Les incroyables bienfaits du souci des champs

Il existe à l’état sauvage un souci aux fleurs certes plus petites que sur le souci cultivé, mais dont le nombre important, et la durée prolongée de sa floraison présente un intérêt esthétique tout aussi sympathique que celui de son homologue des jardins. De plus, les fleurs du souci des champs peuvent être consommées, notamment en infusion, et possèdent de nombreuses indications thérapeutiques. Souvent considérée à tort comme une mauvaise herbe, cette plante joue pourtant un rôle important au niveau de la biologie du sol. Pour débuter cette nouvelle année en bonne santé, et en pleine forme, considérons ensemble les soucis sous un autre angle.

Photo: Autonomie Jardin

1 – Description botanique

Le Souci des champs (Calendula arvensis), est un souci sauvage, c’est une espèce de plantes herbacées de la famille des Asteraceae.

La plante est aussi appelée Souci des Vignes, Gauchefer ou Fleur de tous les mois en raison de sa floraison prolongée tout au long de l’année. Elle mesure entre 10 et 30 cm de hauteur, et autant en largeur.

Les feuilles sont recouvertes d’un fin duvet, et sont plutôt de formes lancéolées.

Les fleurs de couleur jaune-orangée peuvent être ramassées soit ouvertes, soit partiellement fermées.

Le réceptacle vert de la fleur présente au touché un aspect un peu collant, comme la fleur de souci officinale. Ceci est dû à la présence de résines qui possèdent des vertus médicinales. Il faut donc cueillir la fleur entière et pas seulement les pétales.

Type :Herbacée
Cycle :Annuelle
Floraison: Janvier Décembre
Couleurs :Jaune Orange
Exposition :Soleil
Eau :Moyen
Sol :Calcaire, Argileux, Drainé
Rusticité :zone 10 : -1 à -5°C
Multiplication :Semis
Toxicité :Comestible Fleur
Médicinale :Feuille Fleur
Propriétés :Anti-inflammatoire, Anti-oxydante, Cicatrisante, Fongicide, Tinctoriale

L’odeur de la fleur est très caractéristique, cette une odeur résineuse bien particulière.

De petits fruits, des graines qui sont courbés en forme de « J » majuscule et couverts d’aspérités, comme les graines du souci des jardins, mais en plus petit, succèdent à la fleur. Ces petites graines se disséminent très aisément et assurent spontanément le retour de cette plante annuelle. Sa prolifération est rapide car les graines peuvent germer tout au long de l’année tant qu’il fait doux.

C’est une plante originaire des régions méditerranéennes, dans les autres régions où elle a été introduite il y a longtemps, elle s’est naturalisée mais se cantonne aux parcelles cultivées, les champs et les vignes.

2 – Mode de culture et développement

Le souci des champs étant une plante annuelle, elle ne se multiplie que par semis. Vous pouvez semez les graines à la volée directement en place sur un sol préalablement décompacté, la période idéale pour les semis se situe en avril-mai. Arrosez bien, en pluie, après avoir semé, cela permettra aux graines de s’enfoncer un peu dans le sol, et à lever leur état de dormance.

Les semis lèvent en quelques jours, et la plante se développe vite. Je vous conseille donc d’éclaircir un peu vos jeunes plantules pour ne pas être trop envahi.

En fin de floraison, il vous suffit de récupérer les graine sur les fleurs fanées, afin de pouvoir les ressemer à votre guise. On peut également laisser faire la nature, et laisser les soucis se multiplier spontanément, on se contentera alors d’arracher ceux qui nous dérange, ou qui entre trop en compétition avec d’autres végétaux cultivés.

Comme expliqué au premier point, le souci à tendance à germer un petit peu toute l’année si il ne fait pas trop froid. Cela engendre donc de multiples générations qui se succèdent, tant et si bien que vous pouvez apercevoir des fleurs quasiment toute l’année. Cependant, les fleurs sont plus généreuses en début d’été, ainsi qu’à l’automne, périodes idéales pour en faire la récolte.

Photo: Autonomie Jardin

Le souci des champs pousse très bien en sol drainant, en plein soleil, ou à mi-ombre, et ne se montre pas très gourmand en eau.

3 – Bio-indication et intérêts écologiques

Attractive pour les abeilles, cette plante est une excellente source de nectar en termes d’approvisionnement en pollen, ce qui est particulièrement bénéfique pour les abeilles domestiques et solitaires, ainsi que pour d’autres insectes pollinisateurs. Il existe plus de 500 espèces différentes d’abeilles solitaires, ainsi que d’autres pollinisateurs opportunistes qui apprécieront la présence de cette fleur sauvage.

En bio-indication, sa présence indique que votre sol ne contient que , très peu d’argile et d’humus, ce qui est le cas dans les sables des fleuves et des rivières des régions méditerranéennes, mais aussi de la Sologne et les arènes granitiques.

Le souci des champs apprécie les sols à faible pouvoir de fixation des éléments fertilisants et dans le quel l’eau s’infiltre facilement, tout comme la petite oseille (Rumex acetosella), la miborée naine (Mibora minima), ou encore la spergule des champs (Spergula arvensis).

Le cycle constant de pousse du souci des champs permet de produire beaucoup de matière organique, ce qui finira par rendre le sol plus humifère. Les racines contribueront à maintenir le sol en place en cas de précipitations intenses, et prévient donc le phénomène d’érosion des sols.

Enfin, bien que je ne trouve aucune étude qui valide ce fait, je pense que le souci des champs peut avoir un effet nématicide et antifongique à l’instar de l’œillet d’Inde, ce qui en théorie devrait limiter le développement de ces pathogènes évoluant dans le sol.

4 – Vertus thérapeutiques

Pour débuter la nouvelle année sur des bases sanitaires plus solides qu’en 2020, sachez que les soucis peuvent grandement nous aider à maintenir une santé de fer. Qu’il s’agisse du souci des champs, ou de son cousin cultivé le souci officinal, le calendula est reconnu depuis l’antiquité pour ses vertus anti-inflammatoire, anti-oxydante, cicatrisante, fongicide, mais aussi tinctoriale.

On peut faire sécher les fleurs et en faire une teinture, mais pour une bonne extraction des résines il faut utiliser un alcool à 70° car la plante en contient beaucoup.

Photo: Autonomie Jardin

Utilisation de la teinture diluée :

Pour toute ulcération des muqueuses digestives et les ulcérations buccales : aphtes, gingivites, les petites blessures telles que morsure de la langue ou de l’intérieur de la joue.

Le souci est indiqué pour tout ce qui est enflammé et ulcéré dans le tube digestif.

On peut en faire aussi un bon macérât huileux, vraiment réparateur et cicatrisant.

Ce macérat huileux, peut être utiliser pour tout les problèmes liés à la peau :

-Eczéma

-Psoriasis

-Peau rouge, peau enflammée

-Erythèmes fessiers

-Inflammations vaginales

Par ailleurs ce macérât huileux se révélerait excellent pour les sécheresses vaginales pendant la ménopause.

Excellent également en ce qui concerne les problèmes de retour veineux tels que les varices ou les hémorroïdes.

On peut donc se masser les jambes avec un macérât huileux de souci afin d’atténuer ces problèmes désagréables.

Il s’avère aussi que le souci des champs est un antibactérien et un antifongique de premier ordre.

On peut donc diluer la teinture dans un peu d’eau, à raison de ¼ de teinture de souci et ¾ d’eau et tamponner une plaie pour la désinfecter.

Vous pouvez également faire un bain de bouche avec une teinture diluée de fleurs de souci il aidera à éliminer les bactéries responsables de la plaque dentaire.

Concernant l’estomac, les études montrent que le souci a un effet anti-bactérien et prévient donc le développement de nombreux ulcères.

Le souci détruit aussi les bactéries de type campylobacter qui sont responsables de nombreuses infections entériques et intoxications alimentaires. De plus, il répare la muqueuse au passage, ce qui est un must.

Enfin, le souci s’utilise en infusion, mais il sera moins efficace qu’en teinture car l’eau bouillante ne suffit pas à en extraire toutes les résines. Cependant, il existe une méthode pour optimiser votre infusion de fleurs de souci.

-Écrasez une belle pincée de fleurs séchées dans une tasse.

-Ensuite rajoutez un tout petit peu d’alcool fort, pas d’alcool dénaturé, de l’alcool de consommation et il faut que le degré soit supérieur à 80° pour diluer correctement les résines. Pour trouver de l’alcool fort, si vous vivez en France, il faudra aller faire une petite visite des pays voisins, vous y trouverez en principe de l’alcool jusqu’à 96°.

-Versez juste un petit filet d’alcool pur.

-Écrasez bien les fleurs au fond de la tasse puis attendez 30 minutes.

-Ensuite vous pourrez verser l’eau frémissante par-dessus et laisserez infuser 5 à 6 minutes.

Photo: Autonomie Jardin

Avant de conclure cet article par le désormais traditionnel dicton du jardinier, je tiens à remercier tous mes lecteurs et soutiens. Vous êtes de plus en plus nombreux à suivre mes articles, et j’ai plaisir en retour à visiter aussi souvent que possible vos blogs et travaux respectifs. Il est vrai qu’il n’est pas toujours facile de trouver du temps pour suivre assidûment tout le monde, j’en suis bien conscient, et vous remercie donc infiniment de prendre de votre temps pour me lire, déposer des « like », et de sympathiques appréciations qui me font toujours chaud au cœur. Aussi je m’efforce de répondre à chacun de vos messages, quelquefois nombreux, ce qui explique parfois un décalage dans le temps de réponse. Je vous prie de bien vouloir m’en excuser, mais sachez que je reste à votre disposition si vous souhaitez avoir des conseils ou informations dans les domaines du jardin, des plantes, ou de l’écologie, il vous suffit de me contacter via le formulaire de contact, en page d’accueil.

C’est avec joie, et plaisir que j’entame avec vous une nouvelle année de publications écologiques, et botaniques qui je l’espère continueront de susciter votre intérêt, notamment par quelques nouveautés à venir.

Enfin, je vous souhaites à toutes, et à tous, une année de réussite dans vos projets, de sérénité retrouvée, et surtout une excellente santé, avec le souci, mais sans les problèmes.

Ben. MASON

Le dicton du jardinier

🌧« Quand l’an entre en nageant, on peut plaindre le paysan. »🌧

Proverbe du Dauphiné

Publié par Ben. Mason

Jardinier autonome, spécialisé en éco-jardinage, et en permaculture.

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19 commentaires

  1. Un grand merci pour cet article (que je ne crois pas entièrement dû au hasard…) qui m’informe sur une belle plante apparue récemment sur ma terrasse et qui vient ensoleiller une journée pluvieuse !
    Bravo pour votre initiative d’avoir créé ce blog très intéressant et que cette nouvelle année vous soit le plus favorable possible malgré les conditions actuelles.
    Et comme on dit en breton : Bloavez mad !

    Aimé par 2 personnes

    1. Bonjour Grainedeverdure,
      La rusticité va jusqu’à -5°, merci de me signaler cette imprécision. Si la terre est trop argileuse la culture sera délicate, mais on peut amender avec un apport de sable de rivière qui assurera un meilleur drainage.
      Bonne année, et belle journée à toi

      Ben

      Aimé par 1 personne

  2. Ben,
    Que voici une belle brassée de fleurs des champs, les fleurs sont des messagères, je les aime tellement.
    Tu me donnes envie de mettre des soucis au jardin 😉
    Ben merci pour tous tes articles de fond, de passion, et pour ton immense bienveillance.
    Je te souhaite une bonne et heureuse année pleine de découvertes, de projets, de joies et d’un millier de bonheurs !
    Je t’embrasse fort
    Corinne

    Aimé par 1 personne

  3. Bonjour Je découvre ton blog et je te souhaite pour 2021 une multitude de découvertes riches d’enseignements que la nature nous permet d’observer,afin de nous garder des maux de notre époque et avoir encore de belles années a s’émerveiller de celle ci. Au plaisir Mary

    Aimé par 1 personne

  4. Merci Ben en retour pour vos articles qui sont très complets. C’est la première fois que je laisse un commentaire parce que comme vous j’ai du mal à suivre tout le monde. Mais là votre dicton du jour m’a fait sourire : je commence l’année avec un jardin sous l’eau. La tempête Bella a provoqué quelques inondations sans dégât matériel fort heureusement mais je m’inquiète tout de même de toutes ces plantations que j’ai entrepris cet hiver dans mon jardin tout jeune. J’espère surtout que les arbres ne vont pas mourir.
    Très belle année à vous, continuez de nous régaler avec vos blogs, on en a besoin 🙂

    Aimé par 1 personne

    1. Merci Estelle pour vos encouragements, et votre suivi.
      Effectivement, que d’eau en ce début d’année, même ici dans le Var. Heureusement les dictons jardiniers ne sont pas une science exacte, et j’espère donc que la saison à venir sera tout de même bonne. Nous compterons les perte au printemps, mais en attendant, haut les cœurs!
      Je vous souhaite une excellente année, et de belles récoltes.

      Ben

      J'aime

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