Les lamiers sont des plantes herbacées sauvages de plus en plus invités dans les jardins. Outre sa belle floraison, et son feuillage généreux qui agrémentent facilement un coin d’ombre, les lamiers, blanc, jaune, ou pourpres, sont aussi comestibles, et contiennent bien des vitamines. Faciles de culture, voire invasifs si on ne limite pas leur développement, les lamiers se ressèment, tracent, se marcottent spontanément, et peuvent être bouturés sans difficulté.

1 – Description botanique

Lamium de son petit nom latin, cette herbacée à tiges carrées, présente un aspect tapissant, ce qui la distingue de l’ortie, à laquelle elle ressemble par la forme de ses feuilles dentées. Celles ci sont cependant plus petites, tachetées de blanc(panachées), et ne sont pas urticantes. La plante fleurit principalement au début de l’été, certaines variétés jusqu’à l’automne.

La couleur des fleurs varie du blanc au pourpre, le lamier doré étant la variéte la plus lumineuse visuellement.

Les sépales forment un calice en forme de tube se terminant par 5 dents égales, les pétales forment eux une corolle à deux lèvres, la supérieure en forme de casque, masquant les étamines, à 3 lobes, les akènes sont tronqués au sommet. On dénombre une quarantaine d’espèces réparties entre l’Europe, l’Asie, et l’Afrique du nord.

Surnommée ortie rouge, jaune, rose, ou blanche, car ses fleurs peuvent être blanches, pourpres, jaunes, ou roses selon les variétés.

Le feuillage persistant, panaché de gris, blanc, ou pourpre est sûrement le plus bel avantage du lamier.

La rapidité de sa propagation fait de lui un excellent couvre-sol que vous pouvez utiliser en bordure, en talus, au soleil, ou en zone ombragée, sous un arbre ou au pied d’une haie.

À cause de ce développement prolifique, parfois anarchique, certaines espèces (lamium amplexicaule) sont considérées comme des mauvaises herbes.

Le genre Lamium regroupe des espèces annuelles comme le Lamium purpureum aussi dénommé « ortie rouge » et des espèces vivaces très utilisées dans les jardins.

Le lamier produit de longues tiges traçantes, et carrées, qui ont la particularité de se marcotter plus loin
Photo : Autonomie Jardin

2 – Plantation, et entretien

Les lamiers se plantent au printemps ou à l’automne et idéalement en sol frais et plutôt ombragé, bien que ceux-ci s’adaptent aux endroits ensoleillés, il présentera plus de vigueur en ambiance fraîche. On l’utilise en couvre-sol, en association avec d’autres vivaces, et annuelles, dans les massifs, mais aussi en pot, ou jardinière. Le lamier se prête en outre très bien à l’ornement d’un mur végétal.

  • Une bonne terre de jardin convient très bien au lamier, on peut apporter un peu de compost à la plantation si le sol est pauvre, ou trop drainant. Si votre sol est lourd, et argileux, un apport de sable de rivière peut être effectué.
  • Bien que les lamiums tolèrent le plein soleil, il faudra cependant veiller à planter la variété galeobdelon à l’ombre, ou mi-ombre.
  • Espacez chaque plant de 30 cm minimum car les lamiers prendront vite de l’ampleur.

À l’entretien, cette plante est très facile de culture et ne nécessitera quasiment aucun soin.

Aucune taille n’est nécessaire, mais elle peut être utile au printemps si la plante devient envahissante.

On se contentera alors de limiter son développement en rabattant franchement sans risque pour la plante. On en profitera pour faire quelques salades.

Lamiers dorés en association avec des campanules des murs
Photo : Autonomie Jardin

Les lamiers sont assez résistants aux maladies mais peuvent subir des attaques de pucerons, de limaces ou escargots.

On notera également l’excellente rusticité des lamiers, qui encaissent sans broncher des pointes à -20°c.

3 – multiplication

La multiplication se fait essentiellement par division des souches, au printemps, ou à l’automne. Les lamiers vivaces se marcottent spontanément, il est donc facile d’en tirer parti.

Les boutures sont également facilement réalisables. La plante peut raciner dans un verre d’eau placé à l’ombre, ou dans des godets remplis de terreau, sans nécessiter d’hormones de bouturage. Les lamiers racinent très bien à des températures comprises entre 15 et 25°c.

Le semis est également réalisable, mais prend évidemment plus de temps. On le réalise donc surtout pour les variétés annuelles. On sème au début du printemps, en godet ou en terrine, et on maintien le substrat humide , et à une température comprise entre 18 et 25°c jusqu’à la levée, et l’apparition des premières paires de feuilles. Il sera ensuite temps de les repiquer en pot, ou en pleine terre.

Le lamier doré est visuellement le plus lumineux
Photo : Autonomie Jardin

4 – Les différentes espèces

Les lamiers vivaces

Lamier tacheté ‘Beacon Silver’ (Lamium maculatum)

  • Feuillage : Argenté marginé de vert, et Semi-persistant
  • Floraison : Rose de juin à septembre
  • Qualités : Tapissant , se marcotte spontanément
Lamier tacheté ‘Beacon Silver’
Photo : Jardinjasmin.com

Lamier tacheté ‘Cannon’s Gold’ (Lamium maculatum)

  • Feuillage : Doré Semi-persistant
  • Floraison : Rose de juin à septembre
  • Qualités : Tapissant comme le précédent, son développement est important

Ortie jaune (Lamium galeobdolon)

Ortie jaune (Lamium galeobdolon)
Photo : Visioflora.com
  • Feuillage : Vert pâle Semi-persistant
  • Floraison : Jaune De juin à juillet
  • Qualités : 40 cm de hauteur Zone ombragée et humide
Lamier doré (Lamium galeobdolon florentinum) variante au feuillage bicolor
Photo : Vivacesmerlebleu.com

Lamier Orvale(Lamium orvala)

  • Feuillage : Vertes Semi-persistant
  • Floraison : Rose De mai à juillet
  • Qualités : Non invasif, hauteur de 50cm
Lamier Orvale(Lamium orvala)
Photo : Promessedefleurs.com

Lamier blanc (Lamium album)

  • Feuillage : Vert Semi-persistant
  • Floraison : Blanche de mai à juillet
  • Qualités : Sauvage De 50 cm de hauteur
Lamier blanc (Lamium album)
Photo : Lepetitherboriste.net

Le lamier annuel

Ortie rouge (Lamium purpureum)

  • Feuillage : Vert rougeâtre
  • Floraison : mauve à pourpre de mai à septembre
  • Qualités : Se ressème spontanément en sous-bois
Ortie rouge (Lamium purpureum)
Photo : Visioflora.com

5 – utilisations médicinales, et culinaires

Le lamier a des applications en cuisine, mais aussi en phytothérapie, en utilisation au potager,planté en association avec la pomme de terre, il semble repousser les doryphores et améliorer le goût des pommes de terre. Lamium purpureum est astringente, sudorifique, diurétique, purgatif et styptique. Une décoction de la plante est particulièrement utile pour contrôler tout type d’hémorragie, tandis que les feuilles fraîches meurtries peuvent être appliquées sur des coupures et des plaies externes.

Les préparations à base de lamier blanc sont utilisées comme traitement complémentaire des troubles digestifs : irritations des muqueuses gastriques, flatulence, ballonnement, digestion difficile. Les jeunes feuilles et les fleurs du Lamier blanc (Lamium album) se mangent également en salade. Les sommités fleuries sont utilisées pour soigner la goutte (inflammation des articulations) et possèdent des propriétés expectorante, calmante, cicatrisante astringente contre les hémorragies et les diarrhées.

Les jeunes feuilles et pousses de tous les lamiers peuvent être dégustées en salade, tandis que l’on fera cuire les feuilles anciennes, plus coriaces, on peut alors le cuisiner comme de l’épinard. La saveur du lamier est assez proche de celle du champignon, plus ou moins prononcée en fonction de l’espèce, mais aussi du type de sol sur lequel il se développe.

Ben. MASON

Publié par Ben. Mason

Jardinier autonome, spécialisé en éco-jardinage, et en permaculture.

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2 commentaires

  1. Merci, Benjamin, j’ai déjà rencontré des Lamiers sur mon chemin sans savoir ce que c’était:
    J’avais plutôt tendance à croire que c’était une mauvaise herbe,Je saurai maintenant qu’on peut
    en manger en salade donc c’est un légume de plus à mon catalogue. Elienad

    Aimé par 1 personne

    1. Merci pour votre lecture Elienad, effectivement si il en pousse près de chez vous, ça vous fera une plante en plus pour vos salades composées.
      Attention de ne pas les ramasser à proximité des routes, ou dans des endroits potentiellement pollués comme les squares, terrains vagues, et parcs urbains.
      Bien cordialement
      Benjamin

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