(décembre 2019)

L’ANACHRONISME DE LA CHASSE

L’objet de cet article n’est pas de jeter une énième pierre sur les chasseurs. Si révoltant soit leur petit hobby, je préfère m’en prendre aux vrais responsables. L’État, qui autorise cette pratique par tous, me met bien plus en colère. Les chasseurs, pour leur part, ne font que jouir(le mot n’est pas trop fort)d’un droit sanguinaire qui leur est concédé.

Ce loisir pose de multiples problèmes, de sécurité, et d’éthique bien sûr, mais aussi environnementaux. Les accidents, les dérives, et le braconnage, ne sont que les conséquences d’une démission des autorités en matière de gestion des espaces naturels.

Photo : Zoorigin.com

1 – Une ancienne tradition à bout d’arguments

« Tradition », tel est le statut qui permet, de nos jours encore, la pratique d’un acte violent envers l’animal sauvage, en l’occurrence sa mise à mort. On ne touche pas aux traditions ! Sauf que les circonstances qui justifiaient sûrement jadis la dite « tradition », ne sont aujourd’hui simplement plus du tout d’actualité :

  1. Il existe aujourd’hui l’élevage, que l’on essaie, en vain d’ailleurs de rendre plus éthique. La viande, pour ceux qui sont convaincus de sa nécessité, se trouve déjà très facilement.
  2. La soit-disant régulation des populations de gibier est une hérésie, la nature s’auto-régule seule, les animaux ont des prédateurs, attrapent des maladies, ont des accidents, etc. Si nous n’avions pas exterminés tous les prédateurs carnivores tels que loup, lynx, et ours, et que nous cessions de persécuter renards, fouines, et martes, les populations d’herbivores serait naturellement régulée.
  3. Les espaces naturels et forestiers disparaissent, avec l’augmentation de la démographie, et des activités humaines. Ces endroits, se raréfiant, devraient être considérés comme des sanctuaires dans lesquels nous ne pouvons plus nous permettre de prélever quoi que ce soit.
  4. Le problème actuel réside plus dans la diminution des espaces sauvages, que dans l’augmentation des populations d’animaux qui y vivent. Ceux-ci ne pullulent pas, c’est nous qui sommes trop nombreux, et qui nous étendons chez eux.
  5. Enfin, et surtout, le chasseur n’est plus chassé, l’équilibre naturel est donc rompu, de plus, la nécessité de limiter la population d’animaux sauvages dans le but de s’en protéger a disparue.
Le problème actuel réside plus dans la diminution des espaces sauvages, que dans l’augmentation des populations d’animaux qui y vivent
Photo : Pixabay.com

Il existe des traditions qui doivent cesser. Nos ancêtres gaulois avaient pour joyeuse tradition de sacrifier des humains, n’est on pas content qu’une telle tradition aie cessé ?

Dans certains pays, l’excision est également une tradition, ce statut n’en justifiera évidemment jamais la pratique.

On peut aussi citer, les bûchers, l’esclavage, la guillotine, et j’en passe.

Je ne compare pas les chasseurs aux inquisiteurs, aux négriers, ou aux bourreaux. Je compare simplement l’acte en tant que « tradition », pas l’acteur.

Il fut un temps reculé, où la pratique de la chasse a non seulement été une nécessité, mais était en plus une entreprise dangereuse car les premières armes étaient rudimentaires. Il n’y avait pas de plaisir à chasser, la seule considération était alors ; -j’ai faim !, c’est la bête ou moi.

La chasse a donc sans doute sauvé l’humanité, il faut le reconnaître. C’est à ce titre qu’elle fut ensuite hissée au rang de tradition culturelle, avant qu’elle ne devienne, dénuée de ses raisons d’être, un loisir des plus cruels.

À l’origine, la chasse n’était pas une partie de plaisir, elle fut une nécessité
Photo : alunnilemayeur-arts.fr

2 – Un loisir meurtrier en tout point

Ce passe-temps, puisqu’il n’existe pas d’autres termes, est en lui même de nature meurtrière. Chaque année, environ 40 millions d’animaux sont tués en France par cette activité. En un weekend de chasse, c’est environ 300 000 oiseaux abattus, soit autant que le nombre estimé d’oiseaux mazoutés par la marée noire de l’Erika. Le but avoué de ce « loisir » est de tuer des êtres vivants sensibles.

Le chasseur en tire une grande fierté des plus malsaine, il se sent tout puissant alors qu’il vient de commettre l’acte le plus lâche.

Cette mentalité psychologique à prendre du plaisir dans un acte violent, meurtrier, et gratuit, m’échappe complètement, et m’effraie. Je pense que les chasseurs ont une personnalité psychotique malsaine, souvent inculquée dès l’enfance dans certaines familles. La fameuse « tradition ».

Des hommes armés dans nos campagnes
Photo : Pixinio.com

Ainsi, au quotidien, le chasseur est un bon vivant formidable, un mari aimant, un père attentionné, mais lorsqu’il assouvit sa passion(pulsion?)meurtrière, il est un autre « homme », un vrai sauvage.

Ce comportement agressif frénétique donne lieu à des dérives, des incidents, et des accidents mortels tous les ans. Environ 150 français sont blessées et plus d’une vingtaine sont tuées annuellement lors d’accidents de chasse.

Premières victimes après le gibier, les champignonneurs, et les promeneurs qui ramassent les balles perdues, et se font engueuler, si ils ont le mauvais goût de survivre au coup de chevrotine(-C’est dangereux !, qu’est-ce que vous faisiez là ? Etc…)

Le comble, c’est à nous, promeneurs pacifiques, de devoir faire attention
Photo : Chassons.com

Dernièrement plusieurs incidents ont fait scandales. Un cerf abattu dans une propriété privée, où il s’était réfugié, sous l’œil bienveillant de la gendarmerie(22/10/2017 à St-Ouen dans l’Oise). Depuis 2010, un décret crée malheureusement une contravention de 5ème classe pour obstruction à un acte de chasse, passible de 1 500 euros d’amende. Vous êtes donc en principe tenu de laisser les chasseurs pénétrer votre propriété pour abattre l’animal qui s’y est réfugié. Toutefois, les propriétaires dont les terrains sont soumis au droit de chasse d’une association de chasse, bénéficient d’un droit d’opposition et donc un droit de retrait de leur parcelle pour “convictions personnelles opposées à la pratique de la chasse”, et ce sans autres justification. Cependant, ce droit d’opposition ne dispense pas l’opposant légitime de procéder ou de faire procéder à la destruction des « animaux nuisibles » et à la régulation des espèces présentes sur ses terrains.

Plus récemment encore, le 22 décembre dernier, un sanglier était abattu sur un parking de supermarché, à Laon(Aisnes), alors qu’une loi de février 2019 interdit d’abattre un animal sauvage à proximité des habitations, écoles, lieux publics, et exige que l’animal paniqué se retrouvant sur la voie publique, soit anesthésié par un vétérinaire et remis en liberté. Le même type de scène déplorable s’est produite devant une maternelle, sous les yeux horrifiés des enfants(incident à Liniers, le 17 décembre 2019).

Les chasseurs tirent une grande fierté, malsaine, et satisfaction de la mort d’un animal. Les photos souvenirs avec mises en scène macabres attestent de ce vice
Photo : Faviaviaggi.com

Autre problème de sécurité, les armes. Bien que les armes fassent moins de victime en France qu’outre atlantique, meurtres, tentatives d’homicides, accidents, et suicides, ont lieux par millier chaque année à l’aide du redoutable fusil de chasse. La carabine 22 long riffle moins puissante n’en est pas moins dangereuse et potentiellement mortelle. On nous parle de vigipirate renforcé, mais des armes circulent librement, il suffit d’un permis de chasse. Logique !

3 – Une insulte à la nature

L’environnement paye aussi un tribut important aux chasseurs, bien qu’ils s’en défendent, et les incivilités des plus irrespectueux d’entre eux aggravent l’impact de la présence prédatrice du chasseur.

Bien sûr, tous ne laissent pas traîner douilles, cannettes, et déchets derrière eux. Cependant, le simple fait de tirer des coups de feux a un impact traumatisant sur toute la faune avoisinante. Les oiseaux notamment, créatures craintives au cœur fragile.

Les plombs, très polluants, qui n’atteindront pas leur cible, finiront dans la nature. Les détonations font fuir les animaux, qui ne savent plus où aller se réfugier. Apeurés, et souvent grièvement blessés par balle, ils sont pourchassés jusque devant les écoles, où ils sont achevés publiquement.

La faune est exposée à un climat de terreur permanente
Photo : Pxhere.com

Ces animaux, sensibles aux perturbations, sont ainsi fragilisés, et se reproduisent mal dans ce climat hostile. L’usage de projectiles en plomb provoque le saturnisme, maladie ayant contaminé plus de 60 % des individus de certaines espèces de canards. Les espèces chassables étant en régression, les chasseurs lâchent annuellement dans la nature environ vingt millions d’animaux élevés (perdrix, faisans, lièvres, canards…) pour pouvoir perpétuer leur activité. Cette pratique destructrice affaiblit les dernières populations sauvages avec des maladies issues des élevages, perturbe les écosystèmes et cause une grave pollution génétique de la faune.

Les animaux d’élevage, ici des faisans, sont lachés par millions pour perpétuer l’activité de chasse
Photo : Chasse38.com

Que les chasseurs, que je respecte par ailleurs en tant que personnes, ne viennent donc pas me parler de leur « amour » des bêtes, ils n’en connaissent tout simplement pas le sens.

S’imaginer une seconde qu’un animal n’a pas conscience qu’on essaie de l’assassiner, que l’animal est si costaud qu’il ne souffre pas des blessures par balles, et que la chasse ne provoque pas chez lui de profonds traumatismes, c’est plus que de méconnaître la nature, c’est tout simplement l’insulter.

Photo : Actu.fr

Les adeptes de la chasse, souvent des citoyens ruraux, s’accaparent cette soit-disant connaissance de la nature, par rapport au citadin qui n’y connaît pas grand-chose, certes, mais moi je parcours les bois, les garrigues, les prairies, et les forêts depuis l’enfance, et je ne me suis jamais senti obligé d’emporter un flingue avec moi, au contraire. La nature m’inspire autre chose que l’envie de tirer sur elle. Et de quel droit d’abord ? Ne suis-je pas l’un de ses enfants ? Vous tireriez sur votre mère vous ? La chasse est analogue a un parricide, la nature c’est le foyer, les animaux, qu’on le veuille ou non,c’est la famille. Il s’agit tout simplement d’un écocide, les chasseurs tirent sur notre famille, et sur notre mère à tous.

De plus, les chasseurs (1,7 à 2,1 % des français), accaparent et insécurisent la nature. Ainsi notre liberté de profiter d’une balade en forêt s’arrête là ou celle de tuer accordée au chasseur commence.

4 – Une variante barbare, la chasse à courre

Sorti tout droit d’un film de cape et d’épée, les adeptes embourgeoisés de la chasse à courre, avec leur accoutrement grotesque, pourrait prêter à sourire si ils n’étaient pas si inquiétants. On dirait une vraie secte, où une sombre confrérie médiévale. Ces illuminés s’imaginent sûrement tuer avec élégance, ou assassiner noblement.

On est dans le même type de déni de l’acte cruel que dans la chasse traditionnelle, mais là, on y met les formes, carnavalesques en l’occurrence, pour ne pas s’apparenter à un tueur. D’ailleurs on ne parle pas de crime, assassinat, ou meurtre, mais simplement de chasse. On s’exonère ainsi de l’image peu flatteuse du meurtrier, mais concrètement, et dans les faits…

Une pratique médiévale qui perdure
Image : Publicdomainpictures.com

De nos jours, téléphones, voitures, et motos s’ajoutent aux chiens et chevaux. L’animal ainsi traqué durant des heures a peu de chance d’en réchapper.

Les animaux qu’ils exploitent pour cette activité, m’inspirent beaucoup de peine, et de compassion. Les meutes de chiens, dressées pour traquer, et tuer, sont à ce titre plus agressives encore que ne le serait une meute de loup, à moins d’être affamée. Ces chiens sont aussi parfois blessés voir tués par le gibier, ou une balle perdue.

Les meutes de vénerie peuvent se montrer redoutables, elles sont dressées pour traquer, et tuer
Photo : Pixabay.com

L’horrible accident qui à coûté la vie à la jeune Elisa, et son bébé à venir, illustre d’une façon effroyable, la peur, la détresse, l’agonie, et la souffrance que ressent un être vivant qui se retrouve en proie à une meute de chiens de chasse.

Chaque animal victime d’une chasse à courre, à éprouvé le même calvaire, la même fin épouvantable que la pauvre Elisa. Soyons conscient de ça !

Je ne veux pas développer sur cette atroce histoire, d’autant plus que les résultats d’expertises devant déterminer l’origine des morsures ne sont pas encore connus. Mais il est peu probable que le chien de la victime, qui a également été blessé malgré son puissant gabarit, soit à l’origine de l’attaque. Cette histoire nous rappelle néanmoins le principe barbare de ce type de battue.

Les chevaux sont aussi à plaindre, on les faits cavaler jusqu’à l’épuisement, et au-delà. Eux aussi assistent à la scène du massacre final. Je ne peux pas imaginer, qu’un être aussi paisible que le cheval, herbivore, ne soit pas traumatisé lui aussi par ces images de sang, et de violence.

Les chasseurs célébrant à leur manière l’amour de la nature après une battue
Photo : Info-loup.eu

La chasse à courre est en France encore autorisée, alors que la majorité des pays Européens l’ont interdite, certains depuis déjà des décennies. L’angleterre, qui pratiquait pourtant énormément a elle même banni cette chasse en 2005.

La chasse de façon générale est interdite en Inde à la suite du Wildlife Protection Act de 1972, ainsi que dans tout le sous-continent indien, et en Afrique de l’Est. En Europe, le canton suisse de Genève l’interdit depuis 1974, suite à un référendum d’initiative populaire lancée par les milieux de protection des animaux. En règle générale, l’interdiction de la chasse est à séparer de la gestion des populations, puisque, par exemple, le canton de Genève effectue une régulation de la faune par des agents publics, en dérogation à l’interdiction de chasser.

Quant aux propriétaires de forêts privées, qui organisent des chasses privées afin de rentabiliser leur parcelle, ceux-ci échappent à toutes règles, et tout contrôle. Ce principe de safari me révolte.

5 – L’État doit prendre ses responsabilités

Le seul motif qui pourrait justifier(je dis bien « pourrait») l’abattage d’animaux sauvages, est de nos jours, la régulation des populations animales. Il s’agit donc de gestion des espaces naturels. Il n’est pas acceptable qu’une mission si importante soit déléguée à Monsieur tout le monde, au premier amateur de flingue venu, sans aucune formation en biologie, sans avoir même connaissance du nombre précis d’animaux présents, ni de combien il faudrait en abattre. En admettant qu’ils disposent de ces données, celles-ci ne prennent pas en compte les animaux abattus clandestinement, comment dès lors savoir si on en a éliminé trop, ou pas suffisamment ? Les chasseurs pour la plus part ne se soucient pas de ces données, ils chassent 10 mois sur 12, autant qu’il le peuvent.

Pas de trève hivernale pour le gibier, en France, la chasse est pratiquée 10 mois sur 12
Photo : Pxhere.com

La gestion des espaces naturels est quelque chose de très complexe, et est affaire de spécialistes, de vétérinaires, de gardeschasse, et forestier, de biologistes, qui effectuent des mesures, et des recensements précis, afin d’adapter l’acte de gestion si il y a lieu.

Ce sont des gardes-chasse vétérinaires qui devraient procéder aux éventuelles régulations, avec des moyens discrets comme par exemple une euthanasie par fléchette, ce qui permettrait au moins une mort rapide, et moins traumatisante de l’animal ciblé. En outre on pourrait s’assurer scrupuleusement qu’il ne s’agisse pas d’individus trop jeunes, en attente de petits, ou en période d’allaitement. Un tel procédé aurait aussi le mérite de ne pas traumatiser toute la faune avoisinante avec des coups de fusils.

Quelques pétitions en faveur de l’interdiction totale de la chasse circulent sur la toile, j’invite qui a du cœur, et du bon sens, à apporter sa signature à celles-ci.

Cependant, ces pétitions se noient dans la masse de celles qui demandent l’interdiction de la chasse le dimanche, de la chasse à courre, de la chasse à proximité des habitations, sans parler de toutes celles qui exigent l’arrêt de la chasse d’une espèce bien spécifique(loup, baleine, ours, lynx, etc.).

Photo : Pxhere.com

Je pense pour ma part, qu’il faut abolir la pratique générale de la chasse, y compris sous-marine, et la pêche dans son ensemble, et confisquer les armes. On est pas au far-west !

Je souhaite que cette abolition soit assortie d’une reprise en main par l’autorité publique, de la gestion responsable, et durable des espaces naturels, et de la faune qui y vit.

Le renard, mal réputé, est un des animaux les plus persécutés. Sa présence prédatrice, et donc régulatrice est pourtant indispensable à l’écosystème
Photo: Pixabay.com

L’État doit prendre ses responsabilités vis à vis de cette tradition anachronique et brutale.

Ben. MASON

Pour info :

La France a les plus longues périodes de chasse en Europe. Ces périodes varient selon les espèces chassées et le mode de chasse. Des périodes de chasse complémentaires, s’ajoutant à l’ouverture générale, ont été introduites. Ainsi, la chasse au fusil se pratique désormais 10 mois sur 12.

  • Période d’ouverture générale :
    -De septembre au 28 février
  • Chasse aux oiseaux d’eau :
    -De début août au 31 janvier
  • Chasse d’été (renard, chevreuil, sanglier) :
    -Du 1er juin à l’ouverture générale
  • Battues de mars (renard, sanglier) :
    -du 1er au 31 mars
  • Chasse à courre :
    -Du 15 septembre au 31 mars
  • Vénerie sous terre :
    -Du 15 septembre au 15 janvier
    -Période complémentaire du 15 mai au 15 septembre
    -Toute l’année pour le renard, classé « nuisible »
  • Piégeage :
    -Toute l’année

Ces dates sont indicatives, et peuvent varier sensiblement en fonction des dispositions locales, et des différents arrêtés préfectoraux établis localement.(source : RAC- Rassemblement Anti Chasse)

Plus d’info sur Stop-chasse.fr, ou RAC.fr

Publié par Ben. Mason

Jardinier autonome, spécialisé en éco-jardinage, et en permaculture.

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14 commentaires

  1. Bel article, comme d’habitude, écrit avec passion pour la nature.
    Pourquoi ne pas interdire la chasse carrément ?
    Est ce bien nécessaire ?

    J'aime

  2. Article hyper complet et très intéressant. A titre personnel, je pense qu’il faut que l’état réquisitionne des terres destinées à l’élevage et au blé (chargé de gluten) pour en faire des terres alternatives destinées à l’alimentation végétarienne et aussi pour créer de grands parcs naturels. La chasse n’a plus lieu d’être ou alors il faut que l’homme accepte d’être tué par un animal.
    Alan

    Aimé par 2 personnes

    1. Merci Alan,
      Effectivement, bien d’autres projets positifs sont possibles, que de laisser les forêts aux chasseurs.
      Les gens sont majoritairement opposés à la chasse, mais le terrain à été laissé aux chasseurs trop longtemps, sans qu’on y prête attention.
      Heureusement le public commence à se rendre compte de l’absurdité de ce loisir, et s’en indigne.
      J’espère que les choses évolueront en faveur de plus de reconnaissance et de respect envers la faune sauvage, et le milieu qu’elle occupe de façon légitime.
      Cet article est mon humble contribution à ce combat.
      Bon dimanche
      Benjamin

      Aimé par 3 personnes

  3. Bonjour, Wouaouh, quelle plaidoirie contre la chasse ! Bon, je suis chasseur et oui, personne n’est parfait. Je partage certains de vos arguments concernant certaines pratiques surtout celle d’aller tuer des animaux sur des parkings ou dans des terrains privés contre l’avis du propriétaire. pour ma part je considère que si l’animal arrive à sortir de la propriété de chasse en s’extirpant des chasseurs et des chiens, il doit être laissé tranquille, il a gagné ! Je suis surtout chasseur de petit gibier, la chasse appelée « chasse devant soi  » avec mon chien Junior un springer spaniel. Je chasse depuis l’age de 16 ans et j’en ai 54. Ce qui est sûr c’est que cette pratique à bien changée, le biotope aussi d’ailleurs et la chasse d’aujourd’hui n’est plus la même que celle pratiquée quand j’avais 16 ans. Mais je ne serais pas aussi radicale que vous en interdisant la chasse. Je pense qu’il est possible de pratiquer une chasse « responsable ». J’ai d’ailleurs fait partie d’une association de chasse ou j’ai siégé 6 années au bureau et j’accordais beaucoup d’importance à l’éthique, au respect des animaux et des terrains privés. Je limitais les prélèvements de gibier par jour, par année et par chasseurs. Nous avons d’ailleurs réussi en quelques années à installer des populations de faisans qui se sont implantées et nous avons maintenant une souche de faisans sauvages qui se reproduit et se développe. Si heureux de les voir j’ai d’ailleurs souvent chassé ce gibier avec mon chien sans même le tirer au moment ou il s’envolait… Bon je ne cherche pas forcement à convaincre mais simplement dire qu’il est possible de prélever quelques gibiers sans mettre en péril les populations existantes. Les cultures intensives, les traitements chimiques… font aussi beaucoup de dégâts dans les populations de petits gibiers. Evidemment qu’un animal est stressé et qu’il souffre si il est blessé à la chasse. Mais un poisson aussi doit souffrir ou au moins subir un stress au bout de l’hameçon faut-il pour ça arrêter aussi la pêche à la ligne ? Je dois dire aussi que je n’ai pas de pulsion sanguinaire, j’aime chasser avec mon chien, partager avec lui ces moments de complicité, le tir du gibier n’est pas pour moi une finalité. J’aime aussi manger du gibier. La viande, le poissons que nous mangeons, vient aussi au départ d’animaux qui étaient vivants et qui ont certainement subi un stress au moment de l’abattage ? Devons nous pour ça arrêter d’en manger, je ne pense pas. Je pense en revanche que certaines règles pourraient être améliorées et qu’une certaine éthique pourrait s’installer quitte à sanctionner quand cela est nécessaire. La pratique de la chasse fait partie aussi de la campagne et comme vous le dites de nos traditions. Mais elle peut être pratiquée proprement, malheureusement les faits que vous dénoncez existent mais il ne représentent pas la manière dont tous les chasseurs pratiquent la chasse. tout ça n’est que mon humble avis, je respecte le vôtre mais il m’a semblé mérité quelques nuances. A bientôt . Thierry

    Aimé par 1 personne

  4. Bonsoir Thierry,
    J’apprécie votre franchise, et votre ouverture, car je sais que j’ai parfois le verbe dure avec les chasseurs. C’est la passion, qui parfois m’emporte un peu.
    Aussi, croyez-le bien, je ne cherche pas à faire de généralité avec les gens qui chassent. J’ai côtoyé des chasseurs, dont la plus part étaient modérés comme vous, l’un d’eux était même content de revenir bredouille, disait-il.
    Je sais que ces personnes n’était pas des barbares sanguinaires et sans cœur, et je ne doute pas non plus Thierry de votre bon fond.
    Plus jeune, j’ai été pêcheur, je ne sais même plus vraiment pourquoi j’avais voulu débuter cette activité que personne ne pratique dans ma famille proche. J’appréciais ces moments de calme au bord de l’eau, et de temps à autres je tuais un poisson, que je mangeais. Un jour j’ai compris que les poissons sacrifiés n’avaient pas eu d’autre tort que de nager sous
    ma canne. J’ai stoppé ce loisir, et j’ai réalisé que j’étais aussi bien au bord de l’eau sans ma canne à pêche.
    Je suis aujourd’hui contre la pêche mais je ne vais pas faire le procès des pêcheurs, pas plus que je ne veux me lancer dans celui des chasseurs. Je ne mange plus de viande, mais là encore, je n’ai pas de légitimité à moraliser ceux qui en consomment.
    Ma passion, et ma reconnaissance pour la nature, m’empêche en revanche de cautionner la pratique de ces activités, et
    j’essaie donc logiquement de m’y opposer autant que je le peux. Par conviction.
    Vos convictions sont les vôtres, et je les respectes, bien qu’elles divergent des miennes..
    J’espère que ce coup de gueule ne vous aura pas trop fâché, et que nous poursuivrons nos échanges positifs. Je préfère pour ma part cultiver les points que nous avons en commun, au delà de nos divergences d’opinions.
    à bientôt
    Benjamin

    Aimé par 3 personnes

  5. Merci pour votre réponse. Bien sûr que non que je ne suis pas fâché. 🙂 Je suis comme vous, je suis également ouvert à l’argumentation des personnes avec qui mes avis divergent, nous sommes tous libres de vivre avec nos convictions et de tenter de vivre au mieux en accord avec celles-ci. Mais vous savez la chasse c’est comme le reste, tant qu’elle rapportera de l’argent et des taxes…

    Aimé par 4 personnes

  6. Quand un végétarien et un chasseur échangent leurs points de vue avec autant de courtoisie et de respect, on se dit que tout espoir n’est pas perdu. Pour ma part, j’éprouve toujours de la tristesse quand j’entends les tirs des chasseurs autour de mon jardin. Et puis je me console en pensant que le sort des bêtes sauvages est bien moins cruel que celui des animaux d’élevage…

    Aimé par 2 personnes

  7. Bonjour, merci pour votre lecture et votre mot.
    Comme vous, mon poil se hérisse quand j’entend les tirs, et j’éprouve de la peine, même pour le tireur dont le geste me dépasse.
    Cependant, qu’on le veuille ou non, les chasseurs ne peuvent pas être exclus du débat écologique, si on ne peut pas dialoguer avec ceux qui tiennent le fusil, comment alors pouvoir leur exprimer notre point de vue, et notre désaccord.
    De mon côté, j’ai besoin de mieux comprendre le chasseur, afin de savoir trouver des mots qu’il puisse entendre, j’ai parfois du mal à être diplomate, mais je fais au mieux.
    Il faut aussi reconnaître que, paradoxalement, certains chasseurs connaissent très bien la nature, je ne souhaite pas me priver de certaines de ces connaissances, qui peuvent venir affiner, et compléter les miennes, toutes relatives.
    Moi j’aime profondément les animaux, mais j’admet que je connais mieux la terre, les forêts, et les plantes, que je ne connais la faune.
    Tant que le dialogue est possible, tous les espoirs sont permis.
    Cordialement
    Benjamin

    Aimé par 2 personnes

  8. Comme j’ai aimé ce coup de gueule qui reflète le fond de ma pensée. C’est bien parlé avec passion et je te comprends. Autrefois l’on chassait pour manger, maintenant on tue pour le plaisir. On a remis au goût du jour les chasses du président..quelle honte! et parlons de la corrida que je considère comme une abomination.
    Un très bel article, merci.
    chatou

    Aimé par 1 personne

    1. Salut Chatou,
      merci pour ta lecture, j’apprécie ta sensibilité à ce sujet important du bien-être animal.
      Je suis d’accord avec toi, la corrida fait également partie des vieilles traditions qu’il faut abolir. La corrida a un côté encore plus vicieux que la chasse, car la mise à mort est assurée, et approuvée, fêtée même, par le public. De gros progrès restent encore à faire pour protéger nos cousins animaux.
      à bientôt
      Benjamin

      Aimé par 1 personne

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