangé du Japon à la floraison blanc-rose, l’Alpinia zerumbet proche du gingembre, des palmiers ‘’céleri’’ (Caryota) au feuillage surprenant, et le Loropetalum, superbe pendant sa floraison blanche.
En tournant autour du puits, une clairière abrite un camphrier (Cinnamomum camphorum) et des bananiers du Japon (Musa basjoo) .

Un superbe bosquet de Cycas revoluta occupe une clairière ensoleillée, entourée de bambous nains Sasa, de palmiers de Chine (Trachycarpus), de gros palmiers éventail (Livistonia), d’un ‘’parasol chinois’’ (Firmiana simplex) et du Rhaphiolepis umbellata.
L’été, des senteurs d’épices citronnées, diffusées par les poivriers du Sichuan, et les citronniers épineux (Poncirus), parfument l’atmosphère.
2 Gingko biloba se sont développés dans les clairières. Cette espèce, inconnue dans la nature, est arrivée jusqu’à nous grâce aux moines la cultivant dans les jardins des temples bouddhistes depuis 2000 ans.

-Le jardin de Nouvelle-Zélande. Au cœur du vallon encaissé du Domaine, qui mène à la Maison de la Plage, et où s’écoule un ruisseau saisonnier, s’étendent des paysages néo-zélandais.

Le creux du vallon rappelle les forêts subtropicales humides de l’île nord de la Nouvelle-Zélande. On découvre les fougères arborescentes, les fougères ponga (Cyathea) au tronc effilé, et les fougères wheki (Dicksonia) au tronc massif. L’atmosphère semble figée en des temps géologiques anciens, c’est un peu Jurassic Park, sans les raptors en embuscade dans les futaies de fougères.

Plus loin, un sublime bosquet de gros palmiers nikau (Rhopalostylis sapida) s’impose, avec à leur pied, les harakeke (Phormium tenax) aux inflorescences étranges. Sur les flancs du vallon, deux kauris (Agathis australis) ont débuté leur longue vie. Ils sont issus de semis de graines issues du plus vieux kauri(2500 ans) néo-zélandais, nommé Tāne Mahuta, et situé dans la forêt de Waipoua.

Ambiance Jurassic Park dans le secteur néo-zélandais, une vraie jungle à pris possession du vallon humide du Domaine
Photo: Autonomie Jardin

Puis, une prairie de graminées en touffes (tussock grassland) caractérise les zones plus arides de l’est du pays Maori, aux faibles précipitations et balayées par les vents. Ces « tussock grassland » sont composés localement de plusieurs espèces de graminées (genres Chionochloa et Poa) et de Carex. Le paysage a été ici élaboré avec une autre espèce, le Stipa tenuifolia. Le résultat est dépaysant.

Cette prairie est cernée de manukas (Leptospermum scoparium) à la floraison carmine, des kowhai (Sophora microphylla), des massifs de koromuko (Hebe sp), dominés par les troncs de Cordyline australis. Au-dessus trône un gros pohutukawa (Metrosideros excelsa), sublime avec ses fleurs pourpres en début d’été.

La prairie argentée et très aèrienne des stipas est d’un effet transportant. Le soleil crée des reflets superbes, à la surface de cette prairie qui ondule sous l’effet du vent.
D’un autre monde !
Photo : Domainedurayol.org

-Le jardin d’Amérique aride représente un paysage proche de celui de Californie.
C’est un paysage composé de plantes grasses et cactées, originaires des climats arides du sud-ouest des USA, et du nord-ouest du Mexique, régions soumises à un climat caractérisé par une longue saison chaude et sèche, et de faibles précipitations. La végétation représentée est dominée par 2 familles botaniques :

  • les Cactaceae ;
  • les Asparagaceae.

Les Asparagaceae sont présentes avec les agaves, furcreas, yuccas, et dasylarions.

Les Cactaceae sont représentées avec des opuntias (figuiers de barbaries), des cactus cierges et des cactus sphériques. Les cactus sont particulièrement bien adaptés à la sécheresse, stockant l’eau dans leurs tissus et réduisant au minimum les surfaces d’évaporation. Leurs épines permettent une protection contre les animaux, la captation de la rosée, et une protection de l’épiderme contre le soleil, le vent desséchant et le froid d’altitude.

-Le Jardin d’Amérique tropicale accueille la végétation tropicale des Amériques en composant un paysage associant des plantes provenant de 2 régions situées de part et d’autre de l’équateur :

  • l’hémisphère Sud, la région englobant le nord de l’Argentine, l’Uruguay, le Paraguay et le sud du Brésil,
  • l’hémisphère Nord, la moitié sud du Mexique et l’Amérique centrale.

C’est un jardin arrosé, le seul espace du Domaine où l’herbe restera verte en été, et où fleuriront des arbustes pendant la période estivale.

Dans la zone Argentine, évoluent les abutilons, l’érythrine crête-de-coq à la floraison rouge vive , le Tipuana tipu, arbre à la floraison jaune en début d’été, l’arbre bouteille (Chorysia) aux fleurs roses parfumées, le palmier abricot (Butia) aux fruits comestibles et le cocotier plumeux.

Dans la zone Mexique, on observe des plantes de forêts humides : le Lantana très parfumé, le vanillé (Duranta) à l’odeur subtile de vanille, le séneçon géant (Telanthophora) avec ses imposantes capitules jaunes, la mauve (Malvaviscus), l’arali blanc (Oreopanax), et le bambou du Mexique (Otatea) au fin feuillage retombant.
On notera aussi la présence du pin de Montezuma : le pin sacré du dernier empereur aztèque, Montezuma.

100 % mexicaines, les grandes nolines du Domaine remontent au début du 20e siècle. Elles ont été plantées par M. Courmes en personne. Adaptées à la sécheresse elles présentent un aspect luxuriant. Certaines forment des arbres de 5 mètres de haut, et se ressèment spontanément au jardin. Leur écorce est liégeuse comme celle du chêne-liège, pour résister au feu.

-Le jardin du Chili.

Le Chili s’étend sur 4 000 km de longueur. Son climat est donc très diversifié. Seul le Chili central possède un climat méditerranéen.

Plusieurs formations végétales chiliennes sont représentées au Domaine :

  • la lande à Puyas ;
  • le paysage de savane (espinal), dominé par les Acacia caven ;
  • la palmeraie des terres intérieures, avec le palmier à miel (Jubaea chilensis).

Tout d’abord, la lande à Puyas, ou « Matorral », paysage côtier d’altitude, est composée de nombreuses espèces épineuses dont le Puya. De la famille des Broméliacées, comme l’ananas, les Puyas jonchent le sol de la parcelle d’épaisses touffes. Leur floraison en juin est spectaculaire, allant du bleu métallique au vert fluorescent, selon les espèces. Ici, les Puyas côtoient les Cactus Quisco (Echinopsis chilensis). Ces cactus aux grandes épines peuvent atteindre 10 mètres de hauteur.

On retrouve aussi des prairies d’alstroémère du Chili, le « Lys des incas ». Leurs fleurs colorées sont printanières.

Dans la vallée centrale chilienne, le surpâturage, et l’exploitation du bois ont fini par créer un paysage de savane : « l’Espinal », fief d’un mimosa : l’Acacia caven, petit arbre épineux, à très fines feuilles et aux fleurs jaunes.
Enfin, on aperçoit, dans le secteur chilien, quelques palmiers dans les vallons frais. C’est la palmeraie des terres intérieures. Il s’agit d’imposants palmiers à miel, Jubaea chilensis.

-Le jardin méditerranéen

Le bassin méditerranéen est l’une des plus grandes aires de biodiversité avec 2 millions de km2 , sur une zone d’environ 3 000 km d’est en ouest et de 1 500 km du nord au sud. Cette zone géographique est très vaste : Maroc (sauf extrême-sud), Algérie (nord), péninsule ibérique (sauf le nord), Baléares, France (extrême-sud), Italie (sauf le nord), zones côtières des Balkans, Tunisie (est et nord), zones littorales de Libye et d’Égypte, Grèce, Turquie (ouest et sud), Chypre, Syrie (nord et ouest), Liban, et nord d’Israël.

De ce fait la végétation y est très diversifiée. Présence de matorral (maquis ou garrigue) dans l’ensemble de l’aire. Il se compose d’une végétation buissonnante de hauteur moyenne, plus ou moins dense, entrecoupée ou non de zones boisées.
Les forêts sont également abondantes, notamment en Europe et au nord du Maghreb avec une prédominance de chênes et de conifères (pins, cyprès). Les zones de hautes montagnes présentent une végétation typique de prairies buissonnantes avec des forêts de conifères (cèdres, genévriers, sapins).

Ici un échantillon très représentatif de la flore de l’aire géographique méditerranéenne, dattiers, pins, arbousiers, chênes-verts, genévriers, et lauriers
Photo : Autonomie Jardin

– Les zones les plus sèches (Maghreb, Moyen-Orient, certaines régions des Canaries) présentent une végétation de type semi-aride avec des nombreuses plantes succulentes.

Au Domaine du Rayol, on peut observer :

  • venant du bassin Est-Méditerranéen : le Pin parasol, le Caroubier, le dattier de Crète, le palmier nain, l’Arbousier de Chypre, le Laurier Noble, le Cyprès toujours-vert, le Zelkova de Sicile, l’Arisarum, l’Acanthe molle et la Grande Pervenche ;
  • venant du Maghreb et d’Espagne : l’Iris d’Alger, le Fragon à langues, la Scille du Pérou, la Scille maritime, l’Othonopsis à feuilles de giroflée, le Laurier-rose, les dattiers, le Genêt à feuilles de lin ;
  • et en bord de mer : la Barbe de Jupiter, l’Euphorbe arborescente,le Lys maritime, et bien d’autres…
La salle des archives botaniques du domaine, anciennement poulailler des Courmes, peut être visitée, et consultée.
Photo : Image-provence-info.net
Ce vénérable chêne-liège, témoin de l’histoire du Domaine, trône au bord du ruisseau saisonnier depuis plus de 3 siècles.
Un monument !

Photo : Autonomie Jardin

Pour finir cette balade botanique autour du monde,

le maquis, formation végétale des sols acides, évoluant soit en terrain siliceux comme ici dans les Maures, soit en terrain d’origine volcanique comme dans le massif de l’Estérel. On retrouve ce type de végétation partout en Méditerranée.

Cette végétation est constituée de plantes résistantes à la sécheresse, adaptées aux incendies, et à l’abroutissement par les herbivores.
La végétation est essentiellement à feuillage persistant. Les hivers doux permettent une croissance automnale et printanière, périodes de l’année les plus favorables pour observer les floraisons. Les petites feuilles des plantes maquisardes sont souvent argentées, coriaces, épineuses ou duveteuses, et souvent aromatiques. Elles dégagent, quand il fait chaud, un puissant parfum d’huiles essentielles et de résines.

Le Domaine est ceinturé par le maquis
Photo : Autonomie Jardin

L’adaptation au feu est une caractéristique essentielle du maquis. Elle s’est acquise depuis la fin du Tertiaire, voici 2,6 millions d’années. On retrouve cette adaptation aux incendies dans 4 autres climats méditerranéens du monde, notamment dans le Fynbos sud-africain et le Mallee australien.

Superbe vue sur la Baie du Figuier
Photo : Autonomie Jardin

Les plantes rencontrées sont le chêne-vert, le chêne-liège favorisé par l’homme, le pin d’Alep, le pin maritime, l’arbousier, la bruyère arborescente, le calicotome épineux, le pistachier lentisque, la filaire à feuilles étroites, la myrte, le romarin, la lavande des Maures, les cistes à feuilles de sauge et de Montpellier, l’asphodèle, et la salsepareille pour les plus typiques.

4 – Une zone littorale protégée, et préservée

Au Rayol, le jardin est aussi marin. La mer est même l’ultime horizon paysager du Domaine .

Ici, dans le jardin marin, aucun jardinier n’intervient. Le même jargon est pourtant utilisé par les guides-animateurs du sentier marin pour évoquer ce paysage(prairie de posidonie, grotte du congre, parterre d’oursins, passe des nacres, etc.)

-On découvre dans ce jardin marin différents biotopes :

  • les fonds sableux ;
  • l’herbier de posidonie ;
  • les fonds rocheux ;
  • la pleine eau.

On observe sur les plages la laisse de mer qui est présente toute l’année. Essentiellement constituée de feuilles de posidonies et de débris naturels, comme du bois flotté, des algues, des coquillages, elle permet la rétention de sable et peut former des banquettes. Ces banquettes, mixant laisse de mer et sable, sont des remparts contre l’assaut des vagues hivernales. Elles protègent les plages de l’érosion, retiennent le sable, préservant ainsi la plage et permettant aux plantes pionnières de s’installer. La laisse de mer est aussi un garde-manger et un refuge pour beaucoup d’animaux détritivores, formant la base d’une chaîne alimentaire. Arthropodes, crustacés, oiseaux et mammifères viennent se nourrir ici.

Découvrez, sereinement, et en toute sécurité, la faune et la flore sous-marines de la baie du Figuier. Au départ de la plage, avec un guide-animateur breveté d’État du Domaine, vous serez surpris par la richesse des fonds marins.

Vous y croiserez : nacres, girelles, étoiles de mer, serrans, labres, dorades et bancs de saupes dans l’herbier de posidonies ; poissons plats et concombres de mer sur les fonds sableux ; sars, loups ou barracudas en pleine eau ; anémones, poulpes, castagnoles, dans les anfractuosités des fonds rocheux.

Le jardin marin se visite en toute sécurité, et en famille, avec un guide-animateur breveté d’état du Domaine
Photo : Sentier-marin-©-Domaine-du-Rayol

Départ de la plage, avec le guide-animateur. L’équipement (combinaison, palmes, masque, tuba) est fourni. Prévoir un maillot de bain pour l’activité et une tenue correcte pour la visite des jardins.

Niveau facile, débutants acceptés, pour toute la famille dès 8 ans. Seule condition : savoir nager.

L’activité « Les pieds dans l’eau » s’adresse aux familles avec de jeunes enfants (dès 4 ans), sur réservation, pendant les vacances de printemps et tous les matins en juillet et août.

Pour les enfants mineurs non accompagnés dans l’activité, se munir de l’autorisation parentale en téléchargement sur le site web du Domaine du Rayol. La présence d’un adulte ayant réservé l’activité est néanmoins obligatoire.

Terrasse du jardin de la villa du Rayolet, somptueux !
Photo : Autonomie Jardin

À SAVOIR :

Créé en 1975, le Conservatoire du littoral est un établissement public d’État. Il achète des terrains sur les littoraux maritimes et lacustres pour les préserver irréversiblement et en garantir l’accès public. Ces terrains sont restaurés et aménagés pour maintenir la richesse biologique, esthétique et identitaire du littoral.

Le Conservatoire du littoral accompagne aussi les évolutions du rivage liées au changement climatique et aux risques naturels. Et cela, toujours en se souciant de laisser agir la nature autant que faire se peut.

5 – Infos pratiques + y aller

Domaine du Rayol,
Le Jardin des Méditerranées
Avenue des Belges
83820 RAYOL-CANADEL-SUR-MER
Tél. 04 98 04 44 00
Sur la route littorale entre Le Lavandou et Saint-Tropez
Région Provence-Alpes-Côte d’Azur

Le Domaine du Rayol, est situé dans le département du Var (région PACA) sur la route littorale RD 559 entre Le Lavandou et Saint-Tropez. Le Jardin est ouvert toute l’année (sauf le 25 décembre). Il est possible de le découvrir en visite libre, en visite guidée quotidienne ou par le biais des nombreuses activités proposées.

S’y rendre en voiture :

  •  De Marseille : à partir de Toulon, prendre l’A570 direction Hyères/St-Tropez. À Hyères, suivre la D98 direction St-Tropez puis à Bormes-les-Mimosas, la D559 en longeant la côte jusqu’au village du Rayol.
  • De Nice : suivre l’A8 jusqu’au Muy/St-Tropez (sortie 36). Prendre la D25 direction Ste-Maxime puis la D559 direction St-Tropez/Toulon puis La Croix-Valmer / Cavalaire / Le Lavandou jusqu’au village du Rayol.
  • Dans le village, suivre le fléchage Domaine du Rayol, Le Jardin des Méditerranées jusqu’à l’entrée du Domaine située en contrebas du village.

Parking gratuit voitures et motos devant le Domaine.

Horaires / Tarifs

Le Domaine du Rayol est ouvert toute l’année (sauf le 25 décembre).

Horaires

  • Janvier, février, mars, novembre, décembre : 9h30 – 17h30
    Visite guidée à 14h30 (durée : 1h30)
  • Avril, mai, juin, septembre : 9h30 – 18h30
    Visites guidées à 10h30 et 14h30 (durée : 1h30)
  • Octobre : 9h30 – 18h30
    Visite guidée à 14h30 (durée : 1h30)
  • Juillet, août : 9h30 – 19h30
    Visites guidées à 10h30 (durée : 1h30), 14h30, 15h30 et 16h30 (durée : 1h)

Le Café des Jardiniers vous accueille tous les jours, à partir de 12h, jusqu’à 14h30 pour le déjeuner, ou pour une pause gourmande dans la journée (jusqu’à une heure avant la fermeture du Jardin).
La Librairie des Jardiniers est ouverte tous les jours, de 9h30 à la fermeture du Jardin.
La Pépinière du Domaine du Rayol est ouverte, en libre service, tous les jours de 9h30 jusqu’à 15 minutes avant la fermeture du Jardin. Un jardinier est présent à la Pépinière pour vous conseiller, tous les jeudis de 14h à 18h15.

Photo: Provence.fr

Nos amis les animaux de compagnie ne sont pas admis (même en laisse).
L’accès au Jardin est interdit en cas d’alerte météo orange aux vents violents ou aux orages.
La Librairie des Jardiniers et la Pépinière du Domaine du Rayol sont en accès libre, indépendamment de l’entrée au Jardin.
Le restaurant Le Café des Jardiniers est réservé aux visiteurs du Jardin.

La ferme des Courmes, devenue « le café des jardiniers »
Photo : Domainedurayol.org

Pour profiter au mieux de votre visite au Domaine du Rayol, il est conseillé d’éviter les journées de forte affluence :

  • Dimanche 21 et lundi 22 (Week-end de Pâques).
  • Mercredi 1er, jeudi 2, vendredi 3, samedi 4 et dimanche 5 mai (Pont du 1er mai).
  • Mercredi 8 mai (Victoire 1945).
  • Jeudi 30 et vendredi 31 mai (Ascension).

TARIFS

(Entrée au Jardin : adulte 12 €, réduit 9 €).

Tarif réduit* (6-17 ans, étudiant, demandeur d’emploi, personne handicapée) : 9 €
– Moins de 6 ans : gratuit

Forfait Famille (1 ou 2 adultes + 1 ou plusieurs enfants de 6 à 17 ans) : 29 €
Visite libre et ludique du Jardin pour les familles avec le livret offert “Le voyage du petit explorateur“, à demander à l’accueil à votre arrivée (de 4 à 12 ans).

Vous pouvez entrer et sortir du domaine durant toute la journée avec votre ticket d’entrée. À bien conserver donc.

Séminaires, visites scolaires, location d’espaces pour événements sont également possibles.

Plus d’infos sur www.domainedurayol.org

Ben. MASON


Merci à tous
et joyeuses fêtes!

J’espère que cette longue ballade au Domaine du Rayol, vous fera apprécier ce lieu, et la biodiversité méditerranéenne autant que je l’apprécie moi même.

Je vous remercie, lecteurs, abonnés, et soutiens, pour votre suivi, et votre participation à l’existence de ce blog. Merci infiniment aussi pour vos commentaires, et encouragements, qui me touchent autant qu’ils me motivent.

Je vous souhaite par avance, à toutes, et à tous, un Noël plein de joie, de partage, et de sérénité.

Benjamin MASON

Publié par Ben. Mason

Jardinier autonome, spécialisé en éco-jardinage, et en permaculture.

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8 commentaires

  1. Cet article est immense 😉 Je découvre ce parc et j’espère le visiter un jour. Je suis abonné depuis peu mais je vais certainement fouiller dans ton blog car l’autonomie alimentaire est un sujet qui m’intéresse et dans ce domaine, les postes d’un passionné sont les bienvenus. Bonnes fêtes et à bientôt en 2020 pour de nouveaux articles
    Alan

    Aimé par 3 personnes

    1. Salut couleur verte,
      C’est effectivement un lieu très intéressant à découvrir, qu’on soit amateur de botanique ou pas.
      Je me rappelle d’un Monsieur du groupe, lors de la visite guidée, un peu grincheux, qui avait été trainé jusque là par son épouse, et qui râlait en début de visite. He bien une demi-heure plus tard Pépère était fasciné, et posait plein de question. Il faut dire que la guide était super, très passionnée, et claire dans ces explications. Je crois qu’elle a réussi à sensibiliser ce monsieur un peu abrupte.
      Les photos sont bien sûr autorisées, et je ne me suis pas gêné, comme vous avez pu le constater.
      Bon dimanche

      Benjamin

      Aimé par 1 personne

  2. Belle immersion dans ce magnifique domaine à découvrir. Très beau voyage autour de la Méditerranée
    à l’aide de plantes dont on apprend les noms au fil de l’article.
    Merci de nous faire partager votre passion de la nature. Continuez dans ce sens, car votre Blog est très bien fait
    Très bonnes fêtes elienad

    Aimé par 1 personne

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