Douceur et esthétisme

avec le néflier du Japon

Moins répandu que son homologue allemand, le néflier du Japon est un bel arbre fruitier aux feuilles coriaces et persistantes. Il produit en fin de printemps de délicieux fruit qui ne doivent pas être consommés trop mûrs car ceux ci deviennent âpres suite à une maturation trop longue. De culture relativement aisée, il est cependant à réserver aux régions les plus douces car le gel n’est pas sa tasse de thé, bien qu’il puisse faire face sans encombre à des épisodes gélifs de courte durée.

Nèfles du Japon
Photo : Wikipedia.org

1 – Description botanique

Le néflier du Japon(Eriobotrya japonica) forme un grand arbuste de 4 à 5 mètres de hauteur, et présente un port arrondi.

Ses grandes feuilles persistantes atteignent près de 25 cm de longueur. Elles sont épaisses, ridées, parcourues de nervures profondes. D’un vert foncé brillant sur le dessus, elles sont davantage duveteuses sur le revers qui affiche une belle couleur rouille. Les feuilles peuvent être infusées en tisane.

Les petites fleurs blanches de ce fruitier s’épanouissent en longues grappes retombantes à l’extrémité des rameaux. Comme le revers des feuilles, elles sont recouvertes d’un duvet de couleur rouille elles apparaissent en fin d’automne, et dégagent un agréable parfum.

Floraison du Néflier du Japon
Photo : Wikipedia.org

Le fruit ovale et orange qui succède à la floraison, présente une peau lisse, et ressemble un peu à un abricot : c’est la nèfle du Japon, également parfois appelé bibace.

La nèfle du Japon mûrit durant l’hiver mais ne parvient seulement à maturité complète qu’entre la mi-avril et la fin du mois de juin. Il faut donc des hivers doux pour obtenir des récoltes. C’est un fruit charnu de la taille d’un abricot, jaune orangé, et légèrement allongé. Trois à quatre gros noyaux noirs sont entourées d’une chair parfumée, douce ou légèrement acidulée selon les souches, et la période de récolte.

2- Plantation, culture, et entretien

Moyennement rustique, le néflier du Japon résiste au froid jusqu’ -10 à -12°C à condition que ces températures soient de courte durée. On ne peut donc pas le cultiver en pleine terre dans toutes les régions. Cet arbre exotique apprécie particulièrement le climat doux du Sud-Ouest de la France et de l’ensemble de la façade Atlantique. Il s’implante aussi à merveille sur le pourtour méditerranéen.

Partout ailleurs, il devra être cultivé en bac, comme arbuste d’ornement, mais il ne donnera généralement pas de fruit.

Le néflier du Japon apprécie donc une exposition bien ensoleillée, à l’abri des courants d’air froids. Cette arbre fruitier s’adapte à la plupart des sols. Mais sa préférence ira aux sols fertiles, profonds, et bien drainés. Si votre terre est ingrate, il est souhaitable de faire un bel apport de fumier ou de compost avant de procéder à sa plantation.

Photo : Smanteau.fr

Plantation du néflier :

– Attendez la fin de l’été (septembre) pour effectuer la plantation. Le néflier du Japon s’achète généralement en conteneur. Il s’agit souvent d’arbres greffés sur aubépine ou cognassier que l’on a cultivé en tige ou demi-tige.

– Creusez un trou d’au moins 30 cm de largeur et de profondeur.

Pendant ce temps, laissez tremper la motte dans un seau d’eau pour bien l’humidifier.

-Ameublissez soigneusement le fond. Si la terre est lourde, vous pouvez déposer un lit de 10 cm de gravier pour améliorer le drainage.

– Mélangez la terre de surface extraite à un tiers de sable et un autre tiers de bon compost ou de fumier.

– Versez au fond du trou une couche de 10 à 15 cm de mélange.

– Enfoncez solidement le tuteur qui va le soutenir durant les trois premières années.

– Dépotez le néflier du Japon, démêlez un maximum de racines les plus basses, puis installez-le à sa place, au centre du trou.

– Rebouchez les espaces vides avec le mélange de terre préparé. La motte doit affleurer en surface.

– Tassez un peu avec les mains à la base du tronc, attachez l’arbre ou tuteur sans trop serrer le lien puis terminez cette plantation par un arrosage copieux.

Dans les semaines qui suivent, en particulier si l’arrière-saison est sèche, arrosez régulièrement votre bibacier pour assurer sa reprise. On arrose également l’arbre durant le printemps, et l’été suivant la plantation afin de l’aider à s’enraciner correctement. Les années suivantes, des arrosages ponctuels en cas de sécheresse seront amplement suffisants.

Un épais paillage vous évitera les opérations de désherbage, et permettra de maintenir le sol frais tout en lui apportant de la matière organique.

3 – Multiplication

Le néflier du Japon peut se multiplier facilement par bouturage. En production, le greffage sur cognassier est fréquent car la greffe confère une meilleur résistance aux maladies, et à la sécheresse.

Toutefois, le semis de noyaux marche en général très bien, et ne présente pas de difficultés particulières, mais il vous faudra vous armer de patience pour récolter les premiers fruits qui apparaîtront en petite quantité quatre ans après votre semis. Les années suivantes les récoltes se feront plus abondantes et qualitatives.

Les nèfles contiennent plusieurs noyaux
Photo : Wiktionary.com

Semis du néflier du Japon :

– Remplissez un godet de terreau à semis mélangé à un peu de sable.

– Enfoncez avec l’index une graine au centre du pot. Le sens dans lequel on l’enfonce n’a pas d’importance.

– Tassez avec les doigts puis complétez de nouveau avec du terreau si besoin.

– Arrosez lentement pour humidifier le substrat sur toute la hauteur du godet.

– La germination exige de la chaleur. L’idéal est donc de déposer les godets dans une mini serre ou de les conserver sous une grande cloche, mais à l’ombre d’un mur, sans soleil direct.

– Lorsque le jeune plant comporte 4 à 5 feuilles, rempotez-le dans un pot plus grand pour qu’il poursuive son développement. Vous pourrez planter définitivement le néflier en terre à la fin de l’été suivant.

Jeune pousse de néflier issu d’un semis
Photo : Autonomie Jardin

Concernant la taille, le néflier du Japon n’est pas contraignant puisqu’il développe naturellement un port élégant et très exotique. Une taille d’entretien peut être effectuée au début de l’été, après la récolte des fruits. On se contentera de supprimer les branches sèches, ainsi que celles qui partent dans des directions gênantes.

4 – Récolte et conservation des fruits

Les petits fruits originaux arrivent à leur pleine maturité au cours du printemps, en mai-juin, parfois avant si l’hiver est vraiment très doux. Leur chair est alors souple au toucher. Elle perd toute astringence et se charge en sucres tout en restant juteuse !

Un néflier du Japon adulte produit chaque année plusieurs dizaines de kilos de fruits ( 20 à 40 kg). Si les fruits ne sont pas cueillis, ils feront le bonheur des oiseaux du jardin.

Photo : Lecourrier.vn

La peau de la bibace est épaisse. Une fois pelée, dégustez-la crue ou dans une salade de fruits exotiques avec du jus de citron vert. Elle est aussi délicieuse en confiture, jus, gâteau, sirop, et sorbet.

La nèfle n’a pas une grande capacité de conservation, et doit être consommée rapidement après la récolte. Si l’année a été bonne, et que vous ne savez que faire de toutes vos bibaces, il sera opportun de réaliser des compotes et confitures que vous pourrez conserver plus longtemps.

Je vous souhaite un excellent week-end, et surtout du beau temps.

Ben. MASON


LE DICTON DU JARDINIER :

« Février entre tous les mois,

le plus court, et le moins courtois. »

❄⚡☁⛈❄

Publié par Ben. Mason

Jardinier autonome, spécialisé en éco-jardinage, et en permaculture.

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6 commentaires

  1. N’ayant jamais mangé de nèfles et n’en ayant d’ailleurs jamais vu non plus, je crois que je vais guetter ce fruit sur le marché des le mois de mai pour gouter à la douceur que vous annoncez
    Merci et à bientôt..

    Aimé par 1 personne

  2. J’ai du retard dans la lecture des articles…
    J’ai en face de la fenêtre de mon séjour un Neflier… de Bretagne 😉
    J’en ai planté un en pot qui donne de belles feuilles. Il trône à côté de citronniers et avocatier en devenir.
    Pour revenir à ton article que je garde sous le coude pour plus tard, j’ai deux questions à te poser. Quelles sont les différentes variétés de Neflier et quelles sont les vertus des fruits pour la santé?
    Merci pour ce post Ben et à bientôt

    Aimé par 2 personnes

    1. Salut Alan, merci pour ta lecture et ton message.
      Tes questions m’ont donné l’occasion de me cultiver encore davantage au sujet des néfliers. J’en reconnaissais jusqu’à présent deux types, le néflier du Japon, et celui d’Allemagne. J’ai découvert ce matin que ces deux espèces possèdent chacune des souches différentes, ainsi que des centaines de cultivars. Je suis tombé des nues en découvrant le nombre de variétés obtenues. Je te mets ici un lien vers l’article de wikipedia sur le néflier du Japon, il y a tout un passage sur les différentes variétés et cultivars- https://fr.wikipedia.org/wiki/Eriobotrya_japonica
      D’ après le même article, les plus grandes feuilles sont utilisées pour confectionner le thé de feuilles de bibacier couramment bu en Chine et au Japon. En médecine traditionnelle chinoise elles sont utilisées en cataplasme (mais ils ne précisent pas dans quels cas). Les fleurs séchées sont également utilisée en tisane.
      Les feuilles, les fleurs, les noyaux, sont utilisés comme complément alimentaire notamment pour leur contenu en tri terpénoïdes (acides ursolitique, tormentique, euscaphique, etc.) avec un long cortège d’indications rarement démontrées chez l’homme.
      Le néflier d’Allemagne présente également de nombreux intérêts médicinaux, il possède des effets astringents, diurétiques, et tonifiants. Il est utilisé en phytothérapie pour traiter aphtes, diarrhées, maux d’estomac, et problèmes cutanés. L’écorce, les feuilles, et les fruits sont les parties qui sont utilisées.
      J’ai également trouvé un site qui décrit bien cet arbre et qui en présente de nombreuses variétés: https://www.pomum.fr/?p=6
      J’espère que ces précisions t’aideront et te seront utiles.
      Je te souhaite un beau dimanche

      Ben

      Aimé par 1 personne

      1. Merci Ben pour ces précisions. Ça me donne envie de faire un article sur la pharmacopée en médecine chinoise (et aquatique). Quand je lis ton commentaire, je suis encore une fois fasciné par les possibilités médicinales des plantes. Je comprends (et je ne comprends pas…) pourquoi big pharma veut interdire cette approche. Il ne s’agit pas bien sur de s’auto-medicamenter mais d’autoriser et de former de plus en plus de soignants à ces pratiques. Encore plus intéressant, aller vers une médecine holistique ou l’on prend l’individu dans sa globalité (alimentation, histoire familiale, hygiène de vie, comportements…) avant de proposer un traitement.
        Nos « medecins » sont de moins en moins des gens de terrain avec une véritable connaissance de leurs patients. Ils vont très vite (le plus souvent) avec un medicament donné au bout de 5 à 10 mn parfois.
        Ce n’est pas le cas des homeopathes ou naturopathes qui cherchent le terrain de la maladie. Encore que dans ce domaine, il y a des bons et des moins bons.
        Bon je m’éloigne de ton post…
        Merci à toi et bonne journée
        Alan

        Aimé par 1 personne

  3. Sur leboncoin par contre, y a que des néfliers du Japon, dur de mettre la main sur un néflier allemand. 🙂
    J ai goutte pour la première fois le fruit du japonais la dernière fois, c est .. divin! Moralité, il faut planter les deux :))

    Aimé par 1 personne

    1. Salut, merci pour ton mot,👍
      Le néflier d’Allemagne est fréquemment proposé en pépinière, ou dans les jardineries. Sous forme de semences, c’est sans doute plus compliqué à trouver.
      Associer les deux types d’arbres est effectivement une idée intéressante, puisqu’ils n’attirent pas les mêmes insectes et pollinisateurs, c’est valorisant pour la biodiversité au jardin.
      Bien à toi

      Benjamin

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