(février 2020)

MENACE SUR LA FORET DE TONGASS

La forêt nationale de Tongass, située en Alaska, est la plus grande forêt des États-Unis. Elle était autrefois connue sous l’appellation Alexander Archipelago Forest Reserve. Ce projet de Théodore Roosevelt a débuté en 1902. Le parc a été développé et renommé en 1908 pour rendre hommage au clan Tongass des indiens Tlingit.

Ce trésor de biodiversité est aujourd’hui menacé par la folie de l’administration Trump.

Forêt de Tongass
Photo : Society for Conservation Biology

1 – Description de la forêt de Tongass

La majorité des 6,9 millions d’hectares de la forêt nationale de Tongass est constituée de glaciers, de rochers ou de broussailles. L’industrie et les écologistes se disputent ces terres boisées où se dressent encore de grands conifères poussant sur des sites peu élevés.

La forêt de Tongass possède une météorologie spéciale : les précipitations atteignent 370 cm par an.

Cette forêt représente un écosystème exceptionnellement riche qui contient plus de matière organique(de biomasse) par hectare que les autres, forêts tropicales comprises. Sans compter les forêts d’algues, tout aussi luxuriantes, qui couvrent les rivages de Tongass à chaque marée basse.

La forêt de Tongass constitue à ce jour non seulement la plus grande réserve de grands arbres des États-Unis, mais aussi près d’un tiers des forêts pluviales tempérées qui subsistent à l’état primaire ou peu exploité dans le monde.

D’une infinie grandeur, les forêts d’Alaska sont aujourd’hui menacées par l’exploitation forestière et pétrolière, notamment en forêt de Tongass, la plus illustre d’entre elles.

Infographie : High Country News

2 – La menace Donald Trump

L’été dernier, alors que les feux dévastaient l’Amazonie et provoquaient une indignation internationale, Donald Trump se faisait discret. Cette discrétion inhabituelle chez lui, après avoir tenté d’acheter le Groenland au Danemark, peut sans doute s’expliquer par le fait que le président américain venait alors de demander à son secrétaire d’État à l’Agriculture d’examiner la possibilité de rendre exploitable une très grande partie de la plus grande forêt des États-Unis. C’est ce que révélait le « Washington Post », le mardi 27 août 2019. Certaines espèces y sont protégées depuis plus de 20 ans de l’exploitation forestière.

L’homme à la houppette improbable, climatosceptique de la première heure, est pourtant clairement bénéficiaire du réchauffement global qui, accélérant la fonte des glaces, lui ouvre ainsi les portes de l’Arctique et de ses ressources. Pétrole et gaz sont les principales ressources convoitées, mais on trouve aussi en Arctique de l’or, du cuivre, du zinc, de l’uranium, du nickel, et des terres rares, les possibilités économiques sont plus qu’ alléchantes pour l’avide président milliardaire. Le moins que l’on puisse dire, c’est que Trump ne perd pas le nord !

L’Alaska représente sans doute pour lui un grand pas vers les ressources de l’Arctique.

Le président Donald semble adepte de la méthode tronçonneuse
Montage photo : Youtube.com

La forêt nationale de Tongass en Alaska s’étend sur 69 000 kilomètres carrés, ce qui fait d’elle la plus grande forêt du pays. Riche d’un écosystème unique au monde où prolifèrent de nombreuses espèces protégées, elle représente à elle seule plus d’un tiers des forêts pluviales tempérées encore à l’état primaire sur la planète. Un véritable trésor écologique, que Trump souhaiterait sacrifier sur l’autel économique américain.

Cette course folle à la croissance économique m’écœure au plus haut point. Cet homme, obsédé par le profit, tuerait sa propre mère si elle pouvait cracher un peu de pétrole.

3 – Zones protégées de la construction de routes

Donald Trump, qui se réclame « réformateur » dans le domaine de la « gestion forestière », fait pression auprès de son ministre Sonny Perdue, pour que plus de la moitié du territoire de la forêt soit ouvert à l’exploitation forestière, minière et énergétique.

Pour cela, il faudrait que soit révisée une décision prise par le président démocrate Bill Clinton quelques jours avant la fin de son mandat en 2001, par laquelle 2,3 millions de kilomètres carrés de forêts jusque-là inexploités partout aux États-Unis se sont retrouvés protégés de la construction de routes, ce qui inclut la moitié de la forêt de Tongass. Le sombre président G.W Bush avait lui aussi tenté d’inverser cette politique en vendant des parties de cette forêt aux plus offrants, avant qu’un juge fédéral ne rétablisse « la mesure Clinton ».

Photo : Pixabay.com

Selon les organisations régionales de développement le secteur du bois ne représente qu’une petite fraction des emplois en Alaska, loin derrière la pêche et le tourisme. Mais, d’après les autorités locales, les zones de forêt protégées de la construction de routes constituent un frein aux activités économiques. Les autorités aimeraient donc pouvoir sournoisement contourner ces règles environnementales. Ces dirigeants voient en Trump un allié puissant pour faire assouplir ces règles, et ainsi faire rentrer des dollars frais, au dépend de la planète. Ces gens là bouffent le monde, et surtout ils nous pompent l’air, au propre comme au figuré. Pourtant, en 2016, le Congrès avait décrété la forêt de Tongass comme zone sauvage, devant rester inexploitée en toute circonstance.

Selon le New-York Times, la demande de Donald Trump, si elle peut réjouir certains élus républicains, ne semble pas être un bon plan économique. L’industrie du bois y décline fortement depuis des années, et une reprise de l’exploitation forestière de grande ampleur causerait des dommages à 2 autres secteurs importants : le tourisme et les produits de la mer. Le Tongass est en effet la frayère choisie par environ 40 % des saumons sauvages qui évoluent sur la côte ouest.

Les paysages somptueux de la forêt de Tongass sont en sursis
Photo : National Abudon Society

4 – Des forages en réserve naturelle faunique

Les étendues sauvages du nord-est de l’Alaska sont également dans le viseur de Donald Trump. Son abjecte administration met actuellement la dernière main à un plan visant à autoriser le forage de pétrole et de gaz dans une partie du Refuge faunique national Arctic (ANWR), une aire protégée depuis plusieurs décennies. Le US Geological Survey a calculé que la plaine côtière de l’ANWR pourrait contenir entre 4,3 et 11,8 milliards de barils de pétrole brut techniquement récupérable.

Dans un discours évoquant les conséquences de ce plan sur l’environnement, le ministère de l’Intérieur a reconnu que l’exploitation pétrolière de cette plaine côtière pourrait affecter les ours polaires et les caribous qui vivent dans la région, mais a considéré ces impacts comme négligeables, en s’appuyant sur les résultats d’un rapport d’évaluation environnementale partial, et tronqué.

Sceptique sur la rigueur de cette « évaluation scientifique » du département de l’Intérieur, effectuée en moins de 2 ans, le National Resources Defense Council (NRDC) a fait part de son intention de contester ce rapport en intentant une action en justice.

Photo : Wikipedia.org

Pour les défenseurs de l’environnement, dont je fais partie, ces forages sont inadmissibles car ils menacent de modifier à jamais la nature sauvage de l’Alaska, abritant ours polaires, loups, troupeaux de caribous et de nombreux oiseaux migrateurs. Bien que l’étude environnementale prévoie des protections sommaires, comme des zones tampons autour des habitats d’ours blancs et des limitations de l’activité au cours de la saison de mise bas du caribou, nous estimons, en tant que défenseurs de l’environnement, que ces mesures sont loin d’être suffisantes, elles ne compensent, ni n’apportent rien de bénéfique, et surtout ne changent rien au fond du problème. Ces lieux doivent être laissés à la vie sauvage.

La réserve, située au nord-est de l’Alaska, est le plus grand refuge faunique du pays. Presque inhabitée et n’est traversée que par peu de routes, elle est sans doute la plus grande région sauvage encore intacte du pays. Pour combien de temps ?

Bien sûr, nous ne pouvons pas grand-chose face à la folie de Monsieur Trump, mais il est important de relayer cette information, et de dénoncer l’inconséquence de ce sinistre projet. Les incendies dramatiques en Amazonie, et ceux plus récents en Australie, ne doivent pas éclipser le carnage écologique qui se prépare dans le Tongass.

Enfin, comment un homme qui prétend aimer son pays peut il ainsi se permettre de le défigurer ?

Vade retro Donald !

Ben. MASON

Publié par Ben. Mason

Jardinier autonome, spécialisé en éco-jardinage, et en permaculture.

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9 commentaires

  1. Bonjour Benjamin, je soutiens ton article à 200%, je vais être plus bourrin mais ce Trump il est complètement dingue, c’est un malade ce type, la nature, la pollution il en a strictement rien à f….faire! Comme toi, ça me désole de constater cela et dire qu’il pourrait rempiler pour 4 ans de plus!!!
    Bonne fin de semaine et continue tes articles d’utilité publique.
    Stéphane 😉 😊

    Aimé par 3 personnes

    1. Bonsoir Stéphane, merci pour ton attention, et ton soutien. Effectivement, nous n’avons toujours pas le bilan psychiatrique de Donald, mais j’ai bien peur qu’il soit effectivement complètement fou.
      J’espère qu’il ne réussira pas à convaincre une seconde fois les américains, ce serait un vrai désastre pour l’environnement, et pour l’humanité.
      Bon Week-end.
      Benjamin

      Aimé par 1 personne

  2. C est vraiment pas étonnant de la part de Trump il en a rien a faire de la planète….. les Ricains serons les 1er a pleurer leur connerie de non respect de la nature. Sans elle nous somme plus rien… ils devraient réfléchir un peu.

    Aimé par 3 personnes

    1. Salut Holmesfada, c’est vrai que ce n’est pas étonnant de la part de Donald. Ce qui est plus étonnant c’est le soutien des américains à ce personnage. J’espère que les américains auront la jugeotte de le virer aux prochaines élections. Qui sait?
      Je te souhaite un bon Week-end

      Aimé par 1 personne

  3. Je soutiens, moi aussi, à 200% peut-être même à 300 ou 400% si cela avait un impact. Il est à peu près sur qu’il va être réélu. J’espère qu’il y aura beaucoup de coups de gueule comme le vôtre, car même si cela ne va pas jusqu’à son cerveau d’autres pourront lui expliquer que la planète n’est pas un jeu d’enfant qu’on peut détruire à sa guise après un gros caprice encore moins pour récupérer les richesses du sous sol.
    En tout cas très bel article et très belle forêt. Admirons la et préservons la. Continuez Merci Elienad

    Aimé par 3 personnes

    1. Merci Elienad, comme vous j’espère que quelqu’un pourra faire entendre raison à Trump, mais franchement c’est mal engagé. Néanmoins, il est important qu’un maximum de gens sachent ce que cet individu projette. Les médias ont malheureusement très peu évoqué cette affaire, n’hésitez pas à communiquer autour de vous.
      Bon Week-end

      Aimé par 1 personne

  4. Bonsoir Ben et merci de nous éclairer avec ce nouvel article. Je ne crois pas à l’avenir de cet homme mais ce sera compliqué. Je pense que Bernie Sanders va remporter l’investiture démocrate. C’est un homme convaincu investi et je crois, sans être naïf, sincère. Le risque C’est si bloomberg se présente…. Ceci dit, le problème qqsoit le président élu c’est le fondement de leur civilisation basée sur l’expansion et la croissance matérielle qui a toujours été à l’opposé de la civilisation amérindienne. Je pense moi que le prochain président de la planète toute entière sera une femme. Elle sera ferme, radicale et sévère su nous n’écoutons pas ses recommandations. Elle s’appelle la nature.

    Aimé par 3 personnes

    1. Salut Alan, merci pour tes mots je partage ton point de vue concernant la politique américaine. Il n’ont jamais fait grand cas de l’environnement. Je pense également que Sanders peut réussir à convaincre les américains que la plaisanterie Donald n’a que trop durée.
      Il est aussi vrai de dire que lorsque mère nature nous refusera son sein, lorsqu’elle ne pourra plus nous porter tous, ni nous supporter davantage, celle-ci sera en effet bien plus tyrannique que ne l’ont été les dictateurs. Des jours sombres approchent si nous ne prenons pas rapidement des responsabilités environnementales, ainsi que des mesures conséquentes dans tous nos secteurs d’activité.
      Peut être une femme autre que la nature pourra remettre un peu d’ordre, de raison, et de douceur dans ce monde à l’envers. Cependant, je pense que c’est le collectif qui nous sauvera, ou l’égocentrisme nous emportera.
      Je te souhaite un bon week-end

      Aimé par 1 personne

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