L’ORVET

Capital sympathie zéro, mais pourtant !

L’orvet (Angis fragilis)
Photo:Dsne.org

L’orvet (Angis fragilis) est un petit animal de la famille des reptiles. Si ses apparences de serpent le dé-servent, il est pourtant un régulateur efficace concernant limaces, vers, et escargots. Totalement inoffensif pour l’homme, il est présent dans de nombreux jardins où il mène une vie discrète. Voici un article pour vous faire changer d’avis sur cette créature trop souvent victime d’un délit de faciès.

1 – Description de l’orvet

L’orvet parfois appelé à tort « serpent de verre », est un animal discret de la famille des anguidae. Il s’agit en fait d’un lézard qui est apode. C’est à dire qu’ il n’a ni pattes, ni nageoires. Cet animal est souvent confondu avec le serpent à cause des écailles qui recouvrent la surface de son corps longiligne, qui peut atteindre 50 cm et peser jusqu’à 45 grammes. Cependant, la comparaison s’arrête là, l’orvet est inoffensif, à la différence des serpents, il n’a pas de venin. En outre, il a hérité du système de leurre du lézard, en cas d’attaque d’un prédateur, il peut perdre une partie de sa queue, celle-ci développe ensuite un mognon, mais ne repoussera pas. Il existe plusieurs espèces d’orvets, et leur teinte varie en fonction de l’espèce rencontrée, mais aussi du sexe et de l’âge de l’individu. Cette teinte varie du gris clair, au brun cuivré, parfois noire aux reflets bleutés. Une femelle adulte peut atteindre un demi mètre, le mâle est moins long que cette dernière. Par ailleurs la femelle présente une ligne noire le long de son corps.

Ce reptile fouisseur a une longévité d’une vingtaine d’année si les prédateurs et les jardiniers peureux lui prêtent vie. Principalement terrestre, il est néanmoins capable de nager sur de courtes distances si la situation l’exige.

Photo: Natagora.be

Assez commun en France il n’est globalement pas menacé, mais cependant considéré en déclin dans plusieurs régions comme en Midi-Pyrénées (où il a le statut d’espèce ‘Quasi menacée’), en Poitou-Charentes (où il est une espèce ‘En danger’) ou en Aquitaine (où il est une espèce classée ‘Vulnérable’). Les plus gros dangers pour ces animaux sont l’agriculture intensive qui détruit leurs habitats, et aussi un lourd tribu payé aux chats. Il faut savoir que l’orvet est protégé par la loi française.

2 – Mœurs et reproduction

L’orvet est un animal qualifié d’ovovivipare, c’est à dire que les œufs se développent in-vitro, et les petits naissent déjà formés, et aptes à la chasse. Si l’orvet est connu pour son pacifisme légendaire, les mâles peuvent êtres agressifs entre eux lors de la période de reproduction.

Ils affectionnent particulièrement les endroits où ils peuvent se planquer au frais, sous les paillages, au pied d’une haie, sous des pierres plates etc. On trouve l’orvet en Afrique du Nord et dans toute l’Europe jusqu’à l’Ouest de l’Asie continentale. Il fréquente les prairies, campagnes, jardins, milieux humides, ou encore bois et forêts tant que ces habitats possèdent des cachettes où il peut se réfugier : bois mort, roches et cailloux, bûches…

L’orvet peut surprendre lorsqu’on le croise sans s’y attendre mais ses dimensions modestes et son allure caractéristique doivent rapidement vous rassurer, en effet son seul maître mot est -Sauve qui peut !

L’orvet peut être manipulé sans aucun danger
Photo : Wikipedia.org

Malheur en revanche aux gastéropodes imprudents qui croiseraient sa route, ces derniers font partie de ses mets favoris.

Durant l’hiver les orvets connaissent une période d’hibernation dont ils sortiront vers le mois d’avril à la faveur de températures plus clémentes qui lui permettent de réchauffer son corps à sang froid, et ainsi se mouvoir.

La reproduction a lieu lors de cette période printanière, et les petits verront le jour durant l’été.

3 – Régime alimentaire et rôle écologique au jardin

Avec son régime complètement carné, il est d’une utilité indispensable dans la régulation de certains ravageurs qui fréquentent le jardin. Ainsi, divers invertébrés tels qu’araignées, insectes, larves, vers, escargots et limaces composent les repas de ces reptiles.

C’est à ce titre que ces animaux méritent toute notre considération, et nous aurions bien tort de leur donner la chasse. Au contraire, je vous invite à tous faire pour favoriser leur présence au potager comme au jardin d’ornement.

Pour attirer un orvet, il faut lui donner ce dont il a besoin pour vivre ! Un endroit humide dans lequel s’enfouir et de quoi se nourrir. Pour cela, un compost est idéal car il regorge de vers et d’insectes qui serviront de repas à l’orvet. De plus, le compost étant chaud, c’est un abri de choix pour l’hiver. Une autre astuce consiste à mettre une bonne couche de paillage au potager. Ainsi, il s’hébergera au plus près des limaces qui tenteraient de dévorer vos jeunes légumes.

Les jeunes orvets sont très fins, et petits
Photo : Pinterest.com

Bien que je comprenne la peur que peuvent inspirer ces animaux, il me semble important d’apprendre à les accepter, et à les protéger.

4 – Orvet, vipère ou couleuvre… Comment les différencier ?

L’orvet est caractérisé par un museau conique et un corps brillant et longiligne. Ses écailles sont lisses, brunes, grises, parfois d’une couleur brique. Les femelles sont dotées de rayures sombres parallèles sur le ventre. Pour différencier l’orvet d’un serpent, observez sa tête et ses yeux. S’il cligne des yeux, c’est qu’il s’agit d’un orvet, sinon c’est un serpent car ce dernier a une paupière immobile, fine et transparente.

La sympathique couleuvre possède l’œil à la pupille ronde
Photo : Green-Valais.ch
L’œil de la vipère évoque celui du chat
Photo : Naturazoom.fr

Pour différencier vipères et couleuvres il faut observer les écailles sur la tête, si celle-ci est de forme triangulaire, plate, et présente de petites écailles, il s’agit d’une vipère. Si la tête est plus ovale et porte de grosses écailles, vous avez affaire à une couleuvre.

Enfin, la vipère présente la particularité d’avoir une pupille oblongue semblable à celle du chat, alors que la couleuvre possède un œil rond et noir.

Je vous souhaite un agréable week-end de Pentecôte, et de bons moments à lézarder au jardin, ou en terrasse.

Ben. MASON

LE DICTON DU JARDINIER :

« Quand fane l’aubépine, l’été chemine. »

⏳⛱🌞⛱⏳

Publié par Ben. Mason

Jardinier autonome, spécialisé en éco-jardinage, et en permaculture.

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7 commentaires

  1. Merci Ben pour cet article très instructif. J’ai déjà appris à apprécier l’orvet, très commun dans mon jardin, car je le trouve très beau, il brille d’un éclat métallique un peu comme un bijou. Maintenant que tu m’apprends qu’il mange les limaces, je le regarderai avec encore plus de sympathie… Amitiés, danielle

    Aimé par 1 personne

  2. Bonjour.
    L’orvet est utile dans la nature comme dans le jardin, tout comme le hérisson.
    Pour ce qui est des serpents, la couleuvre, tout comme la vipère, sont également utiles, même si l’on aime moins ou craint d’avantage la vipère..normal.
    Vous nous avez bien représenté l’orvet, sous toutes ses formes, en approche, et pour une meilleure compréhension et acceptation.
    Bon après-midi à vous, tout comme fin de journée, un très bon weekend, respectueusement..Denis.

    Aimé par 1 personne

    1. Merci Denis pour ton mot et tes observations.
      En effet, les serpents aussi sont indiscutablement utiles, et vous me faites penser à juste titre que j’ai oublié de préciser qu’il ne faut tuer ni lézards, ni serpents, qu’il s’agisse de vipère, couleuvre, tous sont protégés par la loi.
      Il faut absolument les respecter.
      Bien amicalement

      Ben

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  3. J’ai appris beaucoup de choses sur cet animal. Quand nous étions enfants mon cousin collectionnait les « serpents » et foutait la trouille à tout le monde. Il avait une grande connaissance de ces bestioles. Je viens de découvrir que l’Orvet est un lézard. Surprenant!
    En tout cas inoffensif et utile.
    Tes informations sur les yeux sont très importantes car cela permettra à tes lecteurs et lectrices de reconnaitre la fameuse vipère.
    Merci Ben pour ce post très enrichissant .
    A bientôt
    Alan

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    1. Coucou Alan
      Merci pour ton attention, et ton suivi, je suis heureux de contribuer un peu à une meilleure connaissance et reconnaissance de ces braves bêtes victimes de leur apparence.
      Les serpents pour leur part, évidemment foutent la trouille à pas mal de gens, je pense qu’il y a une réaction instinctive de méfiance, voire de peur. J’avoue avoir moi même un mouvement de recul lorsque je croise un serpent. Pourtant eux aussi ont un rôle important dans la régulation de la faune et ne mérite pas d’être autant déconsidérés, bien que je comprenne que l’on ne souhaite pas avoir un jardin infesté de vipères.
      Je te souhaite un beau week-end prolongé

      Ben

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  4. Bonjour Ben,
    Merci très instructif! Mais il nous faut encore convaincre nos compagnes qui ont une sainte horreur de ces animaux rempants.
    Bonne continuation
    Fuego1982

    Aimé par 1 personne

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