PAUL WATSON

Portrait d’un pirate au grand cœur

Paul WATSON Fondateur de Sea Shepherd
Photo : Earthnetwork.news

Aujourd’hui je vous propose un petit zoom sur une personnalité plus bleue que verte. Paul WATSON n’en demeure pas moins un écologiste engagé, dont le travail, axé sur la protection des océans est absolument remarquable. Controversé pour ses méthodes parfois expéditives, l’activiste n’est cependant animé que de bonnes intentions. Depuis des décennies WATSON a pris fait et cause pour la défense des mammifères marins, particulièrement pour les baleines, animaux marins emblématiques aujourd’hui menacés d’extinction.

Lumières sur une carrière écologiste houleuse, qui l’a mené à sillonner tous les océans de la planète.

1 – Biographie de Paul WATSON

Paul WATSON est né le 2 décembre 1950 à Toronto (Ontario). Il est le fils d’Anthony Joseph WATSON et d’Annamarie LARSEN. Il grandit dans la ville de St. Andrews-by-the-Sea, au Nouveau-Brunswick. Jeune déjà, il pistait les trappeurs afin de saboter et détruire leurs pièges. Il officia comme guide à l’Expo 67, l’exposition internationale de Montréal, avant de mettre les voiles pour Vancouver.

En 1968, il intègre les garde-côtes canadiens, où il sert dans des navires météorologiques et des aéroglisseurs de secours en mer. L’année suivante, âgé de 19 ans, il s’enrôle dans la marine marchande à bord d’un navire norvégien, le Bris, en tant que matelot. Ce navire, enregistré à Oslo, naviguait principalement sur l’océan Indien et le Pacifique.

Il fut parmi les premiers à entrer dans les rangs de l’association Greenpeace, en tant que membre d’équipage et skipper, puis en tant que membre du Conseil d’administration.

Il navigue sur des navires de Greenpeace jusqu’au milieu des années 1970, notamment sur le Phyllis Cormack et le Greenpeace Too en 1971 et l’Astral en 1972. Ses relations avec la célèbre association écologique s’enveniment, il leur reproche notamment de ne pas être assez actifs sur le terrain. Bien qu’il fut signataire de l’acte de fondation de Greenpeace, son rôle dans la création de l’association n’est pas déterminé avec précision, et Greenpeace démentira qu’il en ait été un des membres fondateurs. L’association écologiste affirme que Paul WATSON les a rejoint au cours de la campagne d’Amchitka qui serait leur seconde expédition. Le principal intéressé a, pour sa part, toujours clamé que cet événement fut le premier organisé par Greenpeace.

En 1975, il participe à une campagne contre les baleiniers soviétiques. Sur cet épisode clé, il est écrit dans « Biographie du commandant Paul WATSON »:

« Durant cette confrontation, un cachalot harponné surgit dangereusement au-dessus de l’embarcation de Paul. Dans son œil, Paul discerna de la compréhension. Il sentit que l’animal savait pourquoi il était là et ce qu’il essayait de faire. Il vit cet énorme animal se dégager de dessus le Zodiac, glisser dans l’eau et mourir. Cet échange de regards, pendant quelques secondes, changea la vie de Paul pour toujours. Il fit dès lors le vœu de défendre toute sa vie les créatures marines. »

La protection et la sauvegarde des cétacés sont au cœur des combats de Paul WATSON
Photo : Pinterest.com

La légende du pirate au grand cœur venait ainsi de naître. Cette histoire marqua également l’évincement de WATSON par Greenpeace en 1977. Sa conviction en faveur d’actions chocs et directes entre en conflit avec la philosophie de non-violence prônée par l’association écologiste. Son départ sera voté par 11 voix contre une seule qui fut la sienne. Une page est ainsi tournée.

2 – Militant pour la sauvegarde de la vie marine

WATSON fondera dès lors son propre groupe, la Sea Shepherd Conservation Society, la même année. Depuis 2007, une émission de télé-réalité « Justiciers des mers » est consacrée à l’association et aux combats qu’elle mène, ce qui permettra d’asseoir son image de militant actif et engagé.

Antispéciste convaincu, il milite pour le véganisme et une vision du monde basée sur le biocentrisme plutôt que sur l’anthropocentrisme. Végétalien strict, tous les repas servis sur les bateaux de la Sea Shepherd Foundation sont obligatoirement végétaliens.

Paul WATSON devant le « Steve Irwin » l’un des nombreux bâtiments de sa flotte
Photo : Thegeorgiastraight.com

Les campagnes qu’il mène lui ont valu des poursuites judiciaires dans divers États, dont les États-Unis, le Canada, la Norvège, le Costa Rica et le Japon. Il a été emprisonné en Allemagne en mai 2012, à la suite d’une notice rouge émise par Interpol, qui demandait son arrestation afin qu’il puisse être extradé au Costa Rica. Une seconde notice rouge a été émise le 14 septembre 2012, visant cette fois une extradition au Japon.

Après être resté en mer durant quinze mois, WATSON retourne finalement à Los Angeles en octobre 2013. Il n’a pas été arrêté à la douane. Il s’est présenté devant une Cour d’appel américaine et a déclaré que « ni lui, ni son équipe n’avaient violé l’ordonnance qui exigeait de ne pas monter à bord des navires. » L’État américain, pourtant membre signataire d’Interpol, ne l’a pas arrêté. Il s’installe alors dans le Vermont.

Début juillet 2014, il quitte les États-Unis pour la France, où il est accueilli par Brigitte Bardot, dans sa résidence de la Madrague à Saint-Tropez. Ils se connaissent depuis qu’ils se sont rencontrés, en 1977, à l’occasion de leur opération sur la banquise canadienne pour dénoncer le massacre des bébés phoques. Depuis, il s’est installé à Paris.

Réfugié politique à paris, ici sur un pont enjambant la Seine
Photo : Youtube.com

3 – Principaux faits d’arme

En octobre 1969, Paul WATSON participe à une protestation du Sierra Club contre les essais nucléaires sur l’île Amchitka. Les personnes présentes à cette manifestation ont créé le Don’t Make a Wave Committee(Comité ne fait pas de vague), un groupe qui deviendra par la suite Greenpeace.

En 1973, il aide les services de soins de l’American Indian Movement, pendant la crise de Wounded Knee, dans le Dakota du Sud, lors de laquelle le mouvement amérindien occupe une réserve indienne pour protester contre la politique du gouvernement U.S.

Paul WATSON est également correspondant de l’association Defenders of Wildlife entre 1976 et 1980, et représentant de la Fund for Animals entre 1978 et 1981. Il est aussi le cofondateur des associations Friends of the Wolf et Earthforce Environmental Society.

Dans les années 1980, il affirme son soutien à l’association Earth First! et se lie d’amitié avec ses dirigeants, David Foreman et Edward Abbey. Il proclame que Sea Shepherd est la marine d’Earth First! Il remet notamment au goût du jour la tradition de cloutage des arbres, datant du xixe siècle.

En 1980, il se présente aux élections fédérales canadiennes à Vancouver, proclamant qu’il n’est pas un homme politique mais un écologiste. Il ne bénificiera que de moins de 100 voix.

Il travaillera avec le Parti vert de la Colombie-Britannique dans les années 1980 et 1990, obtenant 15 000 votes lors des élections municipales de 1986 en Colombie-Britannique. En dépit de son arrestation en Islande durant sa campagne, il se présente au poste de maire de Vancouver en 1996, mais finit 4ème.

Ses relations avec le Parti vert du Canada sont quant à elles bien plus houleuses. Il est désigné candidat de ce parti à Vancouver en 1988, mais coup de théâtre à mi-campagne, il se range finalement du côté du Nouveau Parti démocratique.

Entre 1990 et 1994, il enseigne l’écologie à l’université de Pasadena et donne quelques conférences de sensibilisation environnementales.

L’association dirigée par WATSON lutte activement contre la chasse à la baleine, les opérations sont souvent mouvementés
Photo : Parismatch.fr

En avril 2003, il est élu au comité directeur du Sierra Club pour un mandat de 3 ans. En 2006, il démissionne un mois avant la fin de son mandat et ne se représentera pas. Il entend ainsi protester contre le soutien de l’association à un essai littéraire intitulé «Pourquoi je chasse ».

Il s’allie au cacique Raoni Metuktire grâce au rapprochement de Sea Shepherd avec Planète Amazone. Il soutient tout d’abord sa pétition contre le barrage de Belo Monte lancée en 2010 et participera au spot de sa campagne européenne S.O.S. Amazônia Tour en 2014. Pendant la COP21, les deux hommes sont côte à côte alors qu’est lancée l’Alliance des Gardiens de Mère Nature. Ensemble, ils appellent à unir les peuples indigènes et leurs alliés du monde entier autour des enjeux climatiques et de préservation de la biodiversité. En 2016, Paul Watson aide au financement d’une grande assemblée de cette Alliance au Brésil, autour du chef indien Raoni.

Il sera en outre honoré par deux distinctions ;

  • 2000 : Time Magazine le désigne comme l’un des héros écologistes du 20ème siècle.
  • 2008 : The Guardian l’a élu comme l’une des « 50 personnalités qui pourraient sauver le monde », pour son travail avec Sea Shepherd.

WATSON sera également auteur de plusieurs livres, parmi les plus populaires on peut citer :

  • Sea Shepherd: My Fight for Whales and Seals, as told to Warren Rogers (en), 1981
Photo : U-Culture-merchant-center
  • Earthforce! An Earth Warrior’s Guide to Strategy (en), 1993
Photo : The-dissident.eu
  • Ocean Warrior: My Battle to End the Illegal Slaughter on the High Seas(en) , 1994
  • Au nom des mers: les confessions d’un éco-guerrier, Éditions Le Pré aux clercs(fr), 1996
  • Seal Wars: Twenty-Five Years on the Front Lines With the Harp Seals (en), 2002
  • Capitaine Paul Watson, entretien avec un pirate, avec Lamya Essemlali, Éditions Glenat (en), 2012
Photo : Momox-shop.fr
  • Ocean Warrior. La genèse de Sea Shepherd, Black-star(s) éditions(fr), 2013 [édition revue et corrigée de celle parue chez Le Pré aux clercs]
  • URGENCE ! Si l’océan meurt nous mourrons (fr), 2016
Photo : Veggiebulle.fr
  • Moi, Capitaine Paul Watson, pirate des océans, avec Hédi Benyounes, Glénat Jeunesse, 2016

4 – Citations de Paul WATSON

Voici quelques citations tirés des ouvrages de Paul WATSON :

« Aucun gouvernement ne veut assumer la responsabilité du changement climatique, mais tous les gouvernements tirent profil de ses causes. »

« La première loi de l’évolution est: s’adapter ou mourir. »

« En 1965 l’eau était gratuite. Bientôt, elle coûtera plus cher que l’essence. »

« Je me sentais de plus en plus désabusé vis-à-vis de ces grandes organisations de l’éco-business. Seuls le Fonds pour les animaux et Les Amis de le Terre nous aidèrent. Les autres, je me demandais ce qu’ils pouvaient bien faire de l’argent amassé. »

« Si nous voulons survivre sur cette planète, nous allons devoir intégrer qu’il nous faut vivre en concordance avec les lois de l’écologie :

– La 1ère loi est la diversité…

– La 2ème loi est l’interdépendance : toute les espèces sont interdépendantes

– La 3ème loi de l’écologie est la loi des ressources finies : il y a une limite à la croissance et une limite à la capacité de charge de la planète. »

« Nous sommes des passagers(sur la terre (ndlr)), nous ne sommes pas l’équipage. »

Photo : Youtube.com

Paul WATSON

5 – Sea Shepherd une ONG qui ne manque pas de mordant

Le premier navire de l’association, le Sea Shepherd (« Berger de la Mer ») est acheté en décembre 1978, avec l’aide de la Fund for Animals. Dès ses débuts, l’organisation se forge une réputation, les actions directes qu’elle mène sont souvent controversées.

Ses tactiques incluent la projection d’objets sur les ponts des navires baleiniers, l’espionnage de ces navires illégaux en pleine mer, l’abordage ou le sabotage, notamment de deux navires dans un port islandais. En tout, il aurait mis fin à la carrière de neuf baleiniers illégaux. Paul WATSON reste le chef de l’association, appelé « Capitaine » par ses membres bien qu’il n’ait jamais été nommé Capitaine.

Le « Ady Gil », une vraie Batmobile des mers, détruite lors d’une opération contre des baleiniers japonais
Photo : Seashepherd.wikia.com

Le 6 janvier 2010, son nouveau bateau rapide, le Ady Gil est fracturé en deux par la collision volontaire d’un baleinier japonais au large de l’Australie. La collision a lieu à la fin d’une attaque des Sea Shepherd alors que l’Ady Gil n’avait plus de carburant, tandis que Paul WATSON (à bord du Steve Irwin) se dirigeait vers le lieu d’immobilisation du trimaran. Parmi l’équipage, un caméraman est blessé (avec une côte brisée).

Contre vents, marées, et baleiniers rien n’arrête Paul WATSON
Photo : Seashepherd.org.uk

Cette même année, WATSON reçoit pas moins de 120 000 $ de la part de Sea Shepherd. En janvier 2013, il renonce au titre de capitaine du Steve Irwin. En raison de nombreuses complications judiciaires, il renoncera également à la présidence de l’association, afin de se conformer aux modalités d’une injonction qui lui interdit de s’approcher des navires baleiniers japonais.

6 – Controverses, et mésentente avec la presse

Avec les médias ce n’est pas le grand amour, loin s’en faudrait.En 1993, WATSON publie « Earthforce! », un guide stratégique pour les activistes écologistes. Dans cet ouvrage, il déclare approuver la tactique du sabotage déjà décrite par Edward Abbey et y exprime le mépris qu’il a envers les médias mainstream. Selon lui, ce sont ces médias qui définissent ce qui est vrai et ce qui est juste dans le monde actuel. Il pense à juste titre que les médias ne disent pas la vérité, du moins pas toute la vérité.

Cependant, depuis qu’il a trouvé refuge en France, en juillet 2014, d’abord chez Brigitte Bardot, ses relations avec les médias grand public ont évolué comme en témoignent ses nombreuses apparitions et interviews, notamment dans l’hebdomadaire Paris Match. Il se montre ainsi, avec sa dernière épouse, en compagnie de « people » lors d’une soirée gala branchée consacrée à l’écologie.

Certains médias ainsi que les adversaires des écologistes considèrent Paul WATSON comme un pirate ou un « écoterroriste », thème de plus en plus en vogue à mesure que les polémiques environnementales s’accentuent. Des militants écologistes comme Steven Guilbeault ou Hubert Reeves estiment qu’il donne une mauvaise image de leur combat et certains de ses anciens compagnons de lutte de Greenpeace ont pris leurs distances avec lui, comme John Fritzell, directeur de Greenpeace qui l’a traité publiquement d’irresponsable. Dans une interview donnée au Los Angeles Times, Jim Bohlen, autre cofondateur de Greenpeace, va même jusqu’à le dénigrer.

Peu importe le gréement pourvu que la cause soit juste
Photo : Sea shepherd.org

Paul WATSON sera aussi critiqué par les associations de défenses des droits indigènes pour avoir protesté contre l’autorisation donnée à la tribu Makah de pêcher des baleines, dans l’État de Washington.

Le 4 avril 2008, ses propos au sujet de la mort accidentelle de quatre chasseurs de phoques durant le remorquage de leur navire par les gardes-côte canadiens créent une controverse. Un communiqué de Sea Shepherd écrit « la mort de quatre chasseurs de phoques est une tragédie mais […] le massacre de centaines de milliers de bébés phoques est une tragédie encore plus importante » Des habitants et pêcheurs des îles Saint-Pierre et Miquelon choqués par cette déclaration chassent alors Paul WATSON et l’équipage du Farley Mowat de l’archipel. Il a d’ailleurs qualifié les chasseurs de phoques de « singes armés de gourdins qui terrifient des bébés phoques impuissants ».

En 1993, Paul WATSON est arrêté au Canada à la suite d’actions contre des bateaux de pêche espagnols et cubains au large de Terre-Neuve. En 1997, la justice norvégienne le condamne, par contumace, pour avoir tenté de couler par sabotage le navire norvégien de pêche au requin Nybrænna en 1992. Cependant, les Pays-Bas refusent de l’extrader en Norvège, alors qu’il vient de passer 60 jours en prison.

Mille sabords ! Avec Capitaine WATSON à la barre les opérations tournent souvent à la joute navale
Photo : Capture d’écran sur Inverse.com

Le 13 mai 2012, il est arrêté à l’aéroport de Francfort-sur-le-Main à la suite d’un mandat d’arrêt émis par le Costa Rica portant sur des faits datant de 2002, après la requalification des charges retenues contre lui en 2011 : il ne s’agit plus de contravention à la réglementation maritime mais de tentatives d’homicide. Le 18 mai, il est libéré sous caution de 250 000 euros, il est alors assigné à résidence et doit se présenter chaque jour au commissariat de police.

WATSON cesse de se soumettre à ce contrôle le 22 juillet 2012. Il se rase la moustache, porte une perruque et rejoint un bateau qui file vers la haute mer pour fuir, ne voulant pas être extradé vers le Japon à la suite d’une demande d’arrestation et d’extradition envoyée par l’ambassade du Japon à Berlin au ministère allemand des affaires étrangères le 19 juillet. Le 7 août 2012, Interpol met à jour la notice le concernant à la suite de sa fuite d’Allemagne en émettant une notice rouge, relayant ainsi le mandat d’arrêt du Costa Rica. Le 14 septembre, Interpol émet une nouvelle notice rouge à la demande des autorités japonaises pour deux incidents survenus dans l’océan Antarctique en février 2010.

Le 4 novembre, il apparaît sur le Steve Irwin, en route vers l’Antarctique pour affronter les baleiniers japonais. Le 1er novembre 2013, Paul Watson annonce avoir débarqué le 28 octobre aux États-Unis pour témoigner au procès à Seattle sur l’action de Sea Shepherd en Antarctique contre les baleiniers japonais ; selon Sea Shepherd, il est resté en haute mer depuis sa fuite d’Allemagne.

Les théories écologistes controversées de Paul WATSON sont exposées sur le site de son organisation, en particulier ses conceptions sur la taille optimale de la population humaine et l’organisation d’une société humaine sur la Terre en harmonie avec la nature.

Il déclara publiquement :

« Nous devons réduire radicalement et intelligemment les populations humaines à moins d’un milliard d’individus. Nous devons éliminer le nationalisme et le tribalisme et devenir des Terriens. Et en tant que Terriens, nous devons reconnaître que toutes les autres espèces vivant sur cette planète sont aussi des concitoyens et aussi des Terriens. C’est une planète aux formes de vie incroyablement diverses ; ce n’est pas la planète d’une seule espèce comme beaucoup d’entre nous le croient. »

Bien que ces propos ne soient pas dénués de bon sens, ceux-ci choquent l’opinion publique et alimentent la polémique à son sujet.

Souvent dépeint comme personnalité misanthrope, Paul WATSON a sans doute bien plus grand coeur qu’il n’y paraît
Photo : Torontosun.ca

Pour ne rien arranger à son image, Paul WATSON cultive ouvertement un côté misanthrope :

« C’est certain, je ne suis pas un grand fan de l’espèce humaine dans son ensemble, admet-il sans ironie, mes congénères sont des primates arrogants et incontrôlables. Le monde est rempli de foules décérébrées qui vivent dans des univers fantaisistes basés sur la religion ou le divertissement. » a t’il notamment déclaré.

Pas de doute, l’illustre capitaine WATSON est un homme de conviction intelligent, mais qui a le grand « défaut » de ne pas avoir la langue dans sa poche.

🌎🐋 Je vous souhaite un excellent week-end 🐳🌏

Ben. MASON

Publié par Ben. Mason

Jardinier autonome, spécialisé en éco-jardinage, et en permaculture.

Rejoindre la conversation

18 commentaires

  1. Misanthrope…
    On a malheureusement tendance à mépriser ce trait de personnalité pour lequel j’ai une secrète tendresse (j’ai été touchée en plein coeur par le merveilleux Alceste de Molière depuis le lycée, on ne se refait pas ;)…).
    Alors que pour le devenir il faut s’être très probablement grandement frotté à l’humanité et à toute sa complexité.
    C’est par l’expérience acquise à soutenir son combat, à essuyer des défaites et des victoires que cet homme nous montre un chemin.
    Je lisais récemment que la foi est une expérience tout comme l’exercice de la peinture est une expérience (mot de Hokusaï) , c’est vrai.
    En fait, tout est expérience.
    Mais l’expérience sous-entend l’action.
    C’est ce que cet homme exprime à travers son engagement.
    Je ne savais pas que ma Brigitte Bardot était sa grande amie, je l’apprends grâce à vous.
    Merci beaucoup pour votre article.

    Aimé par 3 personnes

    1. Merci Corinne pour votre message, vos mots sont très juste, tout est affaire d’expérience.
      On comprend bien qu’avec les scènes d’horreur auxquelles il a assisté, ça ne lui donne pas trop envie de se montrer sympa avec les hommes.
      Parfois je m’entend dire que je suis un peu misanthrope moi aussi. Pourtant j’aime mes congénères, je souhaiterai simplement qu’ils aient un comportement plus pacifique et respectueux envers la nature et les animaux. Je considère donc la misanthropie davantage comme une marque de déception vis à vis de ceux que l’on apprécie, plus qu’une haine que l’on cultiverait envers les autres. Nous pouvons parfois être en colère sans pour autant être méchant, ou haineux.

      Je vous souhaite un bon week-end
      Benjamin

      Aimé par 1 personne

      1. C’est exactement ça.
        Quand Alceste devient misanthrope c’est par déception.
        Quand on possède une nature emphatique et profondément bienveillante on ne peut se laisser aller à la haine.
        La colère qui sous tend et que l’on ressent parfois en soi est une énergie qu’il faut bien considérer et prendre dans ses mains car elle peut nous porter à cette action.
        En la canalisant, en la dirigeant avec sagesse elle porte en elle des fruits.
        C’est ce que vous faites à travers votre blog.
        En écrivant, en nommant, en partageant, vous faites votre part, vous agissez avec ardeur et conviction 😉

        Aimé par 2 personnes

  2. Watson , bleu-vert ou rouge-vert? Si je peux comprendre ses sentiments vu ce qu’il a vécu, je pense pour ma part que la défense des animaux et l’écologie devrait être basée sur des actions pacifiques, et le contraire n’apporte que des réactions défavorables qui pour finir nuisent aux causes que les milieux vert veulent défendre.
    Merci de ton écrit si bien documenté.
    Bon week end à toi.
    D

    Aimé par 3 personnes

    1. Merci fuego pour ton commentaire,
      Je suis d’accord avec toi, mais à une considération près. Les actes militants ne desservent pas forcément toujours la cause défendue, mais il faut savoir proportion garder.
      Par exemple, les méthodes sanguinaires des baleiniers ne nuisent pour l’instant pas beaucoup à l’activité qu’ils revendiquent et défendent. Il me semble donc que si les autorités refusent de prendre en compte le problème, il faut alors que les baleiniers trouvent un obstacle sur leur route. chaque action entraîne une réaction, c’est inévitable.
      Si les gouvernements s’en occupaient, il n’y aurait pas besoin d’en arriver à de telles méthodes pour les écologistes. Ce serait donc les autorités qui emploieraient sans doute le même type d’opérations coup de poing, et là tout le monde trouverait cela légitime qu’ils partent à l’abordage de ces gréements diaboliques, pourtant la force reste la force, peu importe qui l’emploie.
      Le problème ici réside dans l’urgence, car pendant que certains pays discutent de l’éventualité d’intervenir, les cétacés se font massacrer. Il faut donc il me semble des personnes courageuses, animées par des convictions fortes pour s’interposer dans cet écocide.

      Je vous souhaite une bonne soirée.
      Benjamin

      Aimé par 1 personne

  3. WATSON rejoint , pour moi, les grands pirates de l’Histoire J’aime le histoires de pirates, mais à leur différence, celui ci
    n’amasse pas de butin ou de grands trésors ; il se bat pour la survie de la planète et en englobant la terre et la mer, il a tout à fait raison d’attirer notre attention sur les océans. C’est vrai que lorsque les océans mourront nous mourrons aussi. En fait, je vais acheter un de ses livres car le sujet m’intéresse. Merci pour cette présentation très claire et très fouillée. Bonne soirée

    Aimé par 1 personne

    1. Bonsoir elienad, merci pour votre mot.
      N’oublions pas tout de même que Watson a su tirer de ces actions quelques bénéfices financiers non négligeables. Je ne sais pas si cet homme est totalement désintéresser, mais ce n’est pas un pillard, contrairement aux baleiniers qui eux écumes les océans pour y massacrer la faune, et en tirer profit.
      Je vous recommande toutefois ses livres qui sont effectivement très bien amenés, et très engagés sur ce sujet important qu’est la sauvegarde des océans et de la faune qui y vit.
      Je vous souhaite un bon week-end.

      Benjamin

      J'aime

    1. Merci Tu Hong, comme tu dis c’est un homme de convictions, et il s’y tient. Ses actions sont parfois controversées, mais sa cause est des plus noble.
      Je l’admire également beaucoup pour ces livres, et conférences qui permettent une information du public quant aux atrocités qui se jouent en haute mer.

      Je te souhaite une bonne soirée

      Ben

      Aimé par 1 personne

    1. Merci Holmes, c’est vrai que les Watson sont au petit soin de mère nature, c’est élémentaire. Ne dit on pas d’ailleurs Docteur Watson?

      Merci pour ton passage et ton mot.
      Je et souhaite un beau week-end
      à bientôt
      Doc Wat’s

      J'aime

  4. Grâce à ton article je connais mieux doc watson et son parcours. Il y va pas de main morte (comme tous les pirates!). Ton article est complet et objectif. Tu parles de ses actions ou de ses paroles controversées par exemple. Je ne partage pas sa vision de limiter la population humaine à un milliard même s’il est vrai que notre nombre et surtout nos modes de consommation deviennent inquiétants. Pour ses opérations d’abordage, si les polices des états ne font pas respecter la légalité, je peux comprendre sa détermination. Toujours pareil. Qui est violent ou le plus violent?
    Perso, je n’aime pas l’emblème de sea sheperd car elle véhicule une image de pirate certes, mais négative pour moi.
    En tout cas, je suis impressionné par certains destins et parcours de ces personnes entières et qui s’engagent très concrètement pendant que beaucoup de politiques ne font finalement que des discours.
    Merci Ben pour cette riche rubrique de portraits que j’apprécie tout particulièrement. J’ai toujours aimé les bios.
    A bientôt
    Alan

    Aimé par 2 personnes

    1. Merci Alan pour ton appréciation,
      Je ne partage pas non plus sa vision quant au milliard d’individus qu’il semble souhaiter, je pense par ailleurs qu’il fait référence à un idéal pour l’équilibre de la planète. Cependant, cet idéal n’est évidemment pas une réalité puisque nous sommes plus de 7 fois ce nombre, et il est évident qu’on ne va pas procéder à l’holocauste de plus de 6 milliard de personnes(enfin j’espère pas). Je ne crois pas non plus que ce soit ce que Watson souhaite, probablement que ces propos sont destinés à faire réagir, ce qui marche plutôt bien.

      L’emblème me semble avoir été choisi dans le même esprit de provocation, mais aussi parce que ce pavillon noir à tête de mort est intimidant pour l’ennemi, raison pour laquelle les pirates l’utilisaient jadis. Le revers de la médaille c’est que ça donne effectivement une image barbare de son organisation.
      Watson n’est apparemment pas très doué en diplomatie et communication, il faut bien le reconnaître.
      Néanmoins il reste un personnage charismatique et emblématique de l’activisme écologique, et ses méthodes se justifient (en partie du moins) selon moi de par les excès du camp adverse.

      Excellente soirée à toi, amateur des bios… et du bio😉

      Ben

      J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :