AMBIANCE ZEN AVEC LES JARDINS JAPONAIS

Photo : Geograph.org.co.uk

Cette semaine j’ai le plaisir de vous faire découvrir, ou redécouvrir le style apaisant des jardins typiques du pays du soleil levant. Bonzaïs, érables, espaces ensablés décorés de motifs surprenants, pelouses parsemés de pas japonais, et points d’eau surplombés de jolis ponts, le jardin typiquement japonais est une belle alliance harmonieuse entre bon goût, sérénité et discipline. Véritable art à part entière, je vous invite ici à comprendre les bases et principes d’un jardin zen réussi.

1 – Histoire et origines des jardins japonais

L’Art des jardins japonais s’est écrit tout au long des siècles, s’enrichissant à chaque nouvelle époque de l’Histoire du pays, des préceptes issus des grandes religions et philosophies orientales. De l’Histoire du Japon naîtront cinq différents styles de jardins, reflétant ainsi l’identité du pays du Soleil Levant.

Époque des KOFUNS 310-552

C’est vers l’an 300 que naissent les prémices des jardins japonais engendrées par l’arrivée d’une nouvelle vague d’immigrants venus de Corée. Ces derniers sauront imposer leur culture aux nippons, et poseront ainsi la base de la culture japonaise et permettront la naissance d’un art nouveau, celui des jardins japonais.

La construction des jardins dans de petits espaces clos découlerait vraisemblablement d’une pratique coréenne relative au culte des morts. Les sépultures des souverains étaient construites dans des espaces clos composés de gigantesques tumuli (les kofuns) ornés par d’imposantes poteries. L’art des jardins aurait donc emprunté à cette pratique le concept d’enceinte, caractéristique des jardins japonais.

Ce n’est cependant qu’avec l’émergence d’un culte à l’égard de la nature, le shintoïsme, que seront réellement posés les fondements de l’art des jardins japonais. Par cette religion propre au Japon, les japonais vénéreront la nature et toutes ses forces. Ainsi les montagnes, les rivières, le tonnerre ou tout autre phénomène seront considérés comme des manifestations divines. Certaines pierres ou arbres, en raison de leur forme particulière, deviendront des objets sacrés, demeures des esprits divins.

Le shintoïsme est aussi et surtout un mode de vie élaborant un code de bonne conduite entre l’Homme et la Nature.

Époque ASUKA, 593-710

Photo : Wikimedia.org

En 594 le prince Shôtoku Taishi impose le bouddhisme comme religion d’État. Les croyances chinoises se mêleront alors aux croyances japonaises, les cultes Shintô et Bouddhiste cohabiteront pacifiquement mélangeant parfois les divinités, et même certains rites. Les nombreux points communs entre les deux religions faciliteront largement son assimilation par la population japonaise.

La réalisation des jardins japonais, comme celle des jardins chinois, répond à un besoin de rapprochement de l’homme avec l’au-delà. Les jardins se doivent d’être une représentation du paradis où l’homme n’occupera qu’une part infiniment modeste, où son action sur la nature ne sera que supposée. Et si dans la tradition Bouddhiste, le paradis est représenté par des lacs, des îles et des montagnes entourant de vastes résidences qui symbolisent la demeure du bouddha, il est, dans la tradition Taoïste, représenté par un groupe d’îles-montagnes flottant sur l’océan où vivent des Immortels.

C’est donc à cette époque que l’on assistera à la naissance des « jardins îles ».

Époque NARA, 710-794

La synthèse entre les jardins japonais et les jardins chinois s’opérera peu à peu lors de la période Nara, ne se limitant pas aux éléments essentiels – l’eau, les îles et les montagnes – mais en intégrant des éléments votifs venant de Chine – fontaines de pierre, ponts – et en modifiant les dimensions des jardins. Ils ne cesseront alors de croître tout au long de cette ère.

L’influence de la Chine à cette époque est grandissante. Toute l’architecture de la capitale japonaise sera construite selon les critères chinois : des palais et de grands sanctuaires bouddhistes y seront édifiés selon le style et les méthodes du continent. En effet, les japonais se verront enseigner les Arts tels que le tissage de la soie, l’orfèvrerie, l’art de la laque ou de la charpenterie par des techniciens et savants chinois.

Époque HEIAN, 794-1185

À la fin du 9ème siècle (en 894), les relations avec la Chine sont interrompues.

À cette époque, les jardins seront des reproductions quasi identiques des paysages naturels sur le plan physique comme spirituel. Car l’objectif n’est pas seulement d’imiter point par point les paysages mais avant tout de tenter de refléter leur esprit dans le respect des croyances bouddhistes. Les jardins seront aménagés au rythme des saisons : la mise en évidence du sentiment de l’éphémère que procure la nature constituera l’axe central de la création des jardins.

C’est à cette époque que le Sakutei-ki (« De la création des jardins ») fut rédigé. Il s’agit d’un mode d’emploi reprenant une à une les règles de création des jardins, restées jusqu’alors au stade oral.

L’ouvrage est composé de onze rubriques relatives à la mise en place des pierres et aux différents styles qu’elles représentent, aux styles de rivages et de formes d’îles, aux cours d’eau, aux cascades, aux enseignements ancestraux. Il réglemente en outre les devoirs et les interdits des initiés.

Si aujourd’hui, les croyances énoncées dans cet écrit n’ont plus cours, l’art du jardin japonais repose encore et toujours sur ces bases.

Époque KAMAKURA, 1185-1333

Le jardin sec
Photo : Muza-chan.net

Le bouddhisme continue son ascension au sein du pays et l’on assiste dès le début du 12ème siècle à la naissance du bouddhisme zen.

La culture Zen gagna très rapidement l’ensemble du Japon en annihilant les croyances religieuses au profit de la laïcisation des rapports entre l’Homme et le Divin. Cette culture Zen portée par les castes guerrières omniprésentes au Japon ces derniers siècles, repose en effet sur la recherche personnelle du salut, sans aucune référence aux textes et icônes, afin de s’adresser exclusivement à la maîtrise de soi. Les jardins zen (ou secs), fidèles traductions de cette quête, auront un style parfaitement épuré où les îles et les pièces d’eau, éléments jusqu’alors essentiels des jardins japonais, se verront remplacées par leur stylisation. Ces jardins sont alors composés exclusivement de sable blanc et de pierres, dont la profondeur du vide est propice à la méditation.

Photo : Wikimedia.org

Époque MUROMACHI, 1333-1568

Les jardins devenus secs n’auront plus alors qu’un rôle purement esthétique et seront bâtis comme une extension de la maison où il fait bon vivre. Les dimensions des jardins redeviennent, dès lors, plus raisonnables et modestes, voire assez petites.

Époque MOMAYAMA, 1573-1603

Pavillon de thé
Photo : Kanpai.fr

La cérémonie du thé est alors une pratique en pleine expansion. Elle se déroule dans un petit pavillon spécialement conçu à cet effet, séparé de la maison que l’on atteint en traversant un jardin composé d’éléments typiques des jardins ultérieurs : sentiers de pierre, lanternes, bassins.

Époque EDO, 1600-1868

Le Japon vivra coupé du monde, recentré sur lui-même, les étrangers seront alors renvoyés.

Cette période correspond à l’apparition des jardins promenades où les pierres et arbres de grande taille servent alors le plus souvent à reproduire des paysages connus et célèbres ; il s’agit tout simplement de reproduction sur des schémas répétés à l’infini. Dans ces jardins, on retrouvera simultanément les jardins secs et les jardins de thé, les jardins îles et jardins empruntés.

Les préoccupations esthétiques prédominent dorénavant sur les considérations religieuses, bien que le bouddhisme zen soit durant toute cette période encore à l’honneur.

Époque contemporaine, de 1868 à aujourd’hui

Photo : Myth.li.fr

En 1868, le Japon s’ouvre de nouveau sur le monde, et l’on assiste à l’apparition dans les jardins de massifs de fleurs et de pelouse, ainsi qu’à la naissance des jardins lettrés. Ces derniers reposeront sur des règles rigoureusement autochtones et sur des critères de simplicité et de raffinement.

2 – Principes de base des jardins zen

Pour composer un jardin japonais il convient de respecter trois grands principes.

-La nature est reproduite à plus petite échelle. Elle est ainsi idéalisée et représentée en limitant les artifices.

-Un jardin japonais réunit des représentations symboliques. On peut par exemple voir un rocher isolé qui va représenter le mont shumisen issu du bouddhisme, un groupe de rochers matérialisant Bouddha et ses disciples, etc..

-Enfin, la capture de plusieurs paysages en un seul lieu grâce à la miniaturisation de ceux-ci. On peut ainsi retrouver une montagne, une rivière, un lac dans un espace restreint.

3 – Conception et aménagement des espaces

Pour créer un jardin japonais, vous n’avez pas nécessairement besoin d’un grand espace. Ce sont les lignes épurées qui vont permettre au regard de circuler aisément.

La première clé du succès est de ne pas négliger les éléments qui vous serviront de décors. Vous pouvez ainsi agencer des rochers qui seront installés sur des graviers comme des îles. Il est alors possible, avec un râteau, de créer des ondulations dans les graviers pour un effet plus réaliste.

La seconde clé d’un jardin japonais réussi est d’apporter un soin tout particulier à la composition. Vous devez ainsi proscrire les lignes droites au profit des courbes et ce, même pour les chemins. De même, organisez les espaces sur des rythmes impairs qui sont considérés comme positifs et seraient donc de bon augure. Enfin, privilégiez également l’asymétrie, tout comme dans la nature.

La troisième aspect important sera d’opter pour une végétation adaptée (voir point 4).

Pour réussir votre jardin japonais, il est nécessaire de donner une place importante aux éléments naturels comme les graviers, les rochers, etc., auxquels vous pouvez ajouter des objets décoratifs. Il pourra être élaboré comme un tableau.

Les lanternes

Photos : Wikimedia.org

La lanterne fait partie des incontournables de la décoration japonaise. Elles étaient à l’origine destinées à éclairer l’entrée des temples bouddhistes. Vous pouvez choisir de les placer dans des coins stratégiques de votre extérieur. Néanmoins, il est préférable de ne pas toutes les installer au même endroit.

Les pierres à eau

Les pierres à eau sont des pierres qui sont creusées. Elles forment ainsi une sorte de petit bassin où se laver les mains, boire ou faire le bonheur des oiseaux lors des chaudes journées estivales.

Les pas japonais

Les pas japonais sont plats et plutôt fins. Ils ont une fonction pratique : guider les promeneurs. Ils peuvent être utilisés pour créer une allée où il sera agréable de se promener. Ils ont aussi une fonction esthétique.

Les pas japonais
Photo : Flickr.org

Le bassin

Le point d’eau fait partie des incontournables de votre extérieur japonais. Si vous ne pouvez pas avoir un bassin ou une mare, vous pouvez également opter pour une fontaine. Si vous optez pour un bassin, il peut accueillir des plantes aquatiques comme des nénuphars, par exemple. Les carpes koi ajouteront un coté paisible et exotique à votre point d’eau.

Photo : Flickr.com

Les statues

Actuellement, le marché propose de nombreuses statues ou statuettes qui seront un clin d’œil à la culture asiatique.

Photo : Flickr.com

La chaîne de pluie

Elles sont destinées à remplacer les gouttières présentes sur nos maisons. Elles sont tout aussi efficaces, mais plus agréables. Elles sont composées de 11 à 25 coupes en cuivre selon les modèles. Elles sont réalisées de façon artisanale à la main.

Chaîne de pluie en cuivre
Photo : Wikipedia.org

Les poteries

Vous pouvez aussi opter pour des poteries en raku, par exemple. Ce procédé de cuisson fait subir un choc thermique important aux pièces, laissant ainsi, sur chaque modèle, des marques qui sont uniques. C’est ainsi qu’elles racontent l’histoire de la terre, du feu et de l’eau.

Photo : Wikipedia.org

Enfin, pour bien composer votre jardin japonais, vous devez l’organiser au millimètre près. Rien ne doit être laissé au hasard. C’est pourquoi, il est préférable de commencer par créer un plan. Pour la sérénité et l’équilibre de cet espace, vous devez miser sur l’asymétrie. Dissimulez les abords de votre jardin avec des plantes au feuillage résistant. Placez vos allées en forme de courbes. Optez pour des massifs avec 3, 5 ou 7 plants. Pour un espace qui aspire à la détente, misez également sur l’harmonie des formes, mais aussi des couleurs.

4 – Végétaux typiquement utilisées

Pour un jardin japonais, tout est dans le détail. Vous devez donc opter pour une végétation adaptée, c’est d’ailleurs là la troisième clé du succès. Créez des contrastes et jouez sur les couleurs grâce aux plantes de votre jardin. Si vous pouvez miser sur le vert en jouant avec les différentes teintes, il est également possible d’apporter des touches de couleurs grâce aux différentes floraisons. Vous pouvez également ajouter du contraste avec des plantes dont les feuilles sont rouges ou oranges. Vous pouvez également miser sur les formes graphiques de certaines plantes. Les possibilités sont nombreuses pour un résultat du plus bel effet.

Les plantes

Vous pouvez vous tourner vers des plantes dont la floraison abondante sublimera votre jardin japonais comme :

le camélia ;

l’azalée ;

Azalée du Japon
Photo : Wikipedia.org

le magnolia ;

le rhododendron ;

le pavot d’orient ;

Pavot d’orient
Photo : Wikipedia.org

la spirée japonaise ;

la nandina ;

Nandina ou bambou sacré
Photo : Wikipedia.org

l’andromède.

Vous pouvez également opter pour des plantes couvre-sol telles que :

l’helxine ;

la sagine ;

Sagine
Photo : Pinterest.com

la mousse ;

l’ophiopogon ;

Ophiopogon
Photo : Pinterest.com

la carex.

Les arbres et les arbustes

L’érable japonais vous offrira en plus une belle palette de couleurs allant du vert au rouge brillant.

L’érable du Japon
Photo : Promessedefleurs.com

Le pin sera apprécié pour son feuillage persistant. Il est, lui aussi, un symbole très fort au Japon où l’on trouve principalement le pin noir, le pin rouge et le pin sylvestre.

Le pin
Photo : Plantes-et-nature.fr

L’ilex crenata est un arbuste de la famille des houx qui supporte bien d’être taillé.

L’Ilex crenata
Photo : Grandiflora.fr

Le chêne tout comme le hêtre et le noisetier évoquent la nature sauvage et sera parfaitement adapté à un jardin japonais.

Le cerisier du japon ou l’amandier pour profiter de leurs belles floraisons.

Le cerisier du Japon
Photo : Blogspot.com

Le saule évocateur de sérénité est également très représenté dans les jardins japonais.

L’incontournable bambou, en veillant à ne pas le choisir traçant pour ne pas vous retrouver envahi. Pour éviter des désagréments invasifs, optez pour la variété fargesia, plus lent en croissance mais qui ne sera pas de nature traçante et invasive.

Les bambous
Photo : Pinterest.com

5 – Quelques jardins japonais remarquables

Les trois plus célèbres jardins du Japon :

Le Kenroku-en, à Kanazawa

Le Kenroku-en, à Kanazawa
Photo : Thousandwonders.net

Le Kōraku-en, à Okayama

Le Kōraku-en, à Okayama
Photo : Pinterest.com

Le Kairaku-en, à Mito

Le Kairaku-en, à Mito
Photo : Kanpai.fr

Les plus remarquables de France :

Le Parc Oriental de Maulévrier (Maine-et-Loire)

Le Parc Oriental de Maulévrier
Photo : Loirevalley-france.co.uk

C’est le plus grand jardin japonais en Europe : le parc oriental de Maulévrier est un incontournable pour les passionnés du Japon et de l’art des jardins. Créé entre 1899 et 1913 par Alexandre Marcel, il s’étend sur 29 hectares où se succèdent pièces d’eau et îles inspirées des jardins japonais de l’époque Edo.

Le jardin japonais du Havre (Seine-Maritime)

Le jardin japonais du Havre
Photo : Parcsetjardins.fr

Ce jardin clos fut créé en 1993 par Yasuko Miyamae et Samuel Craquelin afin de sceller le jumelage entre les ports d’Osaka et du Havre. Cette œuvre d’art paysagère abrite au cœur de ses 2 250 m2 près de 80 espèces végétales.

Les jardins de Ly (Senarpont, Somme)

Les jardins de Ly
Photo : Somme-tourisme.fr

Créés par deux amoureux de la nature et des jardins, les jardins de Ly renferment notamment un jardin japonais et une collection de 150 bonsaïs et de pré-bonsaïs feuillus et conifères, ainsi qu’un potager de légumes anciens et un jardin de topiaires.

Le jardin zen d’Erik Borja (Beaumont-Monteux, Drôme)

Le jardin zen d’Erik Borja
Photo : Visitesendrome.fr

Erik Borja, le spécialiste des jardins zen a débuté en 1973 la création de ce lieu unique où se succèdent un jardin de thé, un jardin de méditation ainsi qu’une splendide bambouseraie.

J’espère que ce dossier concernant l’art des jardins japonais vous aura plu et fait voyager. N’hésitez pas à me faire savoir si vous désirez un article sur un sujet spécifique lors d’une prochaine publication sur le blog, ce sera avec plaisir que je rédigerais celui-ci en fonction et en la limite de mes connaissances.

Je vous souhaite un week-end agréable et serein.

Ben. MASON

Le dicton du jardinier :

« Bel automne vient plus souvent que beau printemps. »

🌞🍁🍂🍁🌞

Publié par Ben. Mason

Jardinier autonome, spécialisé en éco-jardinage, et en permaculture.

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4 commentaires

    1. 🙏Merci pour cet aimable commentaire chère Andrée. Je m’excuse de ma réponse un peu tardive, je suis un peu débordé en ce moment entre le jardin, la maison, et les articles. Je partage ta passion et ton intérêt pour les jardins japonais qui sont une source de bien-être et d’inspiration. Content que ce sujet t’ait plu.
      à bientôt

      Ben

      Aimé par 1 personne

  1. Très beau cours sur l’Histoire de l’Art Japonais des jardins. Beaucoup d’élégance, d’harmonie et de connaissances dans cet article très en phase avec la sérénité des lieux. Bravo et merci pour cela.
    Bon week end

    Aimé par 1 personne

    1. Merci pour votre appréciation Elienad. Je dois reconnaître que j’ai moi aussi beaucoup appris sur l’histoire du Japon lors de la rédaction de cet article. C’est un pays qui a une longue histoire que nous autres occidentaux connaissons très peu, j’ai eu bien du plaisir à me documenter, et à écrire ce post.
      à bientôt

      Ben

      J'aime

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